‹ TaineChapitre 24 sur 102 · Voir Tarticle « Gifford » dans la National Biography · texte numérisé non relu

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chéries littéraires auxquelles le public d'alors était si indulgent, ou plutôt si sympathique.

Taine ne s'est pas demandé non plus si ces lettres étaient vraiment mal écrites, comme le dit John Gifford. N'est-il pas plus vrai de dire qu'elles sont écrites en style non noble, non littéraire, avec une simplicité familière? Il est possible que l'éditeur se soit inspiré d'une ou de plusieurs correspondances réelles. Mais nous n'en savons rien.

Ce que nous savons, c'est que c'est là un témoignage , très hostile à la Révolution : la dame qui est censée les avoir écrites est aussi censée avoir été emprisonnée à Arras et à Amiens, en l'an II, comme Anglaise. Ennemie ou victime de la Révolution, c'est pour Taine un témoin croyable à ce titre, et il veut qu'un témoignage hostile soit authentique.

C'est la première fois que Taine touche à un document d'histoire révolutionnaire. Comment le traduitil? « Les points qui suivent plusieurs alinéas, dit-il, indiquent les passages omis; j'ai supprimé des longueurs et, en outre, les récits dans lesquels l'auteur, n'ayant pas (d'observation personnelle, parlait d'après le Moniteur. » En réalité, il a supprimé plus des deux tiers. L'original anglais a 955 pages în-S*' assez pleines ; la traduction française n'a que 301 pages in-12.

Taine cache l'étendue de cette mutilation. Cç n'est que par exception qu'il tient sa promesse d'avertir des suppressions par des points suspensifs. Il supprime sans prévenir, un peu au hasard. Il est probable que l'éditeur lui a dit que ce serait, tel quel, trop long. Voilà des lettres entières qui disparaissent d'un coup de ciseaux. Ou plutôt le traducteur combine un abrégé de deux lettres sous une date unique. Par exemple^ la

lettre 5, du 24 juillet 179^, et le lettre 6, du 4 août 1792, pages 22 à 30 du tome l^^ de Tédition anglaise, ne forment qu'une seule petite? lettre, sous la date du 24 juillet 1792, pages 13 à 14 de l'édition française *.

Il fallait dire un mot de cette traduction médiocre, presque bâclée. C'est le premier apprentissage de Taine dans l'histoire de la Révolution. Il s'y montre peu capable de critiquer un texte, peu capable d'en donner une idée fidèle, peu capable d'exactitude méthodique.

1. Taine ne prévient jamais le lecteur quand les propos rapportés par la prétendue Anglaise sont en français dans Toriginal.

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