En réalité il y en a 103 (Arch. nat., Dxix, 1 à i
4. Il n*y a qu'une catégorie de documents dont la vérification est impossible : ce sont les cahiers des États généraux, dont Taine, quand il les cite, n'indique pas la cote (ou l'indique mal). Nous n'en parlerons donc pas.
Comité ecclésiastique de la Constituante, sur les 103 cartons de cette série, dont un grand nombre se rapportent à l'ancien régime, Taine n'en a consulté que hait (relatifs surtout à Tétat des congrégations), à savoir Dxix, 6, 10, 11, 13, 14, 15, 24, 25.
Dans la série F* (comptabilité générale), qui contient 1836 registres ou cartons, Taine en a consulté deux, à savoir F* 2073* et 2397, et encore n'ai-je rien pu y trouver de ce que Taine annonce y avoir trouvé.
Dans la série F*«, il y a 45 cartons qui se rapportent à la mendicité de 1779 à 1817, et qui sont humérotés 936 à 981 : Taine en a consulté u/i, le carton coté 965.
Dans la série G (contrôle général des finances, ferme générale, agence du clergé, etc.), qui contient 6096 articles (cartons, registres ou liasses) se rapportant en très grande partie au xviii® siècle, Taine en a consulté trois, à savoir G 300, 319, 322. (D'ailleurs les vérifications sont difficiles ; car depuis Taine le numérotage a été changé, et il y a maintenant neuf sous-séries, G* à G«, sans qu'on ait pris la peine de conserver toujours l'indication des anciens numéros et de faire une concordance.)
Dans la série K (monuments historiques) il cite le carton 1453; mais c'est sans doute une erreur; car, d'après VÉtat sommaire, les cartons K 1451 à 1459 renferment les minutes des dépêches du roi d'Espagne à ses ministres en France de 1600 à 1629.
La série H est une des plus importantes dont Taine
1 . Ce carton est indiqué à la page 397 de V Ancien Régime, mais comme faisant partie de la série F**. Or, cette série (ponts et chaussées et mines) n'a pas de n" 2073. C'est sans doute une faute d'impression. Cf. p. 507, où Taine donne bien la cote F* 2073.
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pût se servir. C'est la correspondance des intendants , Thistoire administrative; elle contient 1777 articles (que des subdivisions portent à au moins 1800). Taine en a consulté vingt-sixy à savoir : H ^38, 200, 274, 426, 554, 612, 614, 615, 616, 723, 724, 784, 892, 944, 1149, 1312, 1417, 1418, 1419, 1422, 1431, 1453, 1456, 1463, 1515, 1610.
La série 0* (secrétairerie d'État, de 1 à 749; maison du Roi, de 750 à 3974) se rapporte surtout au xviii® siècle. Sur près de 4 000 articles, Taine en a cité ciVig, à savoir : 0« 710 6w, 736, 738, 778, 2805.
Je ne parle pas des séries que Taine a négligées, comme F«* (commerce et industrie). Je ne parle que de celles qu'il a utilisées. On voit que, sur des milliers ou des centaines de cartons, il n'en a vu que quelques-uns, pris au hasard.
Et ne croyez pas que, du moins, ces quelques cartons, il les ait compulsés avec soin tout entiers. En vérifiant celles de ses références qui sont vérifîables, je me suis aperçu que d'ordinaire il se bornait à parcourir un dossier ou deux du carton qu'on lui apportait, pour n'en extraire qu'une phrase, quand il en trouvait une qui s'accordât avec ses passions ou ses théories.
Cette base documentaire dont Taine était si fier, on voit combien elle était étroite, fantaisiste, fragile.
Quel usage Taine fait-il de ses sources, dans le volume sur V Ancien Régime?
Ce qu'il tire des anciennes maisons ou des estampes, il est bien difficile de le dire. On a vu qu'il ne décrit
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aucune maison en particulier. Pour les estampes, il renvoie vaguement au Cabinet des Estampes, à la Bibliothèque nationale.
Pour les imprimés, il n'est pas toujours facile de vérifier ses références. Il arrive que le titre ou le nom de Fauteur est estropié, comme quand Taine (pp. 96 et 506) attribue à un M. Périn un livre sur la Jeunesse de Robespierre qui est de M. Paris. Il arrive aussi qu'il n'indique pas l'édition dont il s'est servi, quand il y en a plusieurs. S'il s'agit de Mémoires n'ayant eu que deux ou trois éditions (et c'est le cas pour la plupart de ceux qu'il cite), on peut s'en tirer et retrouver le passage sans trop de peine, surtout quand la pagination ne diffère que de quelques unités. Mais quand (p. 211 et ailleurs) il cite le roman pédagogique de M«>e de Genlis, Adèle et Théodore^ publié en 1782, et qui eut une douzaine d'éditions, diverses pour le format et le nombre de volumes, l'embarras est grand. En tout cas, je n'ai pu retrouver ses citations dans les éditions d'Adèle et Théodore que possède la Bibliothèque nationale.
Quand il n'y a qu'une édition ou qu'il n'y a pas de doute sur l'édition dont* Taine s'est servi, il arrive souvent qu'on ne trouve rien à la page indiquée. C'est le cas pour les renvois qu'il fait (par exemple pp. 20, 27, 211, 492) à des écrits de Bouille, de Necker, de Bachaumont, de Mercier, de Paul Boiteau.
Quand il guillemette un passage, on pourrait croire que c'est une citation textuelle, et cependant il arrange le style ou change l'ordre des phrases, comme lorsqu'il cite (p. 60) les Mémoires de Montlosier. Ici, ces changements n'altèrent pas le sens, n'ont rien de tendancieux. Mais (p. 211), faute de souligner un mot.
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il déforme un témoignage de M«>e de Genlis. Celte dame, dans ses Souvenirs de Félicie (1777), parlant des visites à Ferney, avait dit : « Il est d'usage, surtout pour les jeunes femmes, de s'émouvoir, de pâlir, de s'attendrir, et même en général de se trouver mal en apercevant M. de Voltaire : on se précipite dans ses bras, on balbutie, on pleure, on est dans un trouble qui ressemble à l'amour le plus passionnée » En mettant en italique ce mot d'usage, M"»® de Genlis voulait dire, en souriant, que c'était là le, bon ton de quelques personnes prétentieuses. Taine ôte l'italique : il croit ou donne à croire que presque tous les visiteurs de Voltaire faisaient ces gestes ridicules.
Dans l'indication ou la transcription des sources manuscrites, Taine n'est pas moins inexact.
Une des raisons de ces inexactitudes, c'est qu'il maniait très mal ces sources et y mettait lui-même le ' désordre.
11 travaillait dans le salon qui précède le cabinet du directeur des Archives nationales. Avant chaque séance, il écrivait un mot à M. Maury, pour le prier de lui faire passer dans ce salon un certain nombre de cartons. Il les trouvait, en arrivant, sur sa table. C'est une tradition aux Archives qu'alors, au lieu de les utiliser l'un après l'autre, il les ouvrait tous à la fois et ne remettait pas toujours les dossiers ou les pièces dans le carton d'où il les avait tirés, mais dans un autre, qui pouvait appartenir à une série différente. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles il arrive si souvent qu'on ne trouve pas, dans les cartons qu'il indique, les pièces qu'il dit y avoir consultées.