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Ainsi (pp. 121, 464, 466, 468) il renvoie aux cartons 0* 778, H 138 et 1417. Allez-y voir : vous n'y trouverez rien de ce qu'il annonce.

D'autres mécomptes semblables, à propos de la série F, viennent peut-être de ce que quelques-uns des numéros de cette série ont été changés depuis. Ainsi (p. 502) pour des mesures prises en 1764 contre la mendicité, il renvoie à F** 965 : or, c'est une liasse où il n'y a que des pièces relatives aux années 1788 à 1792. Au^ sujet de l'arrestation des mendiants dans le Languedoc en 1768, il renvoie (p. 503) à F* 2397 : ce sont des comptes de travaux pour des aménagements de théâtres, de bibliothèques, etc.

Quand il reproduit entre guillemets des documents d'archives, il ne se pique pas plus de littéralité que pour les transcriptions d'imprimés.

Ainsi dans Dxix, 24, dossier 278, il trouve une lettre d'un curé de Touraine qui, en janvier 1790, se plaint en ces termes du mauvais état de son logement : « Le presbytère, dit-il, ne ressemblerait qu'à un souterrain humide et hideux, s'il n'était ouvert à tous les frimas et à tous les vents. » Taine corrige, en professeur, et fait dire au curé (p. 96) : « Le presbytère ressemblerait à un souterrain hideux, s'il n'était... » Cette amélioration littéraire des documents n'est pas d'un érudit scrupuleux; du moins elle ne change pas le sens du texte.

Voici des altérations plus graves et moii^s innocentes :

Voulant prouver (p. 461) qu'il y a de la misère au Limousin, il dit que là « tout l'argent que les maçons rapportent en hiver sert à payer les impositions de leur famille ». Et il renvoie au carton H 1418. J'ai vu ce

carton : il est relatif, ainsi que le suivant (1419), à la répartition du secours de trois millions accordé aux populations par Tarrêt du Conseil du 14 mars 1784 à cause de la rigueur de l'hiver et des inondations. Taine a emprunté son dire à une lettre de l'intendant (c'est la pièce numérotée 273), où il fait valoir les droits des Limousins à ce secours, en disant : « la seule ressource de cette province est le commerce des bestiaux et le peu d'argent que rapportent tous les ans les maçons qui s'expatrient et se rendent dans tout le royaume pour venir en hiver payer les impositions de leur famille. » On le voit : l'intendant ne dit pas du tout que tout cet argent servît à payer les impositions.

Parlant des premiers projets de suppressions des couvents et de l'émotion que, selon lui, ces projets suscitèrent, il dit que sept cents familles du Cateau- Cambrésis pétitionnèrent « pour garder les dignes abbés et religieux de l'abbaye de Saint-André, leurs pères communs et bienfaiteurs, qui les ont nourris pendant la grêle ». Or, la pétition, qui se trouve dans le carton Dxix, 14, en date du 24 août 1789, commence ainsi : « Près de sept cents familles se jettent aux genoux de Vos Seigneuries.... » Près de sept cents, ou sept cents, on dira qu'il n'y a pas grande différence. Mais si Taine avait eu la patience de lire jusqu'aux signatures, il aurait vu que les signataires, en qui le rédacteur de la pétition montre « les honnêtes gens pauvres du Cateau-Cambrésis », ne sont qu'au nombre de 171, dont 18 illettrés, qui ont signé d'une croix, et cela sur une population d'environ 4 000 habitants. En réalité, les religieux s'étaient flattés d'obtenir les signatures de 700 familles; ils n'obtinrent que des adhésions individuelles, au nombre de 171. Ce fut évidemment un échec

OU un mécompte pour eux. Le document môme où Taine croit voir la preuve de l'intensité dii mouvement en faveur des moines indique que ce mouvement avorta, qu'il ne s'étendit, au Cateau du moins, qu'à la clientèle du couvent.

Parmi les erreurs matérielles qu'il est facile de découvrir dans ce volume de V Ancien Régime, il en est qui ne proviennent que de l'ignorance ou de Tétourderie. Ainsi, parmi les villes qui, quoique petites, étaient sièges d'évèchés avant 1789, il cite (p. 55) Couserans. Or, Couserans (ou Conserans) n'était pas le nom d'une ville, mais d'un pays, et l'évéque de Couserans résidait à Saint-Lizier. C'est à Grégoire que Taine attribue, p. 327, le mot de Camus disant à la tribune de la Constituante, le !•' juin 1790 : « Nous pourrions, si nous le voulions, changer la religion, mais nous ne le voulons pas*. » Voulant discréditer Danton, il dit (p. 418) que c'était un « petit avocat à Méry-sur-Seine ». Or, jamais Danton, que je sache, n'habita dans cette bourgade.

Il serait facile d'allonger la liste de ces lapsus : ce serait sans intérêt, sans portée. Il en est de semblables dans des livres plus méthodiques et ils sont presque inévitables quand, dans une matière aussi complexe, on a tant de faits à signaler.

Ce qui est plus grave, ce sont les fautes de méthode, en particulier Tinsuffisante critique des sources. Voilà Gouverneur Morris, chargé par les États-Unis d'une mission financière et politique. Il arrive en France le

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