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de Pont-sur- Yonne, qui donne cent livres pour être employées contre les ennemis de la patrie 2. » Ou Taine n'a pas vu le procès-verbal, ou il Ta altéré. J'incline à croire qu'il ne l'a pas vu, qu'il en a ignoré l'existence : s'il l'avait connu, il l'aurait utilisé d'autres circonstances, car il y aurait, trouvé plus d'une anecdote favorable à sa thèse 2.
Son choix de journaux est toujours très restreint : comme dans le volume précédent, c'est presque uniquement le Moniteur et le Mercure de France.
Il continue à se servir des mémoires avec crédulité et sans critique : il cite très souvent, et sans réserve ni restriction aucune, M™^ Campan, Vaublanc, Mathieu Dumas, Lacretelle, La Fayette, Bertrand de Moleville.
Les mémoires qu'il allègue le plus fréquemment, et qu'il préfère à tous, ce sont ceux de Hua, député à la Législative, homme de droite, qui servit l'Empire et les Bourbons, et qui écrivit à la fin de la Restauration, quand ses souvenirs étaient altérés, non seulement par le temps, mais par une sorte de fanatisme conservateur^.
S'ils confirment ses idées préconçues, Taine n'hésite pas à citer même les mémoires ultra-fantaisistes de M"" Elliot (par exemple, p. 418).
1. Remarquez le procédé de Taine. Il veut faire croire que M. Huré songeait à tuer Louis XVI, tandis que M. Huré, si réellement il parla de tyrannicide, songeait aux rois de l'Europe coalisés contre nous, à un moment où couraient des bruits de guerre.
2. Où donc Taine a-t-il pris la prétendue phrase du procèsverbal sur M. Huré? Je n*en sais rien. Le Moniteur ne relate pas cet incident.
3. Mémoires d*un avocat au parlement de Paris , député à V Assemblée législative (E.-A. Hua), publiés par son petit-fils. Poitiers et Paris, 1871, in-8 de 213 p. Bibl. nat., La 32/473.
Il ne répugne même pas à alléguer (p. 144 et 319) des mémoires que Quérard déclare apocryphes, comme ceux du comte de Lavalette et du duc de M ontpensier.
Il aime toujours les témoignages des étrangers hostiles à la Révolution française, comme Gouverneur Morris, ce gobeur malveillant *, qu'il déclare (p. 331) « si bien informé », uniquement parce qu'il dénigre les volontaires. Mais il a maintenant un autre témoin, dont la malveillance lui est sympathique, c'est l'Anglais Moore, dont il invoque volontiers le témoignage (par exemple, p. 233) pour ridiculiser la Révolution, sans dire aucunement ce qui lui donne à penser que ce témoin est croyable ^.
Les principales autres sources imprimées de ce volume sont des pamphlets contre-révolutionnainés, et aussi V Histoire parlementaire de Bûchez et Roux, l'Histoire de la Terreur de Mortimer-Ternaux '.
2® Sources manuscrites.
Aux Archives nationales, Taine a surtout consulté la série F^ (police générale). Il n'existe pas encore de