Voir plus haut, p
2. Moore, A Journal during a résidence in France (depuis le commencement d'août jusqu'au milieu de décembre 1792), Londres, 1794, 2 vol. in-8^ BibI, nat., Lb 41/2096. On trouvera une traduction française de ce journal dans la Revue de la Révolution publiée par MM. Bord et d*Héricault, années 1884 et 1886. Bibl. nat. Le 18/357, in-8.
3. Taine se sert beaucoup de Touvrage de Mortimer-Ternaux. Il en fait (p. 271) cet éloge : « Quand nous renvoyons à Mortimer-Ternaux, c'est parce que, en vrai critique, il apporte des pièces authentiques et souvent inédites. » Aussi passionné que Taine contre la révolution, Mortimer-Ternaux est plus digne du nom d'historien. Ce n'est pas seulement parce qu'il apporte des pièces « authentiques et souvent inédites », ce qui est à la portée du premier venu, c'est aussi et surtout parce qu'il a une information variée et assez complète pour permettre au lecteur
LA CONQUÊTE JACOBINE : PREMIÈRE ÉTAt>E 135
répertoire qui permette de.dire combien de cartons ou de liasses, dans cette série, se rapportent à la période dont Taine avait à s'occuper en ce volume. On peut cependant dire qu'il y en a plusieurs centaines, et probablement plus d'un millier. Or, Taine n'en a consulté que 46 à savoir :
Il semble aussi avoir consulté 2 des 45 cartons qui dans la série F*^ se rapportent aux élections, à savoir les cartons 3 et 21. Je dis : il semble, car ce doit être la série F*^^ qu'il veut désigner quand (p. 43 et 63) il imprime F* 6, cartons 3 et 21.
Dans Dxxix (papiers du Comité des rapports, 94 cartons), il a consulté un carton : Dxxix, 13 3.
Des 3 cartons du Comité d'Avignon, Dxxiv, 1 à 3, il en cite un, le troisième.
La série H, qu'il avait tant utilisée pour les volumes précédents, ne se rapporte plus guère à l'époque dont
de se former une opinion autre. Dans ce recueil de Mortimer- Teriïaux, Taine a partialement choisi quelques traits qui plaisaient à sa fantaisie, et négligé tout le reste.
1. Ces deux cartons 2475 et 2494 font partie de la sous-série F"' 2401 à 2505 (sections de Paris), que Taine lui-même signale (p. 437), de manière à laisser croire qu'il l'a vue tout entière, mais ensuite il ne fait d'allusion précise qu'aux deux cartons susdits.
2. Plusieurs de ces numéros sont aujourd'hui changés. Ainsi F^ 3249 est devenu F-^ 36843.
3. Pour la Constituante, Taine en avait consulté trois autres. Voir plus haut, p. 76. Quant à ce carton Dxxix, 13, les documents que Taine y signale (p. 88) ne s'y trouvent pas.
il s'occupe maintenant. II en cite cependant encore un carton, H 1453.
On lui a appris l'existence de la série C, qu'il ignorait quand il s'occupa de l'Assemblée constituante. Mais il n'en a consulté que quelques cartons, relatifs aux assemblées électorales. II ne les désigne pas avec assez de précision pour que je puisse en indiquer le nombre et la cote. Ainsi (p. 311, 371, 357, 375) il renvoie à Cii, 58-76, à Cii, à 32, à Cii, 1 à 76, sans dire au juste quels sont ceux de ces 76 cartons qu'il a vus, et il n'y a qu'à lire son récit pour s'apercevoir qu'il ne les a pas tous. vus.
Dans la série ÂFii, qui d'ailleurs ne se rapporte guère à cette époque, il cite les quatre cartons AFii 43, 45, H 6 et 145.
Dans la série BB, il cite (p. 333) le carton BB"703 (garde nationale parisienne) ^
Il continue à négliger ou à ignorer la série F*^ m (esprit public), qui était capitale pour son sujet, ainsi que l'ensemble des Archives départementales et communales.
Sa documentation, pour l'histoire de la Législative, présente donc les mêmes lacunes et les mêmes insuffisances que pour l'histoire de la Constituante.
C'est presque toute l'histoire de l'Assemblée législative, c'est la chute de la monarchie constitutionnelle que Taine raconte sous ce titre de Première étape de la conquête Jacobine,
En un premier chapitre, il parle des élections de 1791. Il montre (p. 73) que les « Jacobins * » entrent « par grosses troupes » dans la « place », c'est-à-dire dans les fonctions administratives, municipales, législatives. Cette « place », c'est une « forteresse », dont ils occupent au moins un tiers des postes. A la Législative, sur 750 députés, ils en ont à peu près 236*. A Paris, ils sont à la tête de la municipalité.
Comment les Jacobins s'y sont-ils pris pour obtenir de tels succès?
En écartant du scrutin « la majorité de la majorité », et ils l'ont écartée par les procédés que voici : Ils ont, dit Taine, multiplié les élections, au point I qu'elles « demandent à chaque citoyen actif un sixième de son temps », et cela a dégoûté les modérés. Cette j assertion, si précise, n'est qu'une fantaisie : tous les î scrutins des années 1790 et 1791 n'ont pris en tout à / chaque citoyen actif que quelques jours. Taine confond sans doute avec le temps que les fonctions municipales ou d'administration départementale prenaient aux titulaires élus de ces fonctions.
On a, dit encore Taine (p. 74), fait perdre à « tous les catholiques scrupuleux » leur droit de suffrage. Pourquoi? Parce que, dit Taine, « en vertu de la Constitution, le serment civique est imposé à tous les électeurs, et il comprend le serment ecclésiastique », et, « si quelqu'un prête le premier en réservant le
i. 11 prend presque toujours ce mot dans le sens équivoque que nous avons signalé plus haut, p. 125. S*agit-il des membres du club ou des hommes de gauche en général? On n'en sait rien.
2. Il dit (p. 107) que le côté gauche ne comprenait que 136 Jacobins inscrits, plus une centaine d'autres qui votaient avec eux. C'est une des rares circonstances où il essaie de définir ce qu'il entend par Jacobins.
second, son vote est déclaré nul ». Dans le Doubs, les élections municipales ont été cassées pour cela; dans la Lozère, « plutôt que de prêter le serment, tous les fonctionnaires en place ont donné leur démission ». Cest ainsi que les Jacobins « se sont débarrassés d'avance des votes catholiques, et ces votes sont par centaines de mille ».
Tout ce raisonnement n'est qu'une fantasmagorie.
Le serment civique, décrété le 4 février 1790, était ainsi conçu : « Je jure d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi, et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le roi*. » On le voit : il ne comprend, quoi qu'en dise Taine, aucun « serment ecclésiastique ».
Si, dans le Doubs, il y eut des élections, viciées ou cassées à cause du serment, ce ne sont pas des élections municipales, mais des élections ecclésiastiques.
Quant à l'affaire de la Lozère, où, plutôt que de prêter le serment civique, « tous les fonctionnaires en place « auraient, selon Taine, « donné leur démission », voici ce qui se passa en réalité.
Lorsque l'Assemblée électorale de la Lozère se réunit pour nommer un évêque*, le président fît prêter le serment civique dès la première séance, 20 mars 1791 ^, Le procès-verbal* porte que, sur 148 électeurs présents, 42 se refusèrent à prêter le serment « suivant la
i. Procès- verbal de la Constituante, p. 21.