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VIII AVERTISSEMENT

ils changèrent brusquement d'avis sur son compte. Non que le libre penseur anti-spiritualiste qu'était Taine se fût converti; mais il avait vilipendé les principes mêmes de la Révolution, ces principes condamnés par les papes comme sataniques, il avait loué la religion comme une grande force sociale, il s'était posé, dans toute la forme du terme, en conservateur.

Il fut dès lors l'idole des conservateurs, môme et surtout des conservateurs catholiques.

Il fut pour eux le vrai historien de la Révolution.

Les non-conservateurs, les hommes de gauche, protestèrent contre ses doctrines, contre sa passion, mais le prirent au sérieux comme historien.

En 1905, quand on lui éleva une statue dans sa ville natale, un journal socialiste, rHumanité, l'appela « le grand historien ».

Sans doute une réaction a commencé contre cet engouement. A la Société de l'histoire de la Révolution, à la Société d'histoire moderne, dans la jeune école historique, les écrits historiques de Taine ne jouissent d'aucune estime en tant qu'œuvres d'érudition. A la Sorbonne, un candidat au diplôme d'études historiques ou au doctorat se disqualifierait s'il alléguait Taine comme une autorité dans une question d'histoire.

Dans quelques universités américaines, on commence à s'apercevoir que l'érudition de Taine est fragile.

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