AVERTISSEMENT IX
Mais ni en France ni à Tétranger le grand public n'est encore averti.
En Allemagne, où Técole réactionnaire domine en histoire, on aime à jurer par Taine. En Italie, on s'est mis-, en cela comme en d'autres choses, à l'école de l'Allemagne*.
Ce qui surtout fait impression en faveur de Taine historien, ce qui lui a surtout donné crédit, c'est l'appareil d'érudition, références, cotes d'archives.
Cela en a imposé aux adversaires de Taine, qui ont vu là une érudition mal employée, mais une érudition.
Même M. Seignobos, dans des pages où il s'est montré courageusement sévère pour Taine, a cru devoir écrire : « Il y est venu aux Archives, il y a goûté l'ivresse des documents inédits (la préface de V Ancien Régime en donne un témoignage d'une naïveté touchante), et il s'est transformé en un consciencieux travailleur d'archives^ ».
Naturellement les amis, les disciples vont bien au delà, dans l'éloge.
Ainsi M. Boutmy a écrit : « La pénétrante analyse de l'esprit classique, par exemple, la psychologie du Jacobin, les jugements sur les principes, la génération et les effets de la terrible œuvre napoléonienne
1. Comme exemple frappant de cette servile admiration ita* Henné, et à TaUemande, pour Taine historien, voir l'ouvrage de M. A. Poggiolini, Ammiraiori e giudici délia Rivoluzione francese, Florence, 1901, in-8« (Bibl. nat., La 32/772).
2. T. Vlli, p. 273 de YHistoire de la Langue et de la Littérature françaises, publiée sous la direction de M. Petit de Julleville.