Voir plus haut, pp. 23 à
ville, un cardeur de laine ivrogne ; sur quoi la moitié de rassemblée s'est retirée, et les deux candidats des assassins ont été élus ». Je laisse de côté la question de savoir si Armonville était, en effet, ivrogne. Taine, qui n'en sait rien, lui inflige cette épithète pour le punir de ses opinions « jacobines ». Il s'agit de savoir si, dans l'assemblée électorale de la Marne, les choses se sont réellement passées comme Taine le dit. Or, nous avons le procès-verbal de cette assemblée électorale *. J'y lis, à la séance du 3 septembre 1792, qu'on venait de nommer Charlier député à la Convention nationale par 242 voix sur 483 votants, puis que l'Assemblée avait reçu unedéputation de volontaires nationaux de Rennes qui demandaient des armes. « Dans cet instant, dit le procès-verbal, la générale a battu. On a annoncé l'approche de l'armée ennemie; l'assemblée a passé à l'ordre du jour et a procédé au scrutin pour la nomination d'un quatrième député. » Ce quatrième député fut Charles Delacroix, élu par 280 voix sur 418 votants; puis, séance tenante, Deville, par 250 voix sur 315 ; Poulain, par 155 voix sur 201 ; Drouet, par 135 voix sur 204; Armonville, par 130 voix sur 203; Blanc, par 234 sur 236 ; Battelier, par 232 voix sur 456. On voit ce qui se passa. L'assemblée électorale de la Marne avait commencé à nommer ses députés à la Convention : pendant qu'on dépouillait le scrutin d'où Deville sortit élu, on annonça l'approche de l'armée de Brunswick. L'assemblée décida de continuer quand même ses opérations, mais la moitié de ses membres sortit pour aller aux nouvelles, et il n'y eut guère ..plus de 200 votants pour les élections de Deville, de