Ihid,, t. IV, Avertissement, p. II
LA CONQUÊTE JACOBINE: SECONDE ÉTAPE 19i
Parisiens sont restés en majorité monarchistes constitutionnels, et il Taflirme sur deux seuls témoignages : celui de Buzot, dont nous avons montré la partialité furieuse, et celui de Dutard, observateur de police. Taine a grande confiance dans ce Dutard, ancien avoué : « C'est, dit-il, un de ces hommes rares qui voient les choses à travers les mots ; perspicace, énergique, actif, il at)6nde en conseils pratiques, et mériterait d*avoir un autre chef que Garât. » Mais lisez les rapports de ce Dutard* : c'est un bavard prétentieux, passionné contre les Montagnards.
Après avoir donné des précisions fantaisistes sur le nombre des abstentions aux assemblées des sections parisiennes, Taine constate (p. 395), d'après .Dutard, que cela empêchait les modérés, les gens comme il faut, ou les badauds, de se montrer dans ]es rues, aux Champs-Elysées. Dutard y voit, au mois de mai 1793, « des modérés, des aristocrates, des propriétaires, de fort jolies petites femmes bien ajustées s'y faisant caresser par le zéphir printanier ». « Ce coup d'œil était charmant, ajoute-t-il. Cette occurrence simultanée du retour de la saison et d'un nouvel ordre de choses dans notre politique avait déridé jusqu'aux vieilles. Tout le monde riait; il n'y avait que moi qui ne riais pas ^: » On remarquera la phrase sur la joie qu'avaient les promeneurs aux Champs-Elysées à jouir tous ensemble du printemps et du nouvel ordre de choses politique. Cette phrase contrarie la thèse de Taine. Que fait-il? Il la supprime, sans même en avertir le
i. Dans le recueil de A. Schmidt, Tableaux de la Révolution fran* çaiset Leipzig, 1867-1871, 4 vol. iii-8**, dont le dernier est une table alphabétique.