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LA CONQUÊTE JACOBINE; SECONDE ÉTAPE i95

pouT avoir Tair plus précis). Ce Richard avait été arrêté à Langres, comme suspect, par le Comité de surveillance de sa section. De sa prison, il écrit au Comité de sûreté générale (et non au Comité de salut public) pour réclamer contre son arrestation et protester de son innocence, de son civisme. Mais, dans sa lettre, rien n'indique qu'il fût un « libéral » et un « homme cultivé » ni qu'il eût été « expulsé « d'une fonction.

Puis, revenant aux bavardages de Dutard, Taine cite (p. 409) le propos niais de ce policier disant du peuple montagnard : « Ils n'aiment Marat, Robespierre qu'autant que ceux-ci leur diront : « Tuons, dépouillons. » Or, Marat avait bien dit : « Tuons », mais il n'avait pas dit ; « Dépouillons », et Robespierre n'avait jamais dit ni : « Tuons », ni : « Dépouillons » *.

Enfin, par une fantaisie littéraire, Taine personnifie les Jacobins en un certain M. Saule, intrigant de bas étage, devenu inspecteur des tribunes de la Convention (p. 411) : le programme de M. Saule, programme ridicule et bas, c'est le programme jacobin.

Le chapitre IV de la c Seconde étape de la conquête jacobine », ce sont d'abord (pp. 415 à 419) des vues sur les Jacobins et leurs nouveaux chefs. Ces nouveaux chefs ce sont les chefs de la Commune de Paris, que Taine exécute (p. 416) d'un jugement sommaire, tran-

1. C'est peu après que Taine fait rinsigniHante allusion aux périls extérieurs, que nous avons relatée plus baut, p« 178.

chant, et, on ne sait à quel propos, redisant son fait à Pache*, qui, ministre, a « mis tous les services au pillage », et qui, né dans une loge de concierge, y revient dîner par calcul ou par goût ». Ces gens oni à leurs ordres (p. 417) « une bande de quatre à cinq mille tape-dur », ou il y a beaucoup de septembriseurs. Pour leur solde, la « faction » n'est pas en peine, « car, avec le pouvoir, elle a pris l'argent ». L'argent, il ne provient pas seulement d'avantages concédés à la Commune sur le budget de l'État, il provient de vols. Il y a peut-être eu quelques prévaricateurs parmi les membres de la Commune; donc, tous les membres de la Commune étaient des voleurs, avec la complicité de Pache. Et puis Philippe-Égalité finance (p. 418) : Taine sait que les dettes qu'il laissera proviennent en partie de l'argent qu'il avait dû donner aux gens de la Commune pour sauver sa tète.

Dans un second tableau, Taine trace une statistique morale des montagnards à la Convention, qu'il divise (p. 419) en six catégories : !<> les pourris; 2^ les scélérats; 3*> les enfiévrés et possédés; 4<> les fous féroces ; 5" les demi-fous méchants; 6° les simples fanatiques. Parmi ces « nullités énergiques », il distingue <c un jeune monstre, au visage calme et beau », Saint-Just, dont il trace (p. 420) un portrait à la manière classique.

Ces Montagnards, leurs « apostrophes ordinaires », à la Convention, c'est selon Taine (p. 421) : « Vils intrigants, calomniateurs, scélérats, monstres, assassins, gredins, imbéciles, cochons », et il renvoie à divers endroits du compte rendu de la Convention, tels que

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