‹ TaineChapitre 72 sur 102 · Moniteur, réimp., t. XVII, p · texte numérisé non relu

Moniteur, réimp., t. XVII, p

2. Dans la même séance il fut pris un autre arrêté pour fermer les tripots et les maisons de jeu afin de préserver la vertu des fédérés.

douter que la Commune, en faisant conduire les délégués chacun à son domicile, avait ou disait avoir pour but unique de protéger leur moralité, leur santé, leur bourse?

Un peu plus loin (p. 20), Taine montre les délégués « conduits par troupeaux dans les tribunes de la Convention », et allègue, comme référence unique, le Moniteur, compte rendu de la séance du 5 août 1793. Or on n'y lit pas du tout que les fédérés eussent été conduits par troupeaux dans les tribunes, mais simplement ceci, au milieu du compte rendu d'un discours de Delacroix (d'Eure-et-Loir) ; « Les fédérés, placés dans la salle et dans les tribunes, applaudisssent à plusieurs reprises ^ »

Le 7 août 1793, ces délégués vinrent lire à la Convention une adresse où ils annonçaient leur concorde fraternelle, disant que, réunis dans la salle des électeurs, ils s'étaient, a embrassés plusieurs fois avec la plus cordiale amitié ». Taine, citant cette adresse (p. 21 ), a bien soin d'en retrancher cet aveu touchant. Les délégués avaient dit aussi, par discrétion, aux conventionnels : u Nous connaissons les bornes de nos droits ; ne craignez pas que nous prenions une puissance rivale de la vôtre 2. » Taine supprime également cette phrase.

Quant à cette fête du 10 août 1793, où les délégués furent à f'honneur, Taine avoue (p. 22) que le décor en fut «grandiose», mais il n'y veut voir qu'une « parade colossale », qu'une « charade » jouée par des « pantins ». S'excitant ainsi, les gens deviennent un peu fous (p. 24) : « En cet état de crise, leur raison, comme une balance

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