Voir plus haut, pp. 45 et
rétendue des démolitions effectuées ^ Il laisse entendre (p. 52), quoi qu'il n'en sache rien, qu'à Toulon les démolitions décrétées par la Convention furent réellement faites. Et il croit pouvoir dire : « Depuis les Mogols du V* et du xiii® siècle, on n'avait pas vu des abatis si énormes et si déraisonnables, une telle fureur contre les œuvres les plus utiles de l'industrie et de la civilisation humaine. »
Certes, Fréron fut cruel à Toulon ; mais Taine trouve moyen de lui faire faire des aveux sanguinaires qu'il n'a pas faits, quand il donne à croire (p. 51) que Fréron aurait raconté dans ses mémoires sur quelles dénonciations suspectes il faisait fusiller les vaincus. Cela se trouve bien dans l'ouvrage intitulé : Mémoire historique sur la réaction royale 2, qui est en effet de Fréron, mais c'est dans un appendice, ajouté parles éditeurs Barrière et Berville, et cet appendice n'est pas de Fréron; tout au contraire : c'est un pamphlet furieux d'Isnard contre Fréron, intitulé : Isnard à Fréron^ "et en somme Taine fait avouer à Fréron ce que son ennemi personnel lui impute. De même Taine allègue des « témoignages de survivants et témoins oculaires » ; or ces témoignages se réduisent à un seul, anonyme, cité par Isnard dans
1. Cf. Louis Blanc, Histcire de la Bévolutiorif t. X, p. 174. — 11 y aurait à rechercher jusqu'à quel point le décret de la Convention fut réellement exécuté. M. Riffaterre, ancien étudiant à rUniversité de Lyon, qui a étudié cette période dans les archives lyonnaises, me dit qu'en dehors de la destruction, plus ou moins complète, des « façades » de la place Bellecour, on ne démolit guère que des maisons endommagées par le bombardement et qui menaçaient ruine, ou des maisons d'un quartier pauvre (rue de Bourgneuf), dont la destruction faisait partie d'un ancien plan d'embellissement. — Dans l'affaire des démolitions, Fouché et CoUot d'Herbois auraient été aussi temporisateurs que Couthon.