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héroïque, et qu'en 1789 il saluait d'un long cri d'amour et de reconnaissance i.

Extrayant du journal de Marat ce qu'il appelle des « contre-vérités presque grotesques, tant elles sont énormes », Taine cite (p. 169) cette phrase du numéro du 20 mai 1792 de l'Ami du Peuple : « Louis XVI n'a sollicité la guerre que pour asseoir son despotisme sur des bases inébranlables. » Mais c'est Taine qui se trompe, c'est Marat qui disait vrai et devinait juste : il n'est pas douteux que Louis XVI voyait dans la guerre une chance de restaurer son pouvoir absolu.

Quant à Danton, Taine en avait déjà donné un portrait à propos de la journée du iO août 1792 ^ : il refait maintenant ce portrait avec moins de haine, et une connaissance moins superficielle du sujet. Il a lu, dans l'intervalle, les mémoires de Garât et les livres du D' Robinet. Bien qu'il ne connaisse les discours de Danton que par fragments, il a cependant une idée assez exacte de sesdiscours.il s'aperçoit enfin (pp. 174 et 176) que Danton, « c'est un génie original, spontané, et non, comme la plupart de ses contemporains, un théoricien raisonneur et scribe », et que « son libre jugement n'est point entravé par les préj ugés abstraits » . 11 écrit d'un ton d'éloge : « Les systèmes sont des béquilles à l'usage des impotents, et il est valide; les formultes sont des lunettes à l'usage des myopes, et il a de bons yeux. » Il constate (p. 177) les succès, surtout diplomatiques et militaires^ de sa politique.

Quoi ! parmi les chefs de la Révolution, il y aurait donc un habile homme! Oui, mais cet habile homme

1. Dans son opuscule la Constitution, Paris, 1789, in-8. Bibl. nat., Lb39/7221. Voir mon Histoire politique de la Révolution, p. 51.

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