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est un brigand. Mandrin aussi, remarque Taine, était un habile homme, et même un homme supérieur en sa partie. Là-dessus Taine flétrit Danton dans ses mœurs, dans son caractère. Toujours crédule aux témoignages suspects, il croit, d'après une tradition orale, que Danton aurait sauvé Louis XVI, si on lui avait donné un million pour cela. Il assure (p. 180) que <( ni au physique, ni au moral, Danton n'a de dégoûts : il peut embrasser Marat, fraterniser avec des ivrognes «. Comment sait-il qu'à embrasser Marat, Danton n'eut pas de dégoût? Et qui sont-ils, ces ivrognes avec qui Danton fraternisait ?

Non seulement Danton, selon Taine (p. 181) « laisse gratter et prendre », mais « lui-même il a pris », et ici Taine ne daigne même pas rappeler les raisons, pourtant si faibles, qu'il a de croire à l'improbité de Danton*. Il affirme qu'il ne fait de politique qu'à son profit. Il le montre régnant, en 1789, sur le district des Cordeliers qu'il représente (p. 182) sans preuve aucune, comme «une petite république indépendante, agressive et dominatrice, centre de la faction, asile des enfants perdus, rendez-vous des énergumènes, pandémonium de tous les cerveaux incendiés et de tous les coquins disponibles, visionnaires çt gens à poigne, harangueurs de gazette ou de carrefour, meurtriers de cabinet ou de place publique... » Exagérant les intentions et faussant les textes, il assure (p. 183) que Danton, à la barre de la Constituante, a« nom des Cordeliers, déclara <( que les citoyens de Paris sont les représentants naturels des 83 départements », tandis que Danton, d'après la source même à laquelle Taine

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