‹ TaineChapitre 85 sur 102 · Buehez et Roux, Histoire parlementaire^ t. VIII, p · texte numérisé non relu

Buehez et Roux, Histoire parlementaire^ t. VIII, p

lire en entier quelques discours de Robespierre, en particulier celui du 8 thermidor; mais il n'a sûrement pas lu toute son œuvre oratoire ; il n'en a même pas lu la majeure partie.

Robespierre devait tout particulièrement s'imposer à son attention : c'est bien, dans la Révolution, l'homme qui diffère le moins de ce que Taine croit être le type du Jacobin.

Et cependant, quoi qu'en dise Taine, l'Incorruptible n'était pas l'Immuable. Lui aussi, il changea, avec les circonstances, en opportuniste. Longtemps monarchiste, conservateur contre les « enragés », socialiste contre les Girondins, sauveur des « Soixante-Treize», protecteur des catholiques, il montra de la souplesse. Ce qu'il y avait en lui de fixe, c'était la doctrine politico-religieuse, son système de religion civile selon Jean-Jacques Rousseau.

Si Taine a tort de le croire ou de le montrer immuable, il a raison d'insister sur son pédantisme, sur sa cuistrerie. Il a, là-dessus (pp. 190 et 191), un développement bien venu, mais qui se prolonge un peu trop. 11 exagère l'incapacité de Robespierre à agir. Dans le grand discours du 8 thermidor, il ne veut voir (p. 192) qu'une harangue d'apparat : c'était en réalité, un acte de combat *.

Il dit : « Pas un accent vrai dans son éloquence industrieuse » (p. 193). Cela, c'est injuste, par parti pris d'exagération. Dans ce discours du 8 thermidor, par exemple, il y a des cris du cœur, et émouvants, presque sublimes parfois ^ : souvent rhéteur, presque toujours

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