‹ TaineChapitre 87 sur 102 · Voir i6id., p · texte numérisé non relu

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2. Si spirituel que fût Garât, son témoignage n'est peut-être pas sufflsant quand ce témoignage est seul. Cela n'empêche pas

OÙ sont rapportés des propos de Robespierre contre les Girondins, qu'il soupçonnait, selon Garât, à tort et à travers, Taine supprime de ce passage, sans avertir le lecteur de cette suppression, tout ce que Robespierre y est censé dire contre Dumouriez. Pourquoi? Parce que Dumouriez ayant réellement trahi, si on avouait que Robespierre Favait soupçonné de trahison, on avouerait par là que Robespierre ne se trompait pas toujours quand il dénonçait des conspirateurs et des conspirations *.

Dans son rapport sur les papiers de Robespierre, Courtois a reproduit (p. 280) deux notes de la main de Robespierre où sont signalés des moyens propres à faire triompher la République démocratique, et il se trouve que quelques-uns de ces moyens sont violents. Taine donne (p. 208) des extraits, censés textuels, de ces notes. Je prie le lecteur de comparer lui-même ces extraits de Taine avec le texte de Courtois, qui est trop long pour que je puisse le reproduire ici ; il verra quelles infidélités s'est permise, soit la négligence, soit le parti pris de l'écrivain*.

Taine de donner comme authentique, sur ce seul témoignage, non seulement le propos de Danton qu'il relate ici en le mutilant, mais plus loin, p. 213 et 214, un autre propos du même sur rinfaillibilité du peuple.

1. A ce propos (p. 205), Taine dit que Robespierre proscrivait « les athées et les malhonnêtes gens, c'est-à-dire presque tout son parti ». Tout prouve au contraire qu'il y avait peu d'athées parmi les Montagnards.

2. Déjà Courtois avait mal transcrit, pour un mot, l'original, qui se trouve aux Archives nationales, dans F^ 4446. Il fait dire à Robespierre « qu'il faut proscrire les écrivains, comme les plus dangereux ennemis de la patrie », quand Robespierre, comme Ernest Hamel l'a fait remarquer, avait écrit « qu'il faut proscrire ces écrivains », c'est-à-dire les écrivains • mercenaires • dont il venait de parler, et non les écrivains en

Au même endroit, voulant prouver que Robespierre avait fini par devenir aussi sanguinaire que Marat, Taine dit que le Comité de salut public, et notamment Robespierre, ont « connu et approuvé expressément » les noyades de Nantes et les crimes de Carrier ». C'est tout le contraire qui arriva : le Comité de salut public désavoua Carrier, le rappela*, et c'est précisément Robespierre qui, par son ami le jeune Jullien, fut le principal auteur de ce rappel. Qu'on ne dise pas que le Recueil des Actes du Comité de salut public n'avait pas encore paru, quand Taine écrivit cette inexactitude contre Robespierre et le Comité; déjà toutes les pièces de l'affaire avaient été produites par Ernest Hamel, dans son Histoire de Robespierre, que Taine avait lue, puisqu'il la cite quelquefois.

Voulant prouver que Robespierre s'est faussement déclaré étranger aux massacres de septembre, il donne entre guillemets (p. 212) ce résumé, en style indirect, d'une partie d'un discours de Robespierre à la Convention, le 5 novembre 4792 : « Avant l'époque où ces événements sont arrivés, il avait cessé de fréquenter le Conseil général de la Commune... Il n'y allait plus. » Ce sont, dit Taine, des contre-vérités, et il cite deux ou trois exemples de l'intervention de Robespierre, dans les débats qui eurent lieu à la Commune, du l^'^au 4 septembre 1792. Or, voici les véritables paroles de Robespierre, d'après la source même à laquelle Taine renvoie 2 : « ...Je dirai, pour ceux que l'imposture a pu

général. D'ailleurs Taine n'a pas reproduit, dans ces extraits, cette phrase défigurée par Courtois.

1. Voir mon Recueil des Actes du Comité de salut public, t. VII, pp. 287 et 289, et t. X, p. 778.

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