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HISTORIEN DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

ï. L'éducation littéraire et historique de Taine. — II. Ses goûts et sa poétique. — III. Taine historien de l'art. — IV. Ses opinions politiques. — V. Projet, préparation, rédaction du livre des Origines, — VI. Traduction de l'ouvrage anglais anonyme : Un séjour en France. *

Il faut d'abord dire un mot de réducation littéraire et historique de Taine.

Normalien, mais original parmi les normaliens, tandis que ses camarades, About, Sarcey, Prévost- Paradol, se dépensaient au dehors ou regardaient par les fenêtres, il travaillait, lisait, compilait, replié sur lui-même. Sa curiosité était déjà encyclopédique. Il ne vivait que pour penser et il ne parlait que pour raisonner. Il n'avait rien de la légèreté spirituelle et de la grâce amusante de ses condisciples : il était déjà,

à rÉcole normale, grave, respectable, avec une naïveté docte.

Un de ses maîtres, Vacherot, le notait ainsi : « ... Comprend, conçoit, juge et formule trop vite ; aime trop les formules et les définitions, auxquelles il sacrifie trop souvent la réalité, sans s'en douter, il est vrai, car il est d'une parfaite sincérité * ».

Ce jugement pourrait servir d'épigraphe à presque tous les livres de Taine, particulièrement aux Origines.

Sorti de l'École, il reste original. A peu près seul dans l'Université d'alors, il est, en philosophie, spinoziste, après avoir été condillacien.

Dans ses Philosophes français du XIX^ siècle (1857), il démolit Cousin et l'éclectisme, avec une verve amusante. Dès 1852, il avait écrit qu'il se préparait à « éclabousser la figure de la vérité officielle ^ ».

Dans V Intelligence (1870), il applique les observations physiologiques à la psychologie, et on voit qu'il a fait lui-même des expériences.

Il est préoccupé de fonder une philosophie vraiment scientifique.

Très vite l'histoire l'attire.

Elle l'attire soué la forme de l'histoire littéraire. A propos de La Fontaine, de La Bruyère, de Racine, il applique déjà sa théorie du milieu : ces auteurs sont le produit de leur temps, leur livres sont l'expression de la société d'alors. Pour comprendre la littérature, il faut connaître la société, et pour comprendre la société, il faut connaître la littérature. C'est ainsi, par cette voie et dans cette vue, qu'il se fit historien.

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