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marchand de petits pâtés ». Or, si on se rapporte à la source même qu'il cite*, on voit qu'il s'agissait de l'administration alimentairey ce qui explique le choix d'un pâtissier.

Il accepte sans critique (pp. 336 à 338), sur le personnel jacobin, les assertions malveillantes du conventionnel Albert, thermidorien et passionné contre les démocrates de l'an II. Et il se garde bien de dire que les terroristes de Reims, poursuivis à la demande d'Albert, furent acquittés par le tribunal criminel de la Marne ^.

Sur ce que (p. 340) « ce serait faire trop d'honneur à de telles gens que de leur supposer des convictions et des principes », il cite des anecdotes plus ou moins authentiques, et d'après des sources suspectes, sur les ripailles des Jacobins de province, membres de comités ou de municipalités. Il sait (p. 342) que, « le gouvernement révolutionnaire étant une septembrisade organisée, prolongée et permanente, la plupart de ses agents sont obligés de boire beaucoup ».

Sur les malversations qu'il dit avoir eu lieu à l'occasion des taxes révolutionnaires, il chiffre ces malversations (p. 345) à des « milliards », et cela sur le dire du voyageur suisse Meister^, quand il a lu (puisqu'il le cite au même endroit) un rapport de Cambon, du 6 frimaire an III, où il est dit que, des pièces fort incomplètes qu'on avait, il résultait que, le produit des taxes révolutionnaires était d'un peu

1. Pescayrc, Tableau des prisons de Toulouse^ Bibl. nat.,Lb* 1/2264 in-8.

2. Sur ces faits et sur la mission d'Albert, voir un article de M. S. Blum, dans la Révolution française, t. XLV, p. 225.

3. 11 continue à l'appeler Meissner. — Voir plus haut, p. 211.

plus de 31 millions ^ Non moins fantaisistes sont ses évaluations, un peu plus loin, quand il dénonce « les trois ou quatre cents millions d*or et d'argent extorqués à la fin de 1793, les centaines de millions en assignats extorqués en 4793 et 1794 », qui auraient été mangés sur place par les sans-culottes.

Il raconte (p. 353) qu'à Orange des femmes de membres de la Commission révolutionnaire vinrent au greffe pour faire leur choix dans la dépouille des accusés, mais il n'ajoute pas que, d'après la source même à laquelle il renvoie 2, le président de la Commission, Fauvety, les surprit, les chassa, et les força à restituer.

Un autre butin pour les Jacobins, et plus gros, ce sont les maisons et châteaux des détenus. « D'ailleurs, dit Taine (p. 354), et dès les premiers jours de la Révolution, ne leur a-ton point promis que i< 40 000 hôtels, palais et châteaux, les deux tiers des « biens de la France, seraient le prix de la valeur »? Et il renvoie à la France libre de Camille Desmoulins publiée en août 1789. Sans discuter si cette boutade du véhément pamphlétaire avait eu assez d'autorité (ou même de notoriété) pour être considérée comme une promesse, il faut remarquer que Camille Desmoulins n'avait pas parlé des deux tiers, mais des deux cinquièmes « des biens de la France », songeant évidemment aux biens du clergé et de la noblesse, si les possesseurs de ces biens s'opposaient à la Révolution ou émigraient. Taine lui a fait dire, par une altération du texte, les deux tiers, afin d'amplifier le projet de

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