Berryat Saint-Prix, p. 4i
nivellement, ou plutôt de dilapidation, qu'il prête aux Jacobins, et de l'étendre aux biens de tous les gens riches ou aisés.
S'indignant des excès commis par les « maratistes » de Lyon, il ne s'aperçoit pas qu'il les relate (p. 355) d'après les lettres des représentants Reverchon et Sébastien de Laporte, qui réprimèrent ces maratistes, et que cette répression contredit sa thèse.
Tout ce qu'a dit Grégoire sur le vandalisme révolutionnaire, il y croit aveuglément (p. 357), sans souffler mot des correctifs qu'Eugène Despois, dans son livre sur ce sujet, a apportés aux exagérations de Grégoire.
Suivent quelques anecdotes sur les prévarications, au profit des Jacobins, dans la vente des biens nationaux, d'où il passe aux méfaits des Jacobins, en général, qu'il relate (pp. 360 à 363) par hypothèse, d'après les méfaits que, selon lui, ils auraient commis plus tard en l'an V, à Toulon et à Arles ! « Jugez par là, dit-il, de ce qu'ils ont fait lorsque, du temps de Robespierre, administrateurs et vendeurs des biens nationaux, ils étaient les maîtres sans conteste. » C'est ce qu'on pourrait appeler la narration conjecturale.
Il décrit ensuite (pp. 365 à 378) « les dernières manœuvres du système, les mains qui empoignent, la force armée qui opère Qorporellement sur les hommes et les choses )>. Ce sont encore des anecdotes suspectes, d'après des sources suspectes*, soit sur la
1. Comme quand, d'après Tunique témoignage de l'auteur anonyme d'f/n séjour en France, il assure que, dans la garde nationale, si c'était un banquier qui montait la garde, il n'avait qu'une pique pour arme.
garde nationale, soit sur Tarmée révolutionnaire *, qu'il trouve moyen, quoiqu'elle soit odieuse, de calomnier par l'injustice de sa généralisation.
Grégoire ayant dit que les exécuteurs jacobins étaient au nombre de 300 000, Taine le croit et le répète (p. 377), et que ces trois cent mille « avaient pour directeurs deux ou trois cents membres de la Convention nationale, qu'il faut bien n'appeler que scélérats, puisque la langue n'offre aucune épithète plus énergique ». Il ne s'aperçoit pas que la passion politique ou plutôt religieuse pousse Grégoire aux plus fantaisistes exagérations de la calomnie 2.
Entre temps, Taine reparle, on ne sait pourquoi, de Carrier et des horreurs nantaises, rapporte avec prédilection d'atroces historiettes de meurtre ou des traits grotesques de vol et de pillage, et cite (p. 376) deux anecdotes contre la probité des « Jacobins » de 1851 et de 1871.
La conclusion (p. 378) est que tous ces Jacobins sont pires que les écorcheurs, les reîtres et les aventu-
1. Parlant de l'armée révolutionnaire proprement dite, et des armées révolutionnaires locales, il analyse pêle-mêle les lois et les arrêtés des représentants en mission, sans distinguer celleslà de ceux-ci. Au besoin il tronque les textes, comme quand, citant la loi d'institution de l'armée révolutionnaire, il supprime, p. 367, parmi les fonctions de cette armée, celle qui consistait à « protéger les subsistances », parce qu'il veut faire croire qu'on n'eut en vue qu'une tyrannie politique.
2. Que les griefs de Grégoire contre les républicains de l'an II aient été religieux, on n'en peut guère douter. Le document même que Taine cite le prouve. C'est une lettre de Grégoire du 24 décembre 1796, reproduite dans Sauzay, Hist. de la persécution révolutionnaire dans le Doubs, t. VII, p. 687; elle se termine par cette phrase, que Taine ne reproduit pas : « A la fin du xvni* siècle, on a fait en grand l'expérience que les prétendus philosophes, les athées, sont les êtres, les plus intolérants et les persécuteurs les plus barbares. »
riers d'autrefois, qui, du moinS) ne se donnaient pas pour des philosophes humanitaires : « Aux ravages de leurs convoitises privées, ceux-ci ajoutent un dégât plus vaste, la dévastation systématique et gratuite que leur commande la théorie antisociale dont ils sont imbus. »
Après les « gouvernants », les « gouvernés »; : c'est l'objet du livre IV du Gouvernement révolutionnaire ^ ou plutôt c'en est le titre. On peut presque dire qu'il n'y a pas de différence essentielle entre ce livre et le précédent : c'est le même tableau dans un autre cadre. Dans le livre III, il avait été presque autant question des « gouvernés » que des « gouvernants » : dans le livre IV, il sera presque autant question des gouvernants » que des « gouvernés ». Ce sont toujours des anecdotes contre les « Jacobins », contre la Révolution. Mais comme Taine a vidé presque toute sa boîte à fiches, il se répète souvent, et il a de la peine à varier même ses effets de style.
Dans un premier chapitre, intitulé /es Opprimés (p. 379 à 460), il montre la « grandeur de Tabatis révolutionnaire » et signale « quatre procédés d'abatage » :
10 Proscription des Français qui ne sont pas de la secte. « Dès 1789, dit-il (p. 380), par l'émigration forcée on les a jetés dehors. » L'émigration forcée en 1789! S'il y eut une émigration volontaire, ce fut celle-là. Le comte d'Artois, très spontanément, en donna le signal après la prise de la Bastille, et c'est cette émigration qui, en inquiétant les esprits, amena des troubles. Voilà comment Taine tourne contre la Révolution le faitjqui en
explique le mieux les violences. Il s'étonne (p. 382) que les « patriotes » fussent sans pitié pour les émigrés pris les armes à la main : w Un pandour, fait prisonnier, dit-il, est traité en homme; un émigré, fait prisonnier, est traité en loup. » Il n'est pourtant pas très surprenant qu'on eût plus de colère contre des envahisseurs français que contre des envahisseurs étrangers. 2*^ Incarcération des suspects. Taine veut prouver que ces incarcérations étaient fort nombreuses, et il allègue (p. 384) « le représentant Beaulieu », qui a dit* : « Quelque temps avant thermidor, le nombre des détenus s'élevait à près de 400 000 ; c'est ce qui résulte des listes et des registres qui étaient alors au Comité de sûreté générale. » Un « représentant », c'est-à dire un conventionnel, aurait pu être, en effet, à même de voir ces listes et ces registres, et son témoignage làdessus aurait quelque poids. Mais Beaulieu n'était pas représentant : c'était un pamphlétaire de droite, fort ardent, qui, à cette époque, était lui-même en prison, comme suspect, à Paris, et n'avait, certes, aucun moyen d'examiner les papiers du Comité de sûreté générale. Aussi est-ce bien pour rendre Beaulieu plus croyable que Taine le baptise représentant. Puis, en note, il essaie de justifier les chiffres de Beaulieu par ce raisonnement : il y avait dans le Doubs 2 200 personnes en prison, 1 500 recluses chez elles, 300 consignées dans leurs communes ou ajournées; le Doubs contenait 221000 habitants; la France en contenait
1. Dans les Essais historiques qu'il publia sous le Consulat et où il se montra très partial contre les Montagnards. C'est le même Beaulieu qui, sous la Restauration, flt dans la Biographie Michaud des articles sur ou plutôt contre les principaux républicains de Tan II,
26 millions ; donc « la proportion donne, pour la France, 258 000 personnes en prison, 175 000 personnes recluses chez elles, 175 000 autres personnes consignées dans leur commune ou ajournées, en tout 608 000 personnes atteintes dans leur liberté; les deux premières catégories forment un total de 433 000 personnes, chiffre assez voisin de celui de Beaulieu ». Cette statistique pèche par la base : le département du Doubs, où il y avait plus de troubles religieux que dans la plupart des départements, contenait nécessairement plus de suspects, et donc les calculs de Taine ne signifient rien. Il y ajoute (pp. 385 à 387) quelques anecdotes terrifiantes sur la manière dont les détenus étaient traités. Il faudrait savoir s*il s*agit de cas exceptionnels ou d'un régime habituel, général. Certes, les prisons de la Révolution, improvisées, n'étaient pas douces. Étaientelles plus dures que celles de l'ancien régime?
3^ Meurtre après Jugement ou sans jugement. Ce sont encore des statistiques fantaisistes ou tronquées. Ainsi (p. 388) Taine dit que la Commission révolutionnaire de Lyon avouait \ 684 exécutions, et il ne dit pas qu'en môme temps, et dans le même document, elle avouait 1 682 acquittements ^ Il croit savoir, p. 391, qu'à Nantes Carrier (auquel il ne peut s'empêcher de revenir) a noyé exactement 4 800 personnes, que les personnes tuées en septembre 1792 étaient au nombre de 1 300, et (p. 392) « que, dans les onze départements de l'Ouest, le chiffre des morts de tout âge et des deux sexes approche d'un demi-million ». Selon lui, quand ce n'est pas le gouvernement qui organise lui-même
1. Bûchez et Roux, Histoire parlementaire, t. XXXII, p. 394. (C'est la source même à laquelle Taine renvoie.)
les tueries, ce sont les propos des personnages officiels qui arment et excitent les meurtriers. A preuve le mot de Barère, à la tribune, le 16 messidor an II : « II n'y a que les morts qui ne reviennent pas. » Or, de^qui parlait Barère? De Français suspects? Non : des garnisons autrichiennes des places du Nord, qu'on invitait à capituler dans les vingt-quatre heures, sous menace d'être passées au fil de Tépée. Plus loin (p. 393) Taine attribue à Jeanbon Saint-André et à Collot d'Herbois, sans aucune indication de source, les boutades les plus sanguinaires et les plus invraisemblables : ces membres du Comité de salut public auraient évalué à plusieurs millions le nombre des vies qu'il fallait trancher.
4® Confiscation des biens. Il assure (p. 394) que, déjà, la Constituante et la Législative avaient aboli, sans indemnité, « tous les droits féodaux » ; il ne sait pas que c'est la Convention qui consomma cette abolition par le décret du 17 juillet 1793. Puis il énumère, au hasard et sans méthode, des actes de confiscation, des taxes révolutionnaires. Il note (p. 395) que la municipalité de Strasbourg déchaussa tous les habitants, mais il ne dit pas que c'était au profit des soldats qui se battaient, nu-pieds, contre les Autrichiens. Il répète (p. 397) que l'État avait mis la main « sur les trois cinquièmes des biens fonciers de France * », et invente une statistique approximative d'après laquelle « plus de i 200 000 individus ont pâti dans leurs personnes; plusieurs millions, tous ceux qui possèdent quelque chose, grands ou petits, ont pâti dans leurs biens ».
Voilà « les quatre procédés d'abatage ». Comme les
i. Voir plus haut, p. 291.
plus opprimés sont, d'après lui, les notables, il se livre (pp. 398 à 406), à des considérations, que rien ne faisait prévoir, sur l'état-major social en 1789. Il distingue « 3 000 oisifs de l'aristocratie frivole », dont il rappelle Télégance physique et morale, la sensibilité, la philanthropie; puis, à côté de ces 3 000, 3 000 autres qui ont servi le roi et qui ont Texpérience des affaires (il va sans dire que ces chiffres sont imaginés). Dans ces 3 000, il signale (p. 403) « quelques centaines d'hommes compétents, presque tous spéciaux », en qui, selon lui (et qu'en sait il?) résidait presque toute la capacité, rinformation, le bon sens politique de la France », si bien que, « hors de leurs tètes, dans les 26 000 000 d'autres cerveaux, on ne trouvait guère que des formules dangereuses ou vides ». Ainsi Cambon, appliqué, mais intrus, ne faisait que des bévues, comme le prouvent, selon Taine (p. 405), les Mémoires de Gaudin, où Cambon est accusé d'avoir, en une circonstance, confondu les fermiers généraux avec les receveurs généraux*. Si Cambon et Carnot font quelque chose de bien, Taine assure que c'est parce qu'ils gardent tout ce qu'ils peuvent du personnel de l'ancien régime.
Cette élite compétente, elle était fournie par trois classes : la noblesse, le clergé, la bourgeoisie; et voilà Taine qui recommence une partie de son livre de r Ancien Régime en forme d'apologie de ces trois classes.
1° Éloge de la noblesse (pp. 407 à 409), surtout de la noblesse de province qu'il assure se composer de 30 000 gentilshommes et de 26 000 familles : ces nobles
t. L'anecdote est fort suspecte. Voir les Mémoires de Gaudin, t. l, p. 17, et lire ensuite le texte des décrets des 14 frimaire, 21 pluviôse, 16 floréal an II, dans les journaux, puis dans le procès-verbal.
entretiennent Tesprit militaire au service de la monarchie et de la France. « J'ai lu, dit-il, quantité d'états de services de gentilshommes assassinés, guillotinés ou émigrés. » Et, comme exemple de ces lectures (qu'il n'a sans doute faites qu'en imagination), il cite : 1° une lettre de M. G. Symon de Carneville, du 11 mars 1881, sur les familles de Carneville et de Montmorin Saint-Hérem en 1789; 2° un passage des Mémoires du prince de Ligne, où ce prince dit qu'il fut soldat fort jeune; 3® un passage des Mémoires du maréchal de Saxe, où ce maréchal dit la même chose. Mince et insignifiante documentation.
2° Éloge du clergé (pp. 410 à 416), surtout du « bas et moyen clergé ». Il assure que « plus de 65 000 ecclésiastiques faisaient un corps sain, bien constitué, et qui remplissait dignement son emploi ». Et il dit que son jugement, qui coïncide avec celui de M. de Tocqueville, est « fondé sur l'étude des textes ». Quels textes? Il serait bien embarrassé d'en donner la bibliographie. Il croit avoir fait une des recherches méthodiques et s'imagine savoir d'original qu'il y avait alors un recrutement du clergé meilleur qu'aujourd'hui, que les curés, à peu près inamovibles en fait, étaient plus indépendants, que le catholicisme répondait bien au tempérament des Français, et (p. 159) que « dans ce clergé la noblesse du caractère répondait à la noblesse de la profession ».
3° Éloge de la bourgeoisie (pp. 416 à 422). Taine sait d'instinct qu'elle comptait « environ 100 000 familles ». Beaucoup de ces bourgeois étaient pourvus de charges, mais ce n'étaient point ces fonctionnaires serviles et nomades d'aujourd'hui : ils avaient acheté leur office et demeuraient. Et oubliant tout le mal qu'il avait dit,
à propos des premiers événements de la Révolution, de la bourgeoisie révolutionnaire, voilà Taine qui admire (p. 421) « tous ces honnêtes gens qui, depuis juillet 1789, jusqu'à la fin de 1791, avaient administré avec désintéressement, application et zèle, parmi tant de difficultés, de périls et de dégoûts ».
A cet éloge des « notables », succède (pp. 422 à 428) un éloge des « demi-notables ». Auriez-vous pensé qu'on pût faire une statistique des demi-notables? Elle est toute faite dans la tète de Taine : ce sont « peut-être 150000 familles », fermiers aisés, ouvriers patrons, etc., possédant quelque chose. Il croit que, dans Tancien régime, ces demi-notables étaient respectés, utilisés. Il loue (pp. 424 à 425) « cette vieille société », où, si on excepte la cour, le triage des capacités se faisait bien, et où « le suffrage universel n'excluait pas du pouvoir les hommes nés, élevés et qualifiés pour l'exercer ». Suit un éloge des familles (p. 426) « enracinées sur place », « la futaie de la forêt française ». Et cette belle métaphore s'achève ainsi (p. 428) : « Par un double attentat, par un méfait contre chaque tige humaine et par un méfait contre la forêt française, c'est toute cette futaie que les bûcherons jacobins viennent abattre. Leur principe aboutit à ce précepte, qu'il ne faut pas laisser debout un seul tronc de choix et de prix, pas un seul arbre notable, depuis le grand chêne jusqu'au plus mince baliveau. »
Ce nivellement, Taine essaie de montrer (pp. 428 à 438) qu'il se fait selon un principe de socialisme égalitaire, et il trouve (juelques anecdotes où il croit voir que. « selon les maximes jacobines, toute supériorité de condition, tout avantage public ou privé dont un citoyen jouit, et dont d'autres citoyens ne jouissent
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pas, est illégitime ». En réalité, c'est pour la défense nationale que la Convention fît contribuer les riches jusqu'à une sorte de nivellement provisoire et de fait. Quelques individus, quelques groupes profitèrent de l'occasion pour formuler ou appliquer les maximes d'un nivellement systématique.
Après avoir montré, par des généralisations fantaisistes, que quiconque avait un bon habit sur le dos se voyait traité en aristocrate (et il oublie que Robespierre, qui avait un excellent habit sur le dos et qui se mettait avec soin, était l'homme le plus populaire de ce temps-là), Taine assure que les demi-notables, gens du peuple propres et à leur aise, furent les plus persecutés : la jalousie des sans culottes était sans pitié pour des voisins placés immédiatement au-dessus d'eux.
Et il recommence à parler, hors de propos (p. 435), des arrestations, guillotinades, proscriptions, allant jusqu'à rendre les « Jacobins » responsables de l'émigration de 50 000 Alsaciens en 1793.
Les demi-notables, « étant des hommes rangés et réguliers de mœurs, ayant prospéré ou s'étant maintenus sous l'ordre ancien, ont naturellement du respect pour les institutions de l'ancien régime; ils gardent involontairement un fond de vénération pour le roi et surtout pour la religion ; ils sont catholiques pratiquants ». « A tous ces titres, dit Taine (p. 438), ils ont pour ennemis personnels les chenapans en place, et, pour tous ces motifs, on les abat. » Les Jacobins sévissent âpremént contre cette <* aristocratie subalterne ».
Ils sévissent aussi contre les notables proprement dits, bourgeois riches, gros marchands. Comme exemple
des plus odieux de ces sévices, Taine cite (p. 440) l'arrêté du représentant Milhaud qui, en ventôse an II, imposa une contribution patriotique de 400 000 livres aux citoyens les plus riches de Narbonne, parce qu'ils ne s'étaient pas joints aux autres citoyens et citoyennes de cette ville, requis pour le déchargement et le transport des fourrages. II fait croire qu'on voulait forcer, bêtement et par jalousie, les gens riches à travailler de leurs mains, et laisse ignorer au lecteur que ces fourrages à décharger et à transporter étaient destinés à l'armée des Pyrénées orientales, qui en avait un besoin urgent, et qu'il s'agissait, en réalité, d'une mesure de défense nationale.
Selon Taine, ce ne sont pas seulement les riches que l'on traque, mais quiconque est eultivé, et il répète (p. 452) l'anecdote sur Fourcroy forcé de déclarer qu'il était pauvre *. Il reparle de Carrier. Il allègue Babeuf (p. 455) alors sans influence. 11 esquisse un tableau du renversement social : les honnêtes gens piétines, les brigands au pouvoir. Ne sachant plus que dire, il revient (p. 457) sur l'affaire du Comité révolutionnaire du Bonnet-Rouge (qu'il appelle maintenant de la Croix- Rouge). 11 gémit (pp. 457 et 458) sur le sort de Louis XVII, avec une tendresse qu'on ne trouve pas aussi émue chez les pamphlétaires royalistes. C'est « l'enfant innocent et précieux.... d'une précocité rare, aussi intelligent que bon, d'une figure douce et charmante ». Et Taine reproduit sans contrôle la légende du cordonnier Simon, « qui l'enivre de force, qui Taffame, qui l'empêche de dormir, qui le roue de coups ».
Il rappelle aussi (p. 459) Lavoisier guillotiné et le