‹ TalentiersChapitre 8 sur 16 · CA · texte numérisé non relu

CA

BALLADK VISANT LKS 1 AISEl'HS DE GOSSES AUX ÉTOILIvS (Ph:iNTHi:S l)H l'aME), CES FLEUHS BLANCHES DE LAKT IMCTUHAL

De Montmartre à Ménilmontant,

De rOdéoii jusqu'à Charoniie,

Ils étalent des culbutants

A faire rougir Max Lisbonne,

Venus d'Aix ou de Carcassonne,

Ils vous menacent de leurs toiles

Et vous pétrifient, ô Gorgone !

— Ils vont faire a: un gosse » aux étoiles î

Kariste a le geste irritant,

Séon peint un vers de Suétone,

Sarluys peint son àme d'enfant,

Mais, chez tous, le o. Lys pur >-> s'étonne

De pâlir, sous un ciel d'automne

Sevré de sèves mais pucel

Comme un professeur de Sorbonne :

— Ils vont faire c un gosse » aux étoiles !

Ils vont, conspuant les Titans :

Pu«^et, ce Milon de C.rotone, Les Marbres sur l'Altis, chantant c( Manet et Monet, badigeonnent, (( Delacroix, ce pleutre, détonne ce Avec ses tons vierges de voiles ; (( Cherchez des douleurs d'Anémones (( Et faites « un gosse )> aux étoiles !...

ENVOI

VULCAIN, prince du Fer, tisonne !

Verse en leurs anémiques moelles Un peu d'airain réconfortant ?

Ils vont faire « un gosse » aux étoiles

Henry de Régnier

{Un tout petit enfant x'en allait à Vrcole) Dksbordks Valmohk.

BALLADE TOUCHANT LKS MKHCl'RLALKS D APRÈS LES VACANCES ; ET Dr-FILÉ EN l'iIONNEUH DU

noN POÈTi-: iiENRr di: Rr:(;Nn:R (1).

Voici venir les Svmbolistes, Les Romans et les Rigolos, Les littérateurs anarchistes, Et les produits de Saint-Malo.

Encor, voici Fra Diavolo Qui dit de lui: te Je suis Homère, (c Et le reste est méli-mélo ))

— Régnier, arbore ton œillère !

Voici : GrifTin le Symphoniste, Qui parlotte comme un Roileau ; Un Pilon à gueule de kyste ; Dauphin, meunier de Landerneau, Qui proplîétise du naseau.

Voici tous les petits pubères Qui suivent Retté-Hoit-d '-TEau.

— Régnier, arbore ton œillère !

(l) Cette ballailo fut f:iite longtemps tivant lo décoration de Henri de Ivoguitr. Klle ninllua en rien., je p.-nse, sur l'empreinte de la boutonnière. R. L.

~ Of) —

Enfin, voici les I^elf^es tristes, Les Suisses, les ^ens de Hreslau Les juifs polonais utopistes ; Les spirites à grand cliapeau ; Les victimes de Max Xordau; Tous les Jésus à mœurs légères, Précédés de leurs gigolos ; — Régnier, arbore ton œillère î

ENVOI

Muse, que d'aucun, sur ta liste, Ne se puisse voir sans colère,..

Un poète pourtant existe :

Régnier! — arbore ton œillère!

Stéphane Mallarmé — II. dk Régnikr — Francis Vielle Grii fin — Un .Ieim-; dk heaicoi p d'avk-

MH — Tai;!, FoHT — SAINT-(ii;oRGESDE HoLHKLIER.

Diî MoNTEsyLi-'U Fezi:nsac

BALLADE CAHMINALE HT QL'ASI ARGOTIQUE POUR CROMPER MASORBONNE i:r MON EADE DE CATLE DES ENFAQUÈS DU XOZIQUE QUE JE SUIS.

Bizoques, sonneurs de Pantin

Dont la Sorbonne est pour rabl)esse,

Largue sans dal) et sans turbin,

Musqués dont la piole est aux fesses,

Mislocquiens du viocquc en détresse

Dès qu'on paturonne le pré

Faut morfiler de la sagesse :

— Ariel ne puis, Calibaii daigne à Barrés vais.

Bouche les trous des turlupins,

Des clarinettes, des gonzesses î

Des tantes^ larbins ou lapins,

(Ça schlingue encor (rUlin à Goncsse)

Tous les sangliers ont des nièces.

Qui (lisent pour eux leur A\E

Comme TOdéon a des pièces :

— Ariel ne puis, Caliban daigne, à Turi vais

11 ratiboise le butin,

Nous coque la talTe en caresse;

Mot-Mauve a le girond surin,

Hobert goupine dans Lucrèce

Et se peausse de sa noblesse.

Pour nous ilûter ses virelais

Doux aux ententes des princesses :

— Ariel ne puis. Caliban daigne, à Verlain' vais.

Envoi

Meg, dab céleste, je confesse

Georges Bec pour Tinterwiewer

Monocle esbigue politesse.

Toute canne se peut lever

--Ariel ne puis, Caliban daigne, àRegnier vais.

Bizoques. école qui soutenait l'inutilité def^ riches. — Pantin, Paris. — Sorbonne, tête. — L'abbesse, guillotine. — Largue, femme. — Dab, ami, protecteur. — Piole, maison u trésor. — Misloquiens, comédiens. — Viocque, vie. — Pâturons, pieds. — Morfiler, manger. — Sangliers, curés — Coque, donne. — Turlupin; école qui voulait que les placée soient aux hommes de mérite. — Ententes, oreilles. — Meg, dieu. . .

BALLADE POUR EXIIUMEH DEMALN LKS AVANTAGES \m SLXGE ET DU CHAMIsAU

Pousse du ventre. Poussaillon !

Mets des breloques à ta chaîne, Mieux vaut ça qu'être Pailleron Ou qu'aller voter à Suresne, C'est demain que Rostand dégaine A la manière de Prado :

Mendès dressera la semaine, Le singe qu'il a dans le dos.

Chantera, Mie, ô gué ! en rond !

James au luth dit ses fredaines Croyant faire un Dccamcron ; Mais ficelle ici n'est que laine ; Quand nous reviendrez-vous, Verlaine !

De vos lointains Eklorados Pour tirer graisse des douzaines De singes qu7/6' ont dans le dos.

Parole vive et geste prompt, ])ergerac était capitaine, Et non le grotesque citron Jutant pour d'autres ses neuvaines, Tout comme un vil bailli du Maine Qui va jargonnant les credos.

Que Rostand sort de la bedaine Du singe, qu'il a dans le dos.

ENVOI

Va-t-endire à dame ma Reine Qu'en scène ira Quasimodo :

Mendès exhibera sans chaîne Le singe qu'il a dans le dos !

Pierre Loti

A la nouvelle de ma réception à lAcadémic française, avec mon frère ]'ves. Je pris une chaloupe et mes mains jelèrenl à la mer pleine les félicilalions lélécjraphiques.

... Celait si joli a voir, ces petits papiers qui comme des papillons bleus voltigeaient sur la crête des vagues que mon frère Yves, qui comme moi. n'a jamais tu d'autres livres que les miens en était tout charmé. {Discours à peu près académique] de P. Loti.

BALLADK EX FAVEIH 1)K CKIA I QV ON NE RACCROCHE PLUS MAIS QU'aMAIU^K IA DESTINÉE.

Jésus, par Pierre renié,

A fait naître Renan-la-Blague ;

Louis, en Bavière noyé.

Pour Wagner exhumait des dragues

Platon, que Peladan élague.

Baise Socrate, ce sage ivre.

Que Huysmans, là-bas, aime vague...

La chair est triste, hélas! et j'ai lu tous mes livres

Mais Loti, la fleur d'amitié,

A vo^ué vers des Copenhague

VA des îlots où l'on a pied :

a O vous, mes compagnes les vagues,

J'ai jeté dans la mer mes bagues

Avec des gestes variés

Qui voudraient ne pas se survivre...

0 mon frère Yves qui divague !

— (( Ta chair est triste, hélas et j'ai lu tous tes livres

Jamais, ne fus-je initié

— Et j'en prends à témoin Mesdag' — Aux mots durs des licenciés Je fus un fervent de la dague.

Et le Ty.balt en vain me blague...

Je suis un enfant qu'on enivre.

Et, quand le pâle ennui me nargue.

Ma chair est triste hélas ! et je relis mes livres.

ENVOI

0 Carmen! vieux carton de Prague,

Je suis une fleur sur le gîvre...

Mon frère Yve est à Copenhague

Ma chair est triste, hélas! et j'ai lu tous mes livres

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