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(4^ T. II, 329 et s. lui consacre une historiette où (p. 333 et s») û raconte les incidents de son séjour à Home,
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Thermes de l'empereur Antonin. Ils se divertirent à contempler, du balcon d'une maison, à la porte del Populo, l'entrée solennelle du prince d'Exemberg, ambassadeur d'obédience de S. M. le roi de Hongrie^ Le peuple suivait à la trace ce personnage et son cortège, espérant recueillir les plaques d'argent dont leurs chevaux étaient ferrés.
Bientôt d'ailleurs tous les Français de la ville se réunirent de nouveau à la porte del Populo, pour y recevoir l'ambassadeur extraordinaire que Louis XIII envoyait au pape Urbain VIII pour lui annoncer la naissance de Louis XIV. A leur groupe enthousiaste, s'était joint un homme entre tous illustre par son génie d'écrivain et par son renom de galanterie, le poète Vincent Voiture. Il revenait de Florence où le roi l'avait délégué pour une mission analogue d'annonciateur du grand événement. Des Réaux qui admirait fervemment l'auteur de tant de rondeaux adorables, de stances légères, de lettres considérées c omme des modèles de style épistolaire, fut heureux que ces conjonctures imprévues le rapprochassent de lui. Mais il ne put autant qu'il l'eût souhaité entretenir le petit homme frétillant. Le climat romain fatiguait Voiture. Aux heures où il se sentait dispos, le poète, en compagnie de Lionne, fréquentait le tripot de Le Rouvray et y perdait les gratifications que lui avait offertes Ferdinand II de Toscane. 11 quittait d'ailleurs bientôt l'Italie, désireux de retrouver l'atmosphère, indispensable à* sa vie, de l'Hôtel de Rambouillet (i)*
(1) Nous avons raconté, dans notre Voiture et les années de gloire de V Hôtel de Ramlfouillet, i9t2 p. iTO et s., le séjour de Voiture à Rome. Il n'est pas douteux que Des Réaux rencontra.
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Cependant le maréchal d'Estrées décidait de fêter avec magnificence la naissance du dauphin. Le âl no* vembre 1638, à la tète de somptueuses carrossées et cavalcades de prélats et de seigneurs, il se rendait à Téglise Saint-Louis, ornée de riches tapisseries. Cardinaux et évèques dévoués à la France officiaient et chantaient le Te Deum. De ses deniers, il distribuait trente-huit dots à autant de pauvres filles de France, Savoie et Lorraine. Il conviait les dames romaines à des festins, faisait, sur les places publiques, organiser courses et jeux, tirer des feux d'artifice. Durant trois jours, aux deux ailes de son palais, des dauphins de marbre laissaient couler de leur gueule le vin clairet dont se désaltérait le peuple.
Enfin, il donnait à la cour papale et à la société romaine le régal d'un opéra italien : La Sineerita trionfantey overo VErculeo ardire favola boscarecciay monté avec un luxe prodigieux de décors. Ottavio Castelli da Spoleti en avait conçu le sujet, Angelo Cecelini, compositeur du duc de Bracciano, la musique.
Des Réaux émerveillé assista à cette représentation si différente pour lui de celles que lui offraient les théâtres parisiens. Le poème mélangeait l'allégorie à l'histoire. L'amour d'Hercule pour Galatée, altière fille d'un roi celtique, formait le thème principal sur lequel se greffaient des allusions à la naissance du dauphin et à la gloire de la France.
Des musiques légères ravissaient les oreilles,
dans cette ville, pour la première fois, le poète à qui il devait consacrer une si curieuse historiette et vouer, nous le verrons dans la suite, un durable attachement. Voiture quitta Rome au début de novembre 1638, comme le précisent deux lettres de Fontenay-Bouchard et Mazarin [A. E. Rome, t. LXXIV, pp. 168 et 201).
178 LA JOYEtTSFE JETOESSiT M TALLEMANT 0ES BEAUX
aceompagnant les voealises àe^ cantatrices travesties eft nymphes aux taûique§ transparente^. En intermèdes, de^ ballets étaient danses par de souples comédiens, revêtus de costumes à Cantique ei qui réglaient avec art lenrs mouvements. Des moehine» faisaient apparaître, sous les voûtes de la scène, dans des nuées artîflôielles, les chars des dieux ou voltiger à travers Tatmasphère les génies des eaux et des forêts.
Mais ce qui divertit le plus Des Réanx habitué à voir toute une action tragique ou comique se dérouler dans un cadre immuable, ce fot le changement continuel du décor. Il semblait que celffi-<n suivit de sa mouvante métamorphose le jeu diversifié des acteurs. La scène, tout d'abord, présenta Faspect d'une forêt printanière, toute souriante de fleurs: et de verdures ; elle se transforma ensuite en un cirque de rochers d'ot coulèrent, formant un lac aux eaux bleues, des cascatelles nombreuses ; de nouveau elle offrit l'image d'une forêt où s'ouvrit une clairière 'illuminée par le soleil; puis le décor s'assombrît, devint l'antre d'un dieu souterrain r On eut ensuite la vision des régions infernales : dans un effrayant chaos de rochers, au milieu de lueurs rougeàtres d'incendie, les démons, sous des formes monstrueuses de dragons, de serpents, de chèvrespieds, d'êtres hybrides, têtes de chiens et queues de lézards, soufflant leur haleine de feu, dansèrent un ballet aérien. A ces lugubres figurations se substituèrent bientôt des tableaux gracieux de l'antique Hellade. Sur des fonds élégants d'architectures à colonnes, ornés de statues, dans des jardins plantés de cyprès, des fontaines superposèrent leurs va&qaea
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LA J0YJSI7SB JfiimESfiE DE TkUM3UCfiT DES »ÈkJSX il9
■de marbre. Le temple de MiaerYd, ouvert sur ms galeries à piliers, apparut, situé da^B ê»& parcs be«* r«us ^à se promeeèrent la Siocéftilé et TilQnaaur. &ifin les Fraïaçais saluèreat de leurs appLaudisfie^ m^ni$ làue merveilleuse recoastitiitiou du ^ooeuir de Paris, de ce Pomt Nieuf coaimaodé pa<r sa statue ^qjuestre, êé^miiàé par les palais ^t les églises «t y«rs leqiiel coovergeaiit l^oute la vie de la ciié. Il surgU 4!ôs porofonde^r^ de la iscènie, liel q<i'il devait èt^^e e» ces jours de liesses piubliques, aviee âon ramas de i>adiL«ids, ses tr^âteau:!: de bal^eleurs, mm immense :^onieowrs de véhiCfUikes, da^s Tapothéos^ des ùm% d'artiiice (4).
Des ftéaux devait .ç<^nseryer le souvreiuir de ces fêtas romaines. Blea des aoflbfes apriès, examiiuant le p^iSsé, il récrivait métaucoUqiUiemieot : < Je me div«r^ tis biw (en Italie... G'esit belle fçbo^ que jeiunesse. ji
U» jour cependant qu'il jouait au balloi^, selon sa icoutoiae^ avec le cardinal de Retx et ToussaiiM; Rose, plus jUurd présideiM; au ParleoaedoA, il faillit, par Tar^ roganee de Tabbé ée B^tz» t&tor du b&tou. J^e priiiee d'Exemberg, ambassadeur de l'Empereur, leur leavoya dir^^ par ua messager, de q»Âtter la plaice sur r heure* Son Excellence désiraii. s'y déldaster des jtra*'. Vj»m( de eabiuet. ]>emutt eeitte insioleiice, l'a^bbé, peu eoieUa A la soiuplôsse^ ^regimba. Il répondit qu'on ^teriait tout de lui p^r icivilitéy ïukais qu'il ne reicc'
<l) Ottavio €aste)li dédia au cardinal de Richelieu La Sincerii# if^tk»f<mte, p^tiée en m9, s^iis J^ fprrixMtt in^°. Il fti fia-rvenir à rEminentissime un exeiqplaire de cet ouvrage rné de sept aquarelles représentant les déeors de Topera. Ce rolmue est eon&ervé,à la JBIl)Uo;tbàque de r Arsenal. Sw des jCètes 4on»é(^ par le maréchal d'Estrées, le 21 novembre 1638,, W. Gazette de Ftcmùt de i»S9y p. 7&8.
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vait d'ordre d'aucun autre ambassadeur que de celui du roi son maître.
Le prince alors, par le doyen de ses estafiers, renouvela l'ordre de sortir du jeu. Retz et ses compagnons se préparèrent à la bataille. Us étaient décidés à ne céder que devant la force. Ils montraient grande audace en face de cet Allemand qu'accompa gnaient toujours dans Rome cent mousquetaires à eheval. Le prince heureusement méprisa leur bravade et ne poussa point l'affaire.
Cette aventure fit grand bruit dans la ville. Mazarin comprit dès lors que l'abbé de Retz se signalerait au monde par autre chose que par sa piété. Lorsque le jeune homme prêcha dans l'église Sainte-Cécile, toute la société romaine s'empressa d'accourir pour entendre cet étrange personnage qui unissait l'éloquence à la bravoure. Conquérir par cette éloquence les âmes italiennes fut la dernière prouesse de l'abbé. Peu après, il prenait à part les Tallemant, feignait d'avoir reçu d'un homme venu secrètement dans la ville un avis qui l'obligeait à rentrer immédiatement en France.
Les Tallemant comprirent qu'il manquait de nouveau d'argent et n'en voulait plus emprunter. Us avaient quitté Paris depuis bientôt dix mois ; ils ne se souciaient pas de prolonger davantage leur absence. A la Noël, ils quittèrent Rome. U est probable qu'ils ne s'attardèrent point en route.
A Lyon, Des Réaux logea de nouveau,, avec ses frères, chez le commissaire de l'artillerie et retrouva son amour en en revoyant l'objet. Les voyages forment la jeunesse. U avait pris de l'audace et l'heure d'entreprendre était venue. Après avoir avec douceur
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caressé la jeune ûUe/romanesquement il lui proposa de l'aller rejoindre, dans sa chambre, à l'aide d'une échelle de corde. Ainsi les héros de Francion arri- Vaient-ils à leurs uns délicieuses. Il faisait miroiter k ses yeux toute une vie de délices, car, plus tard, pour perpétuer leur félicité secrète, il Tirait retrouver à la campagne où elle passait les mois d'été.
Elle hésitait, troublée, rougissante; mais à la fin la crainte l'emporta sur la passion :
— Il y a trop de péril à cela, dit-elle.
Des Réaux, dès lors, comprit que l'aventure était terminée. Il s'en alla le cœur plein de regrets, non sans espoir encore, pensant que les lettres triomphe* raient de cette timidité naturelle (1).
(1) T. VI, 337. Sur les épisodes du voyage d'Italie, V. Retz : I, 24 et s.; Tallemant des Réaux : IV, 26; V, 192 et s. ; Vf, 337 ; VII, 327, 443; Gazette de France de 1639, p. 29.
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