T. VI, 305 ; VII
LA JOYEUSE JEUNESSE DE TALLÇIUKJP DES WÉÂÎhC ; ÎOI
Elle ne parvenait pas à créer un terrain d'entente entre le sens pratique de ses beaux enfants et les tendances au chimérique de ses enfants.
Boisneau méprisait visiblement la race abâtardie du second lit, ces intellectuels toujours penchés sur des grimoires et qui ne trouvaient de vigueur que pour lire et bavarder. Des Réaux surtout l'exaspérait. Il ne comprenait pas que Ton pût se régaler des billevesées de rAmadU au point d'en devenir fou comme positivement le jeune garçon le devenait. Par raillerie il l'appelait Le Chevalier. II le voyait très bien le chefcouvert d'acier et de plumes, revêtu de défroques ridicules, la main armée d'une lance en carton et pourfendant des moulins à vent. Pourtant, il ne dédaignait pas tout à fait les poètes si la poésie lui apparaissait comme une occupation dérisoire ; mais parmi ceux-ci, il faisait un choix et son inclination le portait davantage vers les poètes de cabaret que vers les poètes de ruelle. Il s'était lié on ne savait où ni comment avec le bon goinfre Saint-Amant, peutêtre parce qu'il était huguenot. Ensemble ils faisaient la débauche avec toute l'escouade de biberons et de libertins qui écumaient les délices de Paris. Souventes fois Des Réaux, quand il était à la maison familiale, voyait surgir les deux compères. Ils s'en allaient cuver de concert dans la chambre de son frère aîné, le vin qu'ils avaient « caqueté » à la Pomme de Pin ctleur double ronflement d'hommes gras aux humeurs lourdes emplissait toute la demeure (1).
Boisneau ne se dérobait point cependant à des plaisirs plus modestes. Il se joignait volontiers à ses