I. AUIJE IMPÉRIALE
la multiplicité de ses accointances découvertes on cachées avec les gens âe presse, de finances ou d'affaires, mettaient entre ses mains millo moyens d'influence ou d'action discrète. Homme de cour autant qu'homme politique, ce dualisme lui était d'une force singulière auprès de Bonaparte élaborant, d'ores et déjà, l'armature de sa souveraineté prochaine. Il avait pu dévier de la grande tradition aristocratique par les chemins de traverse de la Révolution; il n'avait pas rompu, quant aux formes, avec le grand monde, dont il aima et ne cessa pas de pratiquer les manières ou les tournures d'esprit, lors même qu'il n'en partageait point les passions. Partisan du ralliement de l'aristocratie, qui couvrait le sien et le remettait en bonne compagnie, il était l'intermédiaire par excellence pour aider la noblesse à se rapprocher des Tuileries. C'était un point auquel Bonaparte attachait iuQnement de prix (1). Il s'y intéressait jusqu'à lui demander la liste des personnes reçues chez lui, les noms détaillés de ceux et de celles qui fréquentaient ses salons, assistaient à ses fêtes du soir, pour qu'elles fussent invitées à prendre aussi le chemin de la maison consulaire (:2). Trop voisine encore
il) On lui entendra dire : « Je voudrais que la noblesse habitât seule ma cour; car, elle la rendrait ay,réable. Des sabreurs ne sont bons que sur un champ de bataille. » Et il ajoutait, ce qui était moins flatteur pour les grandes familles : « La servilité dans les anciennes familles est un effet de l'habitude; on est courtisan, de père en fils, et le métier s'apprend en suivant le lait de la nourrice. »