‹ Talma et la révolutionChapitre 23 sur 43 · ORDONNANCES ET DÉCRETS CONCERNANT LES THÉÂTRES · texte numérisé non relu

ORDONNANCES ET DÉCRETS CONCERNANT LES THÉÂTRES

Les autorités défendirent bientôt de prononcer, dans une pièce ancienne ou moderne, les noms de duc, marquis, comte, etc. Il fallait dire : citoyen. Ce changement violait la rime ou rompait la mesure du vers; mais cela était la moindre de leurs préoccupations. Les Romains portaient des cocardes tricolores ; Gohier se chargea de mettre Voltaire au pas, et refit le dénouement de la Mort de César. En effet, comment des oreilles de sansculotte auraient-elles pu supporter le discours contrerévolutionnaire dece modéré d'Antoine î Mole jouant en scène aux échecs était forcé de dire : Échec au tyran.

M. Georges d'Heylli, dans son intéressante étude sur la Comédie- Française pendant le Siège et la Commune (Journal le Correspondant, 10 février 1885), nous cite des faits que nos ancêtres sans-culottes n'auraient certes pas désavoués. Ainsi Verteuil,

le secrétaire de la Comédie, entendit fort bien en 1871 un colonel de la Commune, qui venait d'assister avec une dame à une représentation des Femmes savantes, dire à cette dame, au sortir du spectacle, ces paroles qui caractérisent littérairement toute la Commune : « Eh ! bien, voilà donc » ce que c'était que cette littérature corrompue » de l'Empire ! pas même amusante... »

Reproduisons ce décret de la Convention Nationale, décret absolument authentique, dont nous avons même un exemplaire en notre possession : n° 1318.

Décret de la Convention Nationale du 2 août 1793, l'an second de la République Française,

Relatif à la représentation des pièces de théâtres.

La Convention décrète :

Page 1