ORDONNANCES ET DÉCRETS CONCERNANT LES THÉÂTRES
Les autorités défendirent bientôt de prononcer, dans une pièce ancienne ou moderne, les noms de duc, marquis, comte, etc. Il fallait dire : citoyen. Ce changement violait la rime ou rompait la mesure du vers; mais cela était la moindre de leurs préoccupations. Les Romains portaient des cocardes tricolores ; Gohier se chargea de mettre Voltaire au pas, et refit le dénouement de la Mort de César. En effet, comment des oreilles de sansculotte auraient-elles pu supporter le discours contrerévolutionnaire dece modéré d'Antoine î Mole jouant en scène aux échecs était forcé de dire : Échec au tyran.
M. Georges d'Heylli, dans son intéressante étude sur la Comédie- Française pendant le Siège et la Commune (Journal le Correspondant, 10 février 1885), nous cite des faits que nos ancêtres sans-culottes n'auraient certes pas désavoués. Ainsi Verteuil,
le secrétaire de la Comédie, entendit fort bien en 1871 un colonel de la Commune, qui venait d'assister avec une dame à une représentation des Femmes savantes, dire à cette dame, au sortir du spectacle, ces paroles qui caractérisent littérairement toute la Commune : « Eh ! bien, voilà donc » ce que c'était que cette littérature corrompue » de l'Empire ! pas même amusante... »
Reproduisons ce décret de la Convention Nationale, décret absolument authentique, dont nous avons même un exemplaire en notre possession : n° 1318.
Décret de la Convention Nationale du 2 août 1793, l'an second de la République Française,
Relatif à la représentation des pièces de théâtres.
La Convention décrète :