‹ Talma et la révolutionChapitre 7 sur 43 · TEMPÊTE AU SEIN DE LA COMÉDIE · texte numérisé non relu

TEMPÊTE AU SEIN DE LA COMÉDIE

Suivant la version des comédiens, au mois d'avril 1790 « le sieur Talma fit composer par » M. Chénier un compliment tout à fait étran- » ger a l'objet proposé et contraire au vœu de ses » camarades. Sûr de leur improbation, il ne le leur » communiqua point, mais le porta, avant tout, » a M. le Maire, qui manifesta sa surprise de la » hardiesse avec laquelle les comédiens s'immis- » çaient dans des choses qui étaient étrangères au » théâtre, et qui, cependant, croyant que ce dis- » cours était approuvé parla Comédie, répondit : » Je n empêche. »

Alors, toujours suivant la version des comédiens, ceux-ci rejetèrent le discours de Talma, et chargèrent Naudet d'en composer un, qui, soumis a l'examen du Maire, le 12 avril, fut approuvé.

tLe jour de l'ouverture, continuent-ils dans ur exposé, et avant le lever dû rideau, il

» tomba du cintre et des troisièmes loges une nuée » d'imprimés; c'était le discours composé par » M. Chénier, en tête duquel se trouvait une note, » portant entre autres choses : Les comédiens » n'ont pas voulu permettre au sieur Talma de » prononcer ce qu'on va lire. On leur a rendu les » droits de citoyens, et ils craignent de parler en » citoyens. Quelques personnes delaComédie-Fran- » çaise sont tourmentées de vapeurs aristocra- » tiques,

Page 1