SCÈNE III
TAMARA, JACQUELINE, GUILLAUME, FRANTZ, LA PRINCESSE, aasise, MICHEL.
LA PRINCESSE^ à Frantz, lui tendant la main.
Eh bien !.. Il parait que vous me dévalisez.
FRANTZ, loi montrant deux lianes épineuses.
Oh ! une vraie trouvaille, princesse, pour vos jardinières,
LA PRINCESSE
Fi! les horreurs !.. je vous en fais cadeau.
FRANTZ, étonné.
Ah!., vraiment?..
LA PRINCESSE
Le voilà ravit.. Bonjour, cher monsieur de Ghandor.
GUILLAUME
Princesse, moi je vous apporte mon tribut de l'Ombrée.
LA PEIHCSSSS.
Oh! des myosotis, merd.
JACQUELINE, à Frantx *.
Vous, on VOUS refuse, c'est bien faitl.. Gela vous apprendra à vouloir faire le galant.
TAMARA, souriant.
Désiriez-vous qu'il vous offrît ce joli bouquet*
JACQUELINE
Hé !.. si cela ne piquait pas... je le prendrais bien tout de même. Mais c'eût été du moins une attention.
FRANTZ
Le voulez-vous?
JACQUELINE
Non, il est trop tard.
GUILLAUME
Parfait!.. Ils ne sont point arrivés et voici déjà qu'ils se querellent.
JACQUELINE
On fait ce qu'on peut.
LA PRINCESSE, à Frantx **.
£h! bien, notre docteur, vous partez demain, dit-on ?
FRANTZ
Princesse, mon congé est expiré.
JACQUELINE, aveo aplomb.
Bah; il n'est pas encore parti*
GUILLAUME
Tu arranges cela dans ta folle tête.
JACQUELINE
Dans cette folle tête, monsieur mon frère, je sais quelques pensées sages.
GUILLAUME, riant.
Combien?...
JACQUELINE
Il su£&t d'une bien arrêtée... avec une volonté de fille.
FRANTZ
Mais, mademoiselle, une volonté de fille, fût-ce la vôtre ne peut empêcher mon histoire des végétaux fossiles d'être achevée.
* Jacqueline, Frantz, Tamara, Gnillanme, la princesse, Michel. ** Frantz, Jacqoeline, GaillauM, la princesse, Taman, Michel.
▲CTB DEUXIÈME 41
JACQUELINE
Ah! c'est ainsi?... En ce cas, monsieur, c'est bien, partez.
FRANTZ
Mais, mademoiselle...
JACQUELINE
Allez-vous en tout seul!.. Princesse, ne voulez-vous pas feire un tour de parc?... L'ombre a gagné les charmilles.
LA PRINCESSE
Ah ! petit tyran ! Elle est à peine entrée, voilà maintenant qu'elle veut me faire courir.
JACQUELINE
Nous allons monter la colline pour voir venir le yacht de lord Staunley.
GUILLAUME
Jacqueline, tu abuses... le sentier est trop rude pour la princesse.
LA PRINCESSE, se levant.
Bah! à la guerre comme à la guerre!.. J'en ai vu bien d'autres ! J'ai été prisonnière de Schamyl.
JACQUELINE
Ah! mon Dieu! prisonnière chez les Gircassiens? Que ▼DUS %vez dû avoir peur, princesse,
Pas trop... pas trop I... il y a trente ans de cela... J'étais jolie... On m'a traité comme il convenait.
JACQUELINE
Et vous avez vu Schamyl?..
LA PRINCESSE
Gomme je vous vois, mignonne. . . Il m'a gardée huit jours. (a Michel.) Pourquoi riez-vous, mauvais sujet?
MICHEL
Je ris, princesse, à l'idée que Schamyl ne pouvait jouer un meilleur tour au général qui le poursuivait que de lui enlever sa femme.
LA PRINCESSE, pliant sa tapisserie.
Ah! menteur, vous riez d'autre chose, j'en suis sûre!...
J*ai su, donc, les histoires qu'on a répétées dans ce tempslà. (A GniBanme riant.) Ce qul m'a le plus amuséo c'est qu'il en a encore coûté cent mille roubles au général pour me ravoir.
JACQUELINE
Cent milles roubles !... Combien cela fait-il, princesse?..
LA PRINCESSE
Quatre cent mUle francs, ma belle, ni plus ni moins.
JACQUELINE, ingénuement.
Âhl le bon mari!
" Tous lient.
Excusez-la, princesse.
LA PRINCESSE
Petite masque!... avec son museau rose, elle me raille!
JACQUELINE, d'un ton cftlin.
Princesse, souhaitez-moi un mari qui me paie ce prix-là.
LA PRINCESSE
Ei^ôleuse ! .. . allons, marchez 1
f AMARA, à Michel
Vous ne nous accompagnez pas?
MICHEL
Excusez-moi, dière Tamara, je craindrais defiiire attendre lord Staunley si je m'éloignais trop.
JACQUELINE
Tu restes aussi, Guillaume?
GUILLAUME
Je suis un peu fatigué.
LA PRINCESSE
Ne faites donc pas de façons... mon fauteuil est excellent pour dormir en notre absence. Monsieur Frantz, votre
bras, (a TamarA et à Jaeqaeline.) PaSSeZ.
JACQUELINE
Non, marchez devant qu'on vous surveille.
LA PRINCESSE, en sortant.
Hum! coquette.
JACQUELINE, prenant le kas de Tamara.
Et nous, formons l'arrière-garde !