ACTE DEUXIÈME
N'ôtes-Touspas tous deux mes plos chères amitiés.
GUILLAUME
Bien vrai?...
En doutez-TOUS? Gomment pourrais-je oublier, sans être ingrate, le bien que vous m'avez fait, en m'enseignant la vie.
GUILLAUME, riant.
Prenez garde d'y être trop savante.
Vous vous moquez. J'ai appris de vous du moins, à réagir contre ces désertions de la volonté qui livrent le faible en pâture au moindre s'^'ici. Le combat peut être rude et faire beaucoup souffrir.,, 'ais je sais maintenant qu'on peut vaincre. . . Est-ce bien di mon maître ?
GUILLAUME
Vous me faites honneur. Et... vous sentez- vous heureuse?
Heureuse?.. C'est là un bien grand mot, auquel il n'est pas toujours aisé de répondre. Pourtant, Guillaume, il y a des instants où je crois l'être... où, comme à cette heure, tout me semble amical et confiant : les fleurs, les arbres et le ciel. Tout m'émeut, m'attendrit; ces grands massifs pleins d'ombre, et d'où s'envolent des cris d'oiseaux, et ces longues allées de charmilles où tremblent quelques rayons d'or... Est-ce ma jeunesse qui rayonne sur tout cela, Guillaume, je l'ignore, mais j'aime la vie, et j'espère!... Ètes-yous rassuré?
GUILLAUME
Oui.
Et, maintenant, je vais réveiller ma tante, car, si je ne venais pas, elle dormirait jusqu'à ce soir... A bientôt !..•
je reviens !... Elle sort par la droite.