‹ TangerChapitre 25 sur 27 · TAN(;E · texte numérisé non relu

TAN(;E

Kxl rails dos « Questions Diplomatiques et (loloniates », n" du 1-' juillcl 1901.

« L'Angleterre et ia question du Maroc •>, \u\v HoliorI (\o Caix.

« La question du Maroc est liypothéquée d'une question du détroit », disait réceminent un homme bien placé pour en posséder tous les aspects. C'est surtout en ce qui concerne l'Angleterre que cette expression est heureuse. Pour les Anglais, le Maroc est bien moins une grande étendue de terres fertiles, placée à l'angle nord-ouest du continent africain, que la rive méridionale du détroit de Gibraltar. Le sort de la masse de l'empire chérifien les préoccupe généralement fort peu.

Aussi longtemps que nous devrons envisager le problème en tenant compte des désirs de cette puissance l'Angeterre, une condition préalable sera nécessaire à la réalisation de nos aspirations dans le pays voisin de l'Algérie : la neutralisation du détroit, c'est-à-dire d'une certaine bande de terre sur la rive. Sans doute, une telle mesure diplomatique ne déplairait à aucune puissance maritime n'ayant pas l'espoir d"y créer quelque établissement naval.

Du reste, il no faut pas oublier que la manière dont nous devons envisager la question du Maroc est exactement l'inverse de celle qui s'impose à l'Angleterre. Si, pour elle, le détroit est tout, pour nous il est relativement peu de chose, parce que les positions prises et la direction que notre situation territoriale impose à nos armements, nous obligent à le considérer comme échappant à nos moyens d'action. Au contraire, la domination plus ou moins étroite du territoire voisin de l'Algérie importe au plus haut degré à notre avenir et même à notre sécurité. Les points de vue auxquels les deux puissances doivent se placer sont donc différents, et une entente ne serait pas impossible.

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Une ontente avec la France, en vue de la neutralisation du détroit, peut même paraître utile aux Anglais, pour peu qu'ils y réfléchissent profondément.

Pour rinstant, le gouvernopient britannique ne paraît songer qu'à maitenir un statu quo qui lui est commode, et même à l'exploiter contre nous. Sa conception actuelle, que l'Allemagne semble partager avec lui, serait d'affermir le Maroc et d'en faire un danger pour la France.

l^xli'iiil (lu discours (jue iironouçfi à Onui, M. Hkvoil, (louvernour irénéral (l(* l'Aliiférie. ()rt()l)i'o l^.MH.

s de l'Ai- l^e commerce marocain n'est pas moins digne de nos ec if Mn- :»l"f()rts et de nos préoccupations. Nous possédons avec .Mî grand Empire le seul voisinage de terre utilisable pour s(»s relations commerciales : ce voisinage s'étend aujourd'hui du rivage de la mer aux confins du désert, n n'est pas douteux que nos relations commerciales ivtîc lui ne répondent pas encore à ce qu'elles devraient être (m raison d'une situation aussi privilégiée ; je me félicit(\ certes, de l'accroissement considérable des importations du Maroc sur notre marché, où il vient renforcer notre production locale.

Kxtrails des discours prononcés par MM. HAUJKin I, Etienne et Delcassé à la (Ihanibre des IJépulés,

r^ et 2^ fiéftnres du 21 janvier 1902,

de lin- yi IIAIBERTI. Les observations que j'ai à présenter à la Chambre seront très courtes et porteront sur un point précis : le Marne.

de l'ein Li Mnroe.

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Le 5 juillet 1901, M. le ministre des Affaires étrangères déclarait au Sénat que « la France, maîtresse de l'Algérie et, par cette colonie, limitrophe du Maroc sur une immense étendue, était tenue de suivre ce qui s'y passe avec un intérêt singulier, dont nul ne saurait contester équitablement la légitimité. » M. le ministre ajoutait que « notre vigilance ne tendrait qu'à assurer la tranquillité, la prospérité et l'intégrité de l'Empire chérifien. »

Nous ne rêvons ni annexion, ni conquête. Nous n'avons qu'un but, le maintien de l'intégrité de l'empire du Maroc. Nous sommes décidés à la respecter ; mais nous sommes décidés aussi à la faire respecter par les autres.

Instruits par rexeinple que l'Angleterre nous a donné elle-même, il nous appartient de lui faire savoir que, si nous avons pu transiger au Bahr-el-Gazal, sur des droits qui, en somme, n'étaient pour nous que secondaires, nous avons au Maroc des droits sur lesquels nous no transigerons jamais, et, nous servant do son propre langage, de lui notifier que nous considérerions la poursuite de ses vues actuelles sur le Maroc comme un acte anti-amical.

Nous nv cherchons pas contre elle une revanche J'amour-propro. Nous défendons nos droits. La question de Bhar-el-Gazal n'était pour nous qu'une affaire de sentiment; La question de l'intégrité du Maroc touche à nos droits les plus essentiels. Nous réglons notre attitude sur nos intérêts et nous souhaitons que l'Angleterre ne trouve pas seulement dans les circonstances qu'elle traverse, mais dans le désir de ménager nos susceptibilités les plus légitimes, la raison de ne pas persévérer dans une attitude, qui ne pourrait pas se concilier plus longtemps avec les rapports de bonne amitié que notre plus vif désir est de conserver avec elle.

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