‹ Taoïsme [microform ..]Chapitre 213 sur 281 · I 者、 承蜩 猶裰之 也。 仲足 HT 子 巧 乎、 有 0 邪。 曰、 我 有 S 也。 五 六月嚴 §5 而不墜 · texte numérisé non relu

I 者、 承蜩 猶裰之 也。 仲足 HT 子 巧 乎、 有 0 邪。 曰、 我 有 S 也。 五 六月嚴 §5 而不墜

丈人之 謅 乎。 丈 人 曰, 汝 逢衣徒 也、 亦 何知間 是乎。 條汝 所 以、 而 後 載 iw 其 上。

Lie-tzeu, chap. 2 H, I, J.

la déployer, l'affection d'un objet extérieur les distrayant plus ou moins. Toute attention prêtée à une chose extérieure, trouble ou altère l'intérieur, •

ï. Un jour que Confucius admirait la cascade de Lw-leang, saut de deuxcent quarante pieds, produisant un torrent qui bouillonne sur une longueur de trente stades, si rapide que ni caiman ni tortue ni poisson ne peut le remonter, il aperçut un homme qui nageait parmi les remous. Croyant avoir affaire à un désespéré qui cherchait la mort, il dit à ses disciples' de suivre la rive, afin de le retirer, s'il passait à portée. Or, à quelques centaines de pas en aval, cet homme sortit lui-même de l'eau, défit sa chevelure pour la sécher, et se mit à suivi;e le bord, au piecl de 】a digue, eu fredonnant. Confucius l'ayant rejoint, lui dit: Quand je vous ai aperçu nageant dans ce courant, j'ai pensé que vous vouliez en finir avec la vie. Puis, en voyant l'aisance avec laquelle vous sortiez de l'eau, je vous ai pris pour un être transcendant. Mais non, vous êtes un homme, en chair et en os. Dites-moi, je vous prie, le moyen de se jouer ainsi dans l'eau. ― Je ne connais pas ce moyen, fit l'homme. Quand je commençai, je m'appliquai ; avec le temps, la chose me devint facile; enfin je la fis naturellement, inconsciemment. Je me laisse aspirer par l'entonnoir. central du tourbillon, puis rejeter par le remous périphérique. Je suis le mouvement de l'eau, sans faire moi-même aucun mouvement. Voilà tout ce que je puis vous en dire.

J. Confucius se rendait dans le royaume de Teh'ou. Dans une clairière, il aperçut un bossu, qui abattaU les cigales au vol, comme s'il les eût prises avec ses mains. Vous êtes très habile, lui dit-il ; dites- moi votre seci'et. — Voici, dit le bossu. Je m'exerçai, durant cinq ou six mois, à faire tenir des balles en équilibre sur ma canne. Quand je fus arrivé à en faire tenir deux, je ne manquai plus que peu de cigales. Quand je fus arrivé à en faire tenir trois, je ii'eti ratai plus qu'une sur dix. Quand je fus arrivé à en faire tenir cinq, je pris les cigales au vol, avec ma canne, aussi sûrement qu'avec ma main. Ni mon corps, ni mon bras, n'éprouvent plus aucun frémissement nerveux spontané. Mon attention ne se laisse plus distraire par rien. Dans cet univers immense pleÎQ de tant d'êtres, je ne vois que la cigale que je vise, aussi ne la manqué-je jamais. ― Confucius regarda ses disciples et leur dit; Concentrer sa volonté sur un objet unique, produit la coopération parfaite du corps avec l'esprit. 一 Prenant la parole à son tour, le bossu demanda à Confucius: mais vous lettré, dans quel but m'avez-vous demandé cela? Pourquoi vous informer de ce qui n'est pas votre affaire ? N'auriez-vous pas quelque intention malveillante? 一 一 Un jeune homme qui habitait au bord de la mer, aimait beaucoup les mouettes. Tous les matins, il allait au bord de la mer pour les saluer, et les mouettes descendaient par centaines, pour jouer avec lui. Un jour le père du jeune homme lui dit: puisque les mouettes sont si familières avec toi, prends- en quelques-unes et me les apporte, pour que moi aussi je puisse jouer avec elles... Le lendemain le jeune homme se rendit à la plage comme de coutume, mais avec l'intention secrète d'obéir à son père. Son extérieur trahit son intérieur. Les mouettes se défièrent. Elles se jouèrent dans les airs au-dessus de sa tête, . mais aucune n6 descendit. 一 Le railleur usage qu'on paisse faire de la parole, c'est de se taire.

也。 文 侯 曰、 吾 子卖 不爲之 。子夏 曰, 心 去 智, is 未之 能、 雖 然試. 餚之有 暇矣。 文

i 則 IK 有 至焉者 矣。 壺 子 曰, 吾 與 汝, 旣 其 文, 未 旣 其 實, 而 阖 得 直 鰍。 眾 雌而 無雄、

0 矣。 吾 見 怪 焉。 見 濕 焉。 列 子 入 ,涕 泣 沾 袭 ,以告 壺 子。 壺 子 or 向 吾 示之 25 地

Lie-tzeu, chap. 2 J, E, L.

La meilleure action, c'est de ne pas agir. Vouloir embrasser tout ce qui est connaissable, ne produit qu'une science superficielle.

K. Menant avec lui un train de cent mille personnes, Tchao-siang-tzeu chassait dans les monts Tchoung-chan. Pour faire sortir les bêtes sauvages de leurs repaires, il fit mettre le feu à la brousse. La lueur de l'incendie fat visible à cent stades de distance. Au milieu de ce brasier, on vit un homme sortir d'un rocher, voltiger dans la flamme, se jouer dans la famée. Tous les spectateurs jugèrent, q ne ce rte pouvait être qu'an être transcendant. Quand l'incendie eut passé, il vint, tranquille, comme si de rien n'était. Surpris, Tchao-siang-tzeu le retint et l'examina à loisir. C'était; un homme fait comme les autres. Tchao-siang-tzeu lai ayant demandé son secret pour pénétrer les rochers et séjourner dans le feu, cet homme dit: qu'est-ce qu'un rocher? qu'est-ce que da feu?.. Tchao-siang-tzeu dit: ce dont vous êtes sorti, c'est un rocher ; ce que vous avez traversé, c'était du feu.. Ah! fit l'homme, je n'en savais rien. ― Le marquis Wenn de Wei ayant entendu raconter ce fait, demanda à Tzcu-hia ce qu'il pensait de cet homme... J'ai ouï dire à mon maître ( Confucius ), dit Tzeu-hia, que celui qui a atteint à l'union parfaite avec le cosmos, n'est plus blessé par aucun être ; qu'il pénétre à son gré le métal et la pierre ; qu'il marche à volonté sur l'eau et dans le feu,.. Vous, demanda le marquis, possédez-vous ce don?.. Non, dit Tzeuhia, car je n'ai pas encore réussi à me défaire de mon intelligence et de ma volonté; je ne suis encore que disciple... Et votre maître Confucius, possèdet-il ce don? demanda le marquis... Oui, dit Tzeu-hia, mais il n'en fait pas parade... Le marquis Wenn fut édifié.

L. Un devin des plus transcendants, nommé Ki-hien, originaire de la principauté de Ts,i, s'établit dans celle de Tcheng. 11 prédisait les malheurs et la mort, au jour près, infailliblement. Aussi les gens de Tcheng, qui ne tenaient pas à en savoir si long, s'enfuyaient-ils du plus loin qu'ils le voyaient venir. —— Lie-tzeu étant allé le voir, fat émerveillé de ce qu'il vit et entendit. Quand il fat revenu, il dit à son maître Hou-k'iou-tzeu : Jusqu'ici je tenais votre doctrine pour la plus parfaite, mais voici que j'en ai trouvé une supérieure ― Hou-k'iou-tzeu dit: c'est que tu ne connais pas toute ma doctrine, n'ayant reçu de moi que l'enseignement exotérique, et non l'ésotériqae. Ton savoir ressemble aux œufs. que pondent les poules privées de coq; il y manque (le germe) l'essentiel. Et puis, quand on discute, il faut avoir une foi ferme en son opinion, sous peine, si l'on vacille, d'être deviné par l'adversaire. C'est ce qui te sera arrivé. Tu te seras trahi, et auras pris ensuite 】e flair naturel de Ki-hien pour de la divination transcendante. Amène-moi cet. homme, pour que je voie ce qui en est, ― Le lendemain, Lie-tzeu amena le devili chez Hou-kHou-tzeu, sous prétexte de consultation médicale. Quand il fut sorti, le devin dit à Lie-tzeu: hélas ! votre maître est un homme mort. C'en sera fait de lui, avant peu de jours. J'ai eu, en l'examinant, une vision étrange, comme de cendres humides, présage de mort. ― Quand il eut congédié le devin , Lie-tzeu rentra, tout en larmes, et rapporta à Hou-kHou-tzeu ce qu'on venait de lui dire. Hou-k'iou-tzeu dit: c'est que je me suis manifesté à lui, sous la figure d'une terre inerte et stérile, toutes mes énergies étant arrêtées, (aspect que le vulgaire ne présente qu'aux approches de la mort, mais que le contemplatif présente à volonté). 11 y a été pris. Amène-le une autre fois, et

Ï 追 之。 列 子 追 之, 而 不 及、 反 3 報壺子 曰、 已 滅 矣, 已 失 矣、 吾 不 及 也 11^ 子 nr 向 吾

^道而 反、 遇 伯. 昏 瞀 人。 伯 昏, 瞀人 Rr 奚 方 一, i 反。 HT 吾 駕 焉。 惡 乎 駕。 吾 食 於 十 漿、 而

五聚先 饋。 伯 昏瞀人 GT 若 是則汝 何爲驚 已。 曰、 夫 內誡不 解、 形 諜 成 光、 3 外 鎮

以事 而劾我 3:\ 功、 吾是 以 駕。 伯 昏 瞀人 Rr 善 哉 觀 乎、 汝 處 已, 人 將保 汝矣。 無

Lie-tzeu, chap. 2 L, M.

tu verras la suite de l'expérience. ― Le lendemain Lie-tzeu ramena le devin. Quand celui-ci fut sorti, il dit à Lie-tzeu: il est heureux que votre maître se soit adressé à moi; il y a déjà du mieux; les cendres se raniment; j'ai vu des signes d'énergie vitale... Lie-tzeu rapporta ces paroles à Elou-k'iou-tzeu, qui dit: c'est que je me suis manifesté à lui sous l'aspect d'une terre fécondée par ie ciel, l'énergie montant de la profondeur sous l'influx d'en haut. Il a bien vu, mais mal interprété, (prenant pour naturel ce qui est contemplation). Amèiie-Ie encore, pour que nous conlinuions l'expérience. ― Le lendemain Lie-tzeu ramena le devin. Apres avoir fait son examen, celui-ci lui dit: Aujourd'hui j'ai trouvé à votre maître un aspect vague et indéterminé, duquel je ne puis tirer aucun pronostic; quand son état se sera mieux défini, je pourrai vous dire ce qui en est... Lie-tzeu rapporta ces paroles à Hou-Wioutzeu, qui dit: c'est que je me sais manifesté à lui sous la tigure du grand chaos non encore différencié, toutes mes puissances étant en état d'équilibre neutre. Il ne pouvait de fait tirer rien de net de cette figure. Un remous dans l'eau, peut être causé aussi bien, par les ébats d'un monstre marin, par un écueil, par la force du courant, par un jaillissement, par une cascade, par la jonction de deux cours d'eau, par un barrage, par une dérivation, par la rupture d'une digue; effet identique de neuf causes distinctes, (donc impossibilité de conclure directement da remous à la nature cle sa cause ; il faut qu'un examen ultérieur détermine celle-ci). Améne-le une fois encore, et tu verras la suite. ― Le lendemain, le devin étant revenu, ne s'arrêta qu'un instant devant Hou-k'iou-tzGu, n'y comprit rien, perdit contenance et s'enfuit... Cours après lui, dit Hou-k'iou-tzeu... Lie-tzeu obéit, mais ne put le rattraper... Il ne reviendra pas, dit Hou-k'iou-tzeu. C'est que je lui ai manifesté ma sortie du principe primordial avant les temps, une motion dans le vide sans foi'me apparente, un bouillon de 】a puissance inerte. C'était trop fort pour lui, voilà pourquoi il a pris la fuite. ― 一- Constatant que de fait il n'entendait encore rien à la doctrine ésotérique de son maître, Lie-tzeu se confina dans sa maison durant trois années consécutives. Il fit la cuisine pour sa femme, il servit les porcs comme s'ils eussent été des hommes, (pour détruire en soi les préjugés, humains ). Il se désintéressa de toutes choses. II ramena tout ce qui en lui était culture artificielle, à la simplicité naturelle primitive. 1【 devint fruste comme une motte de terre, étranger à tous les événements et accidents, et demeura ainsi concentré en un jusqu'à la fin de ses jours .

M, Comme maître Lie-tzeu allait à TsH, il revint soudain sur ses pas. Pai-hounn-ou-jenn qu'il rencontra, lui demanda: pourquoi rebroussez-vous chemin de la sorte? ― Parce que j'ai peur, dit Lie-tzeu. 一 Peuv de quoi? lit Pai-hounn-ou-jenn. ― Je suis entré dans dix restaurants, dit Lie-tzeu, et cinq fois j'ai été servi le premier. Il faut que iha perfection intérieure transparaissant, ait donné dans l'œil à ces gens-là, pour qu'ils aient servi après moi des clients plus riches ou plus âgés que moi. J'ai donc eu peur que, si j'allais jusqu'à la capitale de Ts'i, ayant connu lui aussi mon mérite, le prince ne se déchargeât sur moi du gouvernement qui lui pèse. 一 C'est bien pensé, dit Pai-hounn-ou-jenn . Vous avez échappé à un patron princier; mais je crains que vous n'ayez bientôt des maîtres à domicile, ― Que" (lue temps après, Pai-hounn-ou-jenn étant allé visiter Lie-tzeu, vit devant sa porte une quantité cle souliers (indice de la présence de nombreux visi-

Lie-tzeu, chap. 2 M, N, 0, P.

仲天 hi 嘆 曰、 始 3 汝爲可 敎、 今 可 教

Lie-tzeu, chap. 2 M/N, 0, P.

teurs). S'arretant dans la cour, il réfléchit longuement, le menton appuyé sur le bout de son bâton, puis partit sans mot dire. Cependant le portier avait averti Lie-tzeu. Celui-ci saisit vivement ses sandales, et sans prendre le temps de les chausser, courut après son ami. Quand il l'eut rejoint à la porte extérieure, il lui dit : Pourquoi partez-vous ainsi, sans me laisser aucun avis utile? — A quoi bon désormais? dit Pai - ho unn - ou-jenn . Ne vous l'aîje pas dit? Vous avez des maîtres maintenant. Sans doute, vous ne les avez pas attirés, mais vous n'avez pas non plus su les repousser. Quelle influence aurez-vous désormais sur ces gens-là? On n'influence qu'à condition de tenir à distance. A ceux par qui l'on est gagne,. on ne peut plus rien dire. Ceux avec qui l'on est lié, on ne peut pas les reprendre. Les propos de gens vulgaires, sont poison pour l'homme parfait. A quoi bon converser avec des êtres qui n'entendent ni ne comprennent ?

N. Yang-tchou allant à P'ei et Lao-tzeu allant à Ts,inn, les deux se rencontrèrent à Leang. A la vue de Yang-tcJiou, Lao-tzeu leva les yeux au ciel, et dit avec un soupir: J'espérais pouvoir vous instruire, mais je constate qu'il n'y a pas moyen. — Yang-tchou ne répondit rien. Quand les deux voyageurs furent arrivés à l'hôteJIerie où ils devaient passer la nuit, Yangtchou apporta d'abord lui-même tous les objets nécessaires pour la toilette. Ensuite, quand Lao-tzeu fat installé datis sa chambre,- ayant quitté ses chaussures à la porte, Yang-tchou entra en marchant sur ses genoux, et dit à Lao-tzeu : Je n'ai pas compris ce que vous avez dit de moi, en levant les yeux au ciel et soupirant. Ne voulant pas retarder votre marche, je ne vous ai pas demandé d'explication alors. Mais maintenant que vous êtes libre, veuillez m'expliquer le sens de vos paroles. ― Vous avez, dit Lao-tzeu, un air al tier qui rebute; tandis que le Sage est comme confus quelque irréprochable qu'il soit, et se juge insuffisant quelle que soit sa perfection. ― Je profiterai de votre leçoa, dit Yang-tchou, très morfondu. ― Cette nuit-làmême Yang-tchou s'humilia tellement, que le personnel de l'auberge qui l'avait servi avec respect le soir à son arrivée, n'eut plus aucune sorte d'égards pour lui le matin à son départ. ( Le respect des valets étant, en Chine, en proportion de la morgue du voyageur.)

O. Yang-tchou passant par la principauté de Song, reçut l'hospitalité dans une hôtellerie. L'hôtelier avait deux femmes, l'une belle, l'autre laide. La laide était aimée, la belle était détestée... Pourquoi cela? demanda Yangtchou à un j)êtit domestique... Parce que, dit l'enfant, la belle fait la belle, ce qui nous la rend déplaisante ; tandis que la laide se sait laide, ce qui nous fait oublier sa laideur. ― Retenez ceci, disciples ! dit Yang-tchou. Etant sage, ne pas poser pour sage ; voilà le secret pour se faire aimer partout.

P. 11 y a, en ce monde, comme deux voies ; celle de la subordination, la déférence ; celle de l'insubordination, rari'ogaace. Leurs tenants ont été définis par les anciens en cette manière : les arrogants n'ont de sympathie que pour les plus petits que soi, les déférents affectionnent aussi ceux qui leur sont supérieurs. L'arrogance est dangereuse, car elle s'attire des ennemis; la

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déférence est sûre, car elle n'a que des amis. Tout réussit au déférent, et dans la vie privée, et clans la vie publique; tandis que l'arrogant n'a que des insuccès. Aussi U-tzeu a-t-il dit, que la puissance doit toujours être tempérée par la condescendance; que c'est la condescendance qui rend la puissance durable ; que cette règle permet de pronostiquer à coup sûr, si tel particulier, si tel état, prospérera ou dépérira. La force n'est pas solide, tandis que rien n'égale la solidité de la douceur. Aussi Lao-tan a-t-il dit : la puissance d'un état lui attire la ruine, comme la grandeur d'un arbre appelle la cognée. La faiblesse fait vivre, la force fait mourir.

Q. Le Sage s'allie avec qui a les mêmes sentiments intérieurs que lui, le vulgaire se lie avec qui lui plaît par son extérieur. Oi' dans un coi'ps humain peut se cacher un cœur de bête; un corps de bête peut contenir un cœur d'homme. Dans les deux cas, juger d'après l'extéi'ieut', induira en erreur. ― Fou-hi, Niu-ioa, Cheitn-noung, U le Grand, eurent, qui une tête humaine sur un corps de serpent, qui une tête de bœuf, qui un museau de tigre ; mais, sous ces formes animales, ce furent de grands Sages. Tandis que Kie le dernier des Hia, Tcheou le dernier des Y inn, le duc Hoande Lou, le duc Mou de Tch'ou, furent des bêtes sous forme humaine i. ― Quand Hoang-ti livra bataille à Yen- dans la plainede Fan-ts'uan, des bêtes féroces formèrent son front de bataille, des oiseaux de" proie ses. troupes légères. Il s'était attaché ces animaux par son ascendant. ― Quand Yao eut chargé K'oei du soiii de la musique, les animaux accoururent et dansèrent, charmés par ces accents. ― Peut- on dire, après cela, qu'il y ait, entre les animaux et les hommes, une différence essentielle ? Sans doute, leurs formes et leurs langues diffèrent de celles des hommes, mais n'y aurait- il pas moyen de s'entendre avec eux malgré cela? Les Sagessusdits, qui savaient tout et qui étendaient leur sollicitude à tous, surent gagner aussi les animaux. Il y a tant de points communs entre les instincts des animaux et les mœurs des hommes. Eux aussi vivent par couples, les parents aimant leurs enfants. Eux aussi recherchent pour s'y loger les lieux sûrs. Eux aussi préfèrent les régions tempérées aux régions froides. Eux aussi se réunissent par groupes, marchent en ordre, les petits au centre, les grands tout autour. Eux aussi s'indiquent les bons endroits pour boire ou pour brouter. ― Dans les tout premiers temps, les animaux et les hommes habitaient et voyageaient ensemble. Quand les hommes se furent donné des empereurs et des rois, la défiance surgit et causa la séparation. Plus tard la crainte éloigna de plus en plus les animaux des hommes. Cependant, encore maintenant, la distance n'est pas infranchissable. A l'Est, chez les Kie-cheu, on comprend encore la langue, au moins des animaux domestiqués. Les anciens Sages comprenaient le langage et pénétraient les sentiments de tous les êtres, communiquaient avec tous comme avecleur peuple humain, aussi bienavec les feoei [Qschenn les li les mei (êtres transcendants), qu'avec les volatiles les quadrupèdes et les insectes. Partant de ce principe, que les sentiments d'êtres qui ont même sang et qui respirent même air, ne peuvent pas être grandement différents, ils traitaient les animaux a peu près comme des hommes, avec succès. 一 Un éleveur de singes de la principauté Song, était arrivé à comprendre les singes, et à se faire

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