‹ Taoïsme [microform ..]Chapitre 235 sur 281 · 不 知 其 然 也。 苟爲不 知. 其 然 也、 孰 知其 所 終-故 法 曹 UT 無 遷令, 無勸 成、 過 度 益 · texte numérisé non relu

不 知 其 然 也。 苟爲不 知. 其 然 也、 孰 知其 所 終-故 法 曹 UT 無 遷令, 無勸 成、 過 度 益

危 Hln 身。 其 知適足 3S 知人之 過、 而 不 知其所 過。 若 然 者、 吾 奈 之何。 蘧伯玉

Tchoang-tzeu, chap. 4 B, G.

Rien n'est dangereux, corame les paroles produites par la passion. Elles peuvent en venir à ressembler aux fureurs de la bête aux abois. Elles provo'fuent' la rupture des négociations, la haine et la vengeance. Aussi les Règles du 'parler disent-elles: N'outrepassez pas votre mandat. N'insistez pas trop fort, par désir de réussit-. Ne tâchez pas d'obtenir plus que vous ne devez demander. Sans cela, vous ne ferez rien de bon, et vous vous mettrez en danger. Mais, toute passion étant évitée, faites votre devoir, le cœur dégagé. Advienne que pourra! Aiguillonnez-vous sans cesse, en vous demandant: comment ferai-je pour répondre aux bontés de mon prince? Enfin soyez prêt à faire le sacrifice le plus difficile, celui de la vie, s'il le faut. Voilà mon conseil.

G. Autre leçon de modération taoïste. ― Le philosophe Yen-ho de Lou ayant été désigné pour être le précepteur du fils aîné du duc Ling de Wei, demanda conseil à Kiu-'paiu. Mon élève, lui dit-il, est aussi mauvais que possible. Si je le laisse faire, il ruinera son pays. Si j'essaye de le brider, il —m'en coûtera peut-être la vie. Il voit les torts d'autrni, mais pas les siens. Que faire d'un pareil disciple? - Kiu-pai u dit: D'abord soyez circonspect, soyez correct, ne prêtez en rien à la critique. Ensuite vous chercherez à le gagner. Accommodez-vous à lui, sans condescendre à mal agir avec lui sans doute, mais aussi sans le prendre avec lui de ti'op haut. S'il a un caractère jeune, faites-vous jeune avec lui. S'il n'aime pas la contrainte, ne l'ennuyez pas. S'il n'aime pas la domination, ne cherchez pas à lui en imposer. Surtout, * ne le prenez pas à rebrousse-poil, ne l'indisposez pas contre vous... Ne tentez pas de lutter avec lai de vive force. Ce serait là imiter la sotte mante, qui voulut arrêter un char et qui fui écrasée... Ne traitez avec lui, que quand il est bien disposé. Vous savez comme font les éleveurs de tigres, avec leurs dangereux élèves. Ils ne leur donnent jamais de proie vivante, car la satisfaction de la tuer exalterait leur brutale cruauté. Ils ne leur donnent même pas un gros morceau de viande, car l'acte de le cléchirer surexciterait leurs instincts sanguinaires. Ils leur donnent leur nourriture par petites portions, et n'approchent d'eux, que quand, repus et calmes, ils sont d'aussi bonne humeur qu'un tigre peut l'être. Ainsi ont-ils plus de chances de ne pas être dévorés... Cependant, ne rendez pas votre disciple intraitable, en le gâtant. Tels éleveurs de chevaux maniaques, aiment leurs bêtes jusqu'à conserver leurs excréments. Qu'arrive-t-il alors? Il arrive que, devenus capricieux jusqu'à la frénésie, ces chevaux s'emportent et cassent tout, quand on les

Tohoang-tzeu, chap. 4 G, D, E.

所 至, 而 愛有所 PUIS:' 不愼邪 。D 匠 HP <SJ 齊、 至 乎 曲 轅、 見櫟社 樹査一 大蔽牛 "絮 之

行 不 輟。 弟 子驟觀 之, 走 及 匠 ^,sr自 f 執斧斤 以隨夫 子, 未 甞 見材如 此其美

槨, 則 速 腐。 以 爲 器、 則 速 毁, 以 爲 門 戶, 則 液 欉。 SJ 爲 柱、 則 蠹。 是 不材 之木 也、 無 所

與 予 也, 皆 物 也、 奈 何哉其 * 物 也, fê 幾 苑之散 人 ,又. 惡知 散木。 匠 H? 覺而診

乎。 E 南伯 子綦遊 乎商之 丘 i 大 木焉有 異, 結 駟 千 乘、 隱 將 4âî 其所 親。 子 綦 曰、

Tchoang-tzeu, chap 4 G, D, E. 239

approche même gentiment el dans les meilleures intentions. Plus on les gâte, moins ils sont reconnaissants. '

Les princi2yes taoïstes du maniement des hommes et des affaires, exposés ci-dessus, reviennent à ceci: Tout traiter de loin et de haut, en général pas en détail, sans trop s'appliquer, sans se préoccuper. Prudence, condescendance, patience, un certain laisser-aller ; mais pas de lâcheté; et, au besoin, ne pas cmindve la mort, laquelle n'a rien de redoutable pour le Taoïste. — La suite ( comparez chap, i F), est consacrée à l'abstention, à la retraite, que les Taoïstes mirent toujours audessus de V action; parce que l'inaction conserve, tandis que Vaction use.

D. Le maître charpentier Cheu, se rendant dans le pays de Ts,i, passa - près du chêne fameux, qui ombrageait le tertre du génie du sol à K'iu-yuan. Le tronc de cet arbre célèbre pouvait cacher un bœuf. Il s'élevait droit, à quatre-vingt pieds de hauteur, puis étalait une dizaine de maîtresses branches, dans chacune desquelles ou aurait pu creuser un canot. On venait en foule pour l'admirer. ― Le charpentier passa auprès, sans lui donner un regard, ― Mais voyez donc, Jui dit son apprenti. Depuis que je manie la lia, che, je n'ai pas vu une aussi belle pièce de bois. Et vous ne la regardez même pas! 一 J'ai vu, dit le maître. Impropre à faire une barque, un cercueil, un meuble, ane porte, une coloune. Bois sans usage pratique. II vivra longtemps. ― Quand le maître charpentier Cheu revint de Ts'l, il passa la nuit à K'iuyuan. L'arbre lui apparut en songe, et lui dit: Oui, les arbres dont 】e bois est beau, sont coupés jeunes. Aux arbres fruitiers, on casse les branches, clans l'ardeur de leur ravir leurs fruits. A tous leur utilité est fatale. Aussi suis-,je heureux d'être inutile. 11 en est d'ailleurs de vous hommes, comme de nous arbres. Si tu es un homme àtile, tu ne vivras pas vieux. ― Le lendemain matin, l'apprenti demanda au maître: Si ce grand arbre est heureux d'être inutile, pourquoi s'est-il laissé faire génie du lieu? ― On l'a mis en place, dit le maître, sans lui demander son avis, et il s'en moque. Ce n'est pas la vénération populaire qui protège son existence, c'est son incapacité pour les usages communs. Son action tutélaire se réduit d'ailleurs à ne rien faire. Tel le sage taoïste, mis en place malgré lui, et se gardant d'agir.

Suit E une autre variation sur le même thème, presque identique, fragment semblable ajouté au précédent, qui se termine ainsi : Cet arbre étant impropre aux usages communs, a pu se développer jusqu'à ces dimensions. La même incapacité donne à certains hommes le loisir d'atteindre à la transcendance parfaite.

240 Tchoang-tzeu, chap. 4 F, G, H, I.

日而不 已。 子綦曰 、此 果不. W 之木也 ,以 至於此 其大也 。嗟 乎、 神 人 3 此木: ÎTF

之 夭於 斧斤。 此 材之患 也。 故解之 以牛 之白顙 者、 與豚 iV 充 鼻 者, 與 人有痔

Tchoang-tzeu, chap. 4 F, G, H, I. 24i

F. Dans le pays de Song, à King-cjieu, les arbres poussent en masse. Les lout petits sont coupés, pour en faire des cages aux singes. Les moyens sont coupés, pour faire des maisons aux hommes. Les gros sont coupés, pour faire des cercueils aux morts. Tous périssent, par la hache, avant le temps, parce qu'ils peuvent servir. S'ils étaient sans usage, ils vieilliraient à l'aise. — Le traité sur les victimes, déclare que les bœufs à tête blanche, les porcs au — gi'oin retroussé, les hommes atteints de fistules, ne peuvent pas être sacrifiés au Génie du Fleuve; car, disent les aruspices, ces êlres-là sont néfastes. Les horamès transcendants pensent que c'est faste pour eux, -puisque cela leur sauve la vie.

G. Le cul-de-jatte Chou , un véritable monstre, gagnait sa vie et entretenait une famille de dix personnes, en ravaudant, vannant, etc. Quand son pays mobilisait, il restait bien tranquille. Aux jours de grande corvée, on ne lui demandait rien. Quand il y avait distribution de secours aux pauvres, il recevait du graiu et du bois. Son incapacité pour les offices ordinaires, lui valut de vivre jusqu'au bout de ses jours. De même son incapacité pour les charges vulgaires, fera vivre l'homme transcendant jusqu'au terme de son lot.

H. Alors que Confucius visitait le pays de Tch'ou, le fou Tsie-u * lui cria : Phénix! phénix! Sans doute, le monde est décadent ; mais qu'y pourrastu? L'avenir n'est pas encore venu, le passé est déjà bien loin. En temps de bon ordre, le Sage travaille pour l'état; en temps de désordre, il s'occupe de son propre salut. Actuellement les temps sont tels, qu'échapper à la mort est difficile. 11 n'y a plus de bonheur pour personne; le malheur écrase tout le monde. Ce n'est pas le mo oient de te monlrer. Tu parleras en vain de vertu, et montreras en pure perte ta tenue compassée. Il me plaît de courir comme un fou; ne te mets pas dans mon chemin. H me plaît de marcher de travers; ne gêne pas mes pieds. C'est le moment de laisser faire.

î. En produisant des forêts, la montagne attire ceux qui la dépouilleront. En laissant dégoutter sa graisse, le rôti active le feu qui le grille. Le cannellier est abattu, parce que son écorce est un condiment recherché. On incise l'arbre à vernis, pour lui ravir sa sève précieuse. La presque totalité des hommes s'imagine que, être jugé apte à quelque chose, est un bien. En réalité, c'est être jugé inapte à tout, qui est un avantage.

1. C'était un sage taoïste, qui passait pour fou. Comparez ; Entretiens de Confucius, livre IX, chapitre XVUI, 5.

. 德充 符第五 . O A 魯有- 几者王 SI 從之遊 者、 與 仲: Is, 相 t 右、 常 季 間於仲 足、 曰、 壬

^ 兀 者 也, 而 王 先 生, 其 與庸亦 遠 矣。 若 然 者, 其 用 心 也, 獨 若 之何。 仲 足 or 死 生

■ 出、 則 我 止。 其 明 B PK 與合 堂同席 而坐。 子産 譜申徒 嘉 曰、 我 先 出、 則 子 止。 子 先

Tchoang-tzeu, chap; 5 A, B.

Chap. 5. Action parfaite.

A. Dans 】a principauté de Loii, un certain Wang -t, ai, qui avait subi l'amputation des deux pieds (supplice commun alors), groupait autour de 】iii plus de disciples que Confucius. Tch'ang-ki s'en étonna, et dit au Maître: Ce Wa7ig-t'ai ne pérore pas, ne discute pas; et cependant;, ceux qui sont allés à lui vides, reviennent de chez lui pleins. Y aurait-il une manière d'enseigner sans paroles, un procédé impalpable de former les cœurs? D'où provient l'influence de cet homme? ― De sa transcendance, répondit Confucius. Je l'ai connu trop tard. Je devrais me mettre à son école. Tout le monde devrait le prendre pour maître. ― En quoi, au juste, vous est-il supérieur? demanda Tch'ang-ki: 一 En ce que, répondit Confucius, il a atteint l'impassibilité parfaite. La vie et la mort lui étant également indifférentes, reflbnclrement 一 de l'univers ne lui causerait aucune émotion .'A force de scruter, il est arrivé à la vérité abstraite immobile, la connaissance du principe universel unique. Il laisse évoluer tous les êtres selon leurs destinées, et se tient, lui, au centre immobile de toutes les destinées 、一 Je ne comprends pas, dit Tch'ang- Jii' ― Confucius reprit : 11 y a deux manières d'envisager les êtres; ou comme des entités distinctes, ou comme étant lous un dans le grand tout. Pour ceux qui se sont élevés à cette dernière sorte de considération, peu importe ce que leurs sens perçoivent. Leur esprit plane, toute son action étant concentrée. Dans cette vue abstraite globale, le détail des déficits disparaît. C'est en elle que consiste la transcendance de ce Wang -t'ai, 'que la mutilation de son corps ne saurait diminuer.* — Ah ! dit TcîVcmg-ki, je comprends. Ses reflexions l'ont rendu maître de ses sens, et il est ainsi parvenu à l'impassibilité. Mais y à-t-il la de quoi faire ainsi courir après 】ui? ― Oui, i-e partit Confucius ; la fixité mentale attire ceux qui cherchent la sagesse, comme l'eau immobile attire ceux qui désirent se mirer. Personne ne va se mirer dans l'eau courante. Personne ne demande à apprendre d'un esprit instable. C'est l'immuabilité qui caractérise le Sage au milieu de la foule. Tels, parmi les arbres à feuilles caduques, les pins et les cyprès toujours verts. Tels, parmi les hommes vulgaires, l'empereur Chounn, toujours droit et rectifiant les autres... Le signe extérieur de cet état intérieur, c'est l'imperturb^bilité. Non pas celle du brave, qui fonce seul, pour l'amour de la gloire, sur une armée rangée en bataille. Mais celle de l'esprit qui, supérieur au ciel, à la terre, à tous les êtres, habite dans un corps auquel il ne tient fas, ne fait aucun cas des images que ses sens lui fournissent, connaît tout par connaissance globale dans son unité immobile.' Cet esprit-là, absolument iadépenr dant, est maître des hommes.' S'il lui plaisait de les convoquer en masse, au jour fixé tous accourraieiil;. Mais il ne veut pas se faire servir.

B. Chennt,ou-kia avait aussi subi l'amputation des pieds, pour une faute vraie ou supposée. Dans la principauté de Tcheng, il suivait, avec Tzeu-tch,an, les leçons de Pai-houpn-ou-jenn. Tzeu-tch'an méprisant

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