‹ Taoïsme [microform ..]Chapitre 237 sur 281 · 之 貌, 天 與 之 形、 無 3 好 惡內傷 其 身。 今 子外 乎子之 神、 勞 乎子之 牖、 何 樹 而 IX · texte numérisé non relu

之 貌, 天 與 之 形、 無 3 好 惡內傷 其 身。 今 子外 乎子之 神、 勞 乎子之 牖、 何 樹 而 IX

穩 據 if 梧而 S 。天 m 子 之形。 子 3 堅白 鳴。

Tchoang-.tzau, chap. 5 .J),;E, F.

Mais depuis que j'ai. entendu parler un sur-homme (Confucius), Je crois bien que je me suis trompé. Je me suis nui à moi-même en m'agitant trop, et à ma principauté en m'occupant trop d'elle. Désormais K'oung-k'iou n'est plus mou sujet mais mou ami, pour le service qu'il m'a rendu de m'ouvrw les yeux.

E. Un cul-de-jatte gagna tellement la eon flan ce du duc Ling de Wei, que celui-ci le préféra aux hommes les mieux faits. Un autre affligé d'un goitre énorme, fut le conseiller préféré du duc 'Ho an de Ts'i. Le nimbe d'une capacité supérieure, éclipse les formes corporelles auxquelles elle adhère. Faire cas du corps et ne pas faire cas de la vertu, c'est la pire des erreurs. ― Se tenant dans son champ de la science globale, le Sage méprise la connaissance des détails, toute convention, toute affection, tout art. Libre de ces choses artificielles et distrayantes, il nourrit son être de l'aliment céleste (pure raison, dit la glose ), indifférent aux affaires humaines. Dans le corps d'un homme, il n'est plus un homme.' I! vit avec les hommes, mais absolument indifférent à leur approbation et à leur désapprobation,' parce qu'il n'a ' plus leurs sentiments. Infiniment petit est ce par quoi il est encore qo homme (son corps ) ; intiniraent grand est ce par quoi il est un avec le ciel {sa raison).

F. Hoei-tzeu { musicien et sophiste) objecta: Ud homme ne peut pas arriver à être, comme vous dites, sans affections. — Il le peut, répliqua Tdioang-tzeu. ― Alors, dit Hoei-tzeu, ce n'est plus un homme. ― C'est encore un homme, dit Tchoang-tzeu; car le Principe et le ciel lui ont donné ce qui fait l'homme. —— S'il a perdu le sentiment, repartit Hoei-tzeu, il a cessé d'être un homme. 一 S'il en avait perdu jusqu'à la puissance, peut-être, dit Tchoang-tzeu, ( car cette puissance se confond avec la nature ) ; mais il n'en est pas ainsi. La puissance lui reste, .mais il n'en use pas pour distinguer, pour prendre parti, pour aimer ou haïr. Et par suite il n'use. pas en vain le corps, que le Principe et le ciel lui ont donné. Ce n'est pas votre cas, à vous qui vous tuez à faire de la musique et à inventer des sopliismes.

250 Tchoang-tzeu, chap. 6 A, B.

無 憂、 其 食 不 甘, 其 息 深 深。 眞 入 之 息 ^ 踵、 眾 人之息 喉、 屈 服者. 其盤 曾 若 IT

Tchoang-tzdU, chap. 6 A, B. 251

Chap. 6. Le Principe, premier maître.

A. Savoir faire la part de l'action du ciel et de l'action de l'homme, voi- 】à l'apogée- dp il'eîis 吻 timerit science. — Savoir ce qu'on a reçu du ciel, et ce qu'on doit y ajouter de soi, voilà l'apogée. ― Le don du ciel, c'est la nature reçue à la naissance. Le rôle de l'homme, c'est de chercher, en partant de ce qu'il sait, à apprendre ce qu'il ne sait pas; c'est d'entretenir sa vie jusqu'au bout des années assignées par le ciel, sans l'abréger par sa faute. Savoir cela, voilà l'apogée. ― Et quel sera le critère de ces assertions, dont la vérité n'est pas évidente? Sur quoi repose la certitude de cette distinction du céleste et de l'humain dans l'homme?.. Sur l'enseignement des Hommes Vrais.. D'eux provient le Vrai Savoir.

B. Qu'est-ce que ces Hommes Vrais?.. Les Hommes Vrais de l'antiquité, se laissaient conseiller même par des minorités. Ils ne recherchaient aucune gloire, ni militaire, ni politique. Leurs insuccès ne les chagrinaient pas, leurs succès ne les enflaient pas. Aucune hauteur ne leur dormait le vertige. L'èau ne les mouillait pas, le feu ne 【es brûlait pas; parce qu'ils s'étaient élevés jusqu'aux régions sublimes du Principe i. 一 Les Hommes Vrais anciens, n'étaient troublés par aucun rêve durant leur sommeil, par aucune tristesse duranl leur veille. Le raffinement dans les aliments leur était inconnu. Leur respiration calme et profonde, pénétrait leur organisme jusqu'aux talons; tandis que le vulgaire respire du gosier seulement, comme le prouvent les spasmes de la glotte de ceux qui se disputent; plus un homme est passionné, plus sa respiration est superficielle 2. ― Les Hommes vrais anciens ignoraient l'amour de la vie et l'horreur de la mort. Leur entrée en scène ^ dans la vie^ ne leur causait aucune joie; leur rentrée dans les coulisses ^ à la mort, ne leui' causait aucune horreur. Calmes ils venaient, calmes ils partaient, doucement, sans secousse, comme en planant. Se souveaant seulement de leur dernier commencement (naissance), ils ne se préoccupaient pas de leur prochaine fin ( mort). Ils aimaient cette vie tant qu'elle durait, et l'oubliaient au départ pour une autre vie\ à la mort. Ainsi leurs sentiments humains ne contrecarraient pas le Principe en eux ; l'humain en eux ne gênait pas le céleste. Tels étaient les Hommes Vrais. — Par suite, leur cœur était ferme, leur attitude était recueillie, leur mine était simple, leur conduite était tempérée, leurs sentiments étaient réglés. Ils faisaient, en toute occasion, ce qu'il fallait faire, sans confier à personne leurs motifs intérieurs. Ils faisaient la guerre sans haïr, et du bien sans aimer. Celui-là n'est pas un Sage, qui aimo à se communiquer, qui se fait des amis, qui calcule les temps et les circonstances, qui n'est pas indifférent au succès et à l'insuccès, qui

1. Parce qu'ils étaient uns, dans ce principe, avec les forces naturelles, lesquelles ne mouillent, ne brûlent, ne blessent, ne détruisent, que leurs contraires. Quiconque est un avec le Principe universel, est un avec le feu et l'eau, n'est ni brûlé ni mouillé, etc. .

2. Illusions, passions, goûts, tout cela est contraire à la vérité. L'air pur est, pour les Taoïstes, l'aliment par excellence fies forces vitales. •

I 猶愛 W 、而 ^ 其 卓 乎乂 特 以有君 爲愈乎 已 「而 身猶死 之, H ^ 其 眞 乎。 .ÎD^ 躕

I 魚相與 處於陸 、相一 3 淫,# II 以 a^" 不如 相忘於 江湖。 與其 * 堯而非 雞也,

T 不如雨 忘而化 其 道。 夫 大 塊、 載 我 形、 勞 魂 as 生, 佚 我 以 老、 息 我 0 苑。 故善

2 有是 物 之大情 也。 特 犯 人之形 fg 猶喜 之 。若 人之形 者、 萬 化而 未始有 極也,

Tchoang-tzeu , chap. 6 B, C.

expose sa personne pour la gloire ou pour la faveur. Hou-pou^hie, Oukoang, Pai-i, Chou-ts'i, Ki-tzeu, Su-ii, Ki-fouo, Chenn-fou-ti, servirent tout le monde et firent du bien à tout le monde, sans qu'aucune émotion de leur cœur viciât leurs actes de bienfaisance. ― Les Hommes Vrais anciens, étaient toujours équitables, jamais aimables; toujours modestes, jamais flatteurs. Ils tenaient à leur sens, mais sans dureté. Leur mépris pour tout était manifeste, mais non affecté. Leur extérieur était paisiblement joyeux.'Tous leurs actes paraissaient naturels et spontanés. Ils inspiraient l'affection par leurs manières, et le respect par leurs vertus. Sous un air de condescendance apparente, ils se tenaient fièrement à dislance du vulgaire. Ils afFeclionnaienl la retraite, et ne préparaient jamais leurs discours. ― Pour eux, les supplices étaient l'essentiel dans le gouvernement, mais ils les ― appliquaient sans colère. Ils tenaient les dis pour un accessoire, dont ils s'acquittaient autant qu'il fallait pour ne pas choijuer le vulgaire. Ils tenaient pour science de laisser agir le temps, et poijr vertu de suivre le flot. Ceux qui jugèrent qu'ils se mouvaient activement, se sont trompés. En réalité ils se laissaient aller au fil du temps et des événements. Pour eux, aimer et liaïr, c'était tout un; ou plutôt, ils n'aimaient ni ne haïssaient. Ils considéraient tout comme essentiellemenfun, à la manière du ciel, et distinguaient artificiellement des cas particuliers, à la manière des hommes. Ainsi, en eux, pas de connu entré le céleste et l'humain. Et voilà justement ce qui fait l'Homme Vrai.

G. L'alternance de la vie et de la mort, est prédéterminée, comme celle du jour et de la nuit, par le Ciel, Que l'homme se soumette stoïquement à la fatalité, et rien n^irrivera 'plus contre son gré. S'il arrive quelque chose qui le blesse, c'est qu'il avait conçu de Faffeclion pour quelque être. Qu'il n'aime rien, et il sera invulnérable. Il y a des sentiments plus élevés, que les amours réputés nobles. Qu'au lieu d'aiiîier le Ciel comme un père, il le. vénère comme le faîLe universel. Qu'au lieu d'aimer son prince .jusqu'à mou fil- [30 ur lui, il sfc sacrifie pour le seul motif abstrait du dévouement absolu. Quand les ruisseaux se dessèchent, les poissons se rassemblent flans les trous, et cherchent à se tenir humides en se serrant les uns contre les autres. Et l'on admire celte charité mutuelle! N'eût-il pas mieux valu, que, de bonne heure, ils eussent cherché, chacun pour soi, le salut dans les eaux profondes?.. Au iieu de loujouis citer comme exemple la bonté de Yao, et comme épouvantail la malice de Kie, les hommes ne feraient-ils pas mieux d'oublier ces deux personnages, et d'orienter la morale uniquement sur la perfection abstraite du Principe? —— Mon corps fait partie de la grande masse (du cosmos, de la nature, du tout). En elle, le soutien de mon enfance, l'activité durant mon âge mûr, la paix dans ma vieillesse, le repos à ma mort. Bonne elle m'a été durant l'état de vie, bonne elle me sera durant l'état de mort. De tout lieu parliculier, un objet déposé peut être dérobé; mais un objet confié au lout lui-même, ne sera pas enlevé, Identifiez-vous avec la grande masse ; en elle est la permanence. Permanence pas immobile. Chaîne de transformations. Moi persistmit ci travers des mutations sans fin. Cette fois je suis content d'être dans une forme humaine i. J'ai déjà éprouvé antérieurement et j'éprouverai poslérieurement le même contentement d'être,

1. Glose : Eire actuellement un homme, c'est un épisode dans la chaîne de dix mille transformations successives.

其 爲樂 可勝計 邪。 故 聖人 將遊於 物之所 HT 得 遯而皆 存, 善 夭、 善 考善 始、 善 終

IT 日 月得之 終古不 息。 堪 .1^ 得之 襲 嵐 輪 。瑪 夷 得 之 3 遊大 川。 肩 吾 得 之 以

I 惡惡 可。 子 非其人 也。 夫 卜 梁 倚, 有 聖人之 才、 而 無 聖 人 之 Mé 有 聖人之

. 亦 易 矣。 吾 猶守 Fi 告 之, 三 H 而 後 能 外 天 下。 已 外天下 矣、 昏 X 守 之, 七 曰而後

Tchoang-tzeu, chap. 6 G, D, E,

dans une succession illimitée de formes diverses, suite infinie de conteuteraents. Alors pourquoi haïrais-je la mort, le commencement de mon prochain , contentement? Le Sage s'attache au tout dont il fait partie, qui le contient, dans lequel il évolue. S'abandonnant au fil de cette évolution, il sourit à la mort prématurée, il sourit à l'âge suranné, il sourit au commencement, il sourit à la fin ; il sourit et veut qu'on sourie à toutes les vicissitudes. Car il sait que tous les êtres font partie du tout qui évolue.

D. Or ce tout est le Principe, volonté, réalité, non-agissant, non-apparent. Il peut être transrais mais non saisi, appréhendé mais pas vu. Il a en luimême, son essence et sa racine. Avant que le ciel et la terre ne fussent, toujours il existait immuable. Il est la source de la transcendance des Mânes et du Souverain des Annales et des Odes. Il engendra le ciel et la terre des Annales et des Odes. 11 fut avant la matière informe, avant l'espace, avant le inonde, avant le temps; sans qu'on puisse l'appeler pour cela haut, profond, durable, ancien i. Hi-ivei le connut, et dériva dé cette connaissance les lois astronomiques. Fou-hi le connut, et tira de cette connaissance les lois physiques. C'est à lui que l'Ourse (le pôle) doit sa fixité imperturbable. C'est à lui que le soleil et la lune doivent leur cours régulier. Par lui K'an-y'ei s'établit sur les monts K'ounn-lunn, Fong-i suivit le cours du Fleuve jaune, Kien-ou s'établit au mont T'ai-chan, Hoang-ti monta au ciel, Tchoan-hu habita le palais azuré, U-k'iang devint le génie du pôle nord, Si-wang-mou s'établit à Chao-koang 2. Personne ne sait rieo, ni de son commencement, ni de sa fin. Par lui P'eng-tsou vécut, depuis les temps de l'empereur Cliounn, jusqu'à celui des cinq hégémoas. Par lui Fou-ue gouverna l'empire de son maître l'empereur Ou-ting, et devint après sa mort une étoile (dans la constellation du Sagittaire).

E. Maîti'e K'oei dit Nan-pai, demanda à Niu-u : comment se fait-il que, malgré votre grand âge, vous ayez la fraîcheur d'un enfant'? ― C'est, dit Niu-u, qu'ayant vécu conformément à la doctrine du Principe, je ne rae suis pas usé. ― Pourrais-je apprendre cette doctrine? demanda Maître IToei. ― Vous n'avez pas ce qu'il faut, répondit Niu-u. Pouo-teang-i, lui, avait les dispositions requises. Je l'enseignai. Après trois jours, il eut oublié le monde extérieur. Sept jours de plus, et il perdit la notion des objets qui l'entouraient. Neuf jours de plus, et il eut perdu ! a notion de sa propre existence. U acquit alors la claire pénétration, et par elle la science de l'existence momentanée dans la chaîne ininterrompue. Ayant acquis cette connaissance, il cessa de distinguer le passé du présent et du futur, la vie de la tnoi't 3. U comprit que, en réalité^ tuer ne fait pas mourir, engendrer ne fait pas naître, le Principe soutenant l'être à travers ses finir et ses devenir. Aussi rappelle-ton justement le fixateur permanent. C'est de lui,- du fixe, que dérivent toutes les mutations. ― Est-ce vous qui avez inventé cette doctrine? demaada Maître K'oei. 一 Non, dit Niu-u; je l'ai apprise du fils de Fou-mei, disciple

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