‹ Tapisseries de la cathédrale de ReimsChapitre 13 sur 59 · Dallier, Mémoires, p · texte numérisé non relu

Dallier, Mémoires, p

2. Houdoy, Les tapisseries de haute lisse, histoire de la fabricatian lilloise, p. 140.

LA TAPISSERIE A REIMS

cembre 1628 par les paroissiens de Saint-Pierre-le-Vieil, qui arrêtaient de faire faire une suite de tapisseries pour leur église et autorisaient ceux d’entre eux à qui ils en donnaient la charge à les faire exécuter dans l’une des trois dernières villes, selon qu’ils jugeraient être plus utile pour la paroisse.

C’est évidemment à Pepersack que Charleville devait sa réputation : il y avait le titre de tapissier du duc de Mantoue, quand MM. de Saint-Pierre s’adressèrent à lui. C’était vraisemblablement dans les Pays-Bas qu'il avait appris son art, car le nom de sa femme, Elisabeth van Cuessem, rappelle un tapissier de Bruxelles qui, d’après les comptes recueillis à Lille par M. Houdoy', exerçait en 1617. A l’époque où nous placent les premiers travaux qui lui furent commandés pour Reims, il était déjà l’artiste préféré pour les églises*.

Le marché fait par MM. de Saint-Pierre est du 4 mars 1629. Il porte que l’artiste prendra pour modèles les deux tapisseries de l'histoire de saint Jacques faites de neuf pour l’église de ce nom, et qu’à ce propos elles lui furent « montrées ». Les deux pièces dont il s’agit avaient été exécutées en 1619. Où et par qui ? nous ne le savons pas. L’expression que nous relevons dans le marché fait pour Saint-Pierre n’oblige pas précisément à croire quelles ne sortaient pas de l’atelier de Pepersack.

Quoi qu’il en soit, il est convenu avec lui qu’il fera d’abord, à titre d’essai, deux pièces dont les patrons lui- sont remis et représentant, l’une J.-C. appelant saint Pierre, et l’autre la présentation de saint Pierre à J.-C. (sic), ou, comme je lis ailleurs, saint Pierre étant sur les eaux. Ces pièces doivent être rendues à Reims dans le délai de six mois. Le prix fixé est de 30 liv. par aune de Paris en carré, sur lequel on lui paye d’avance 300 liv. moyennant caution donnée à l’artiste par un homme de loi de Mézières nommé Guérin.

Par le même acte, il est convenu que, après les deux premières pièces terminées au contentement des paroissiens, Pepersack en fera d'autres aux mêmes conditions, cc suivant les dessins qui s’en font par le nommé Murgallet, maître peintre, demeurant à Troyes ».

1. Les tapisseries de haute lisse, p. iSi.M. Houdoy nomme ce tapissier Jean Van Cudtsem, sans doute par erreur de lecture.

On trouve, à la Matricule des Bénédictins de Saint-Maur, en 1629, n° 82, un religieux natif de Toulouse, et nommé Pierre-Sébastien Pepessac. L’orthographe du nom de notre tapissier est parfaitement fixée par sa signature et par les tapisseries elles-mêmes; il est bon de remarquer cependant qu’il est transformé en Perpessac dans la plupart des titres oh il figure, ce qui prouve qu’on prononçait de même assez souvent. La ressemblance des noms ne nous a pas paru un motif suffisant pour faire de Pepersack autre chose qu’un Flamand.

2. Archives histor. du Nord de la France, t. IV, p. 276. — Arras et l'Artois sous le gouvernement des

LA TAPISSERIE A REIMS

En effet, deux ans avant, le 19 avril 1627, les paroissiens avaient traité avec Pierre Murgallet pour l’exécution, par ses mains et non par autres, de sept modèles et patrons à faire tapisserie. Ce peintre troyen fut souvent associé aux travaux de Pepersack. Nous nous contenterons de rapporter les principales conditions du marché, afin de faire connaître de quel genre étaient les tapisseries de Saint- Pierre. Il est évidemment celui des tapisseries qui furent exécutées plus tard pour la cathédrale. Les modèles, y est-il dit, seront « peints en détrempe, sur toile, avec bordures larges de demi-aune, bien fournies et remplies de festons, de fruicts, fleurs et petits enfans nuds, escussons, cartouches, armoiries, devises, camaïeux et tables d’attente, chacun desquels sept modèles et patrons seront de quatre aunes de hauteur et de quatre aunes et demie de largeur. Les dessins en petit et sur papier desdits sept modèles le sieur Murgallet a promis et sera tenu envoyer et faire tenir à Reims auxdits sieurs paroissiens, auparavant que de peindre lesdits sept modèles; lesquels représenteront l’histoire de saint Pierre suivant les mémoires qui lui en seront fournis de leur part. Le présent marché et convention fait moyennant la somme de 400 liv., sur laquelle somme ledit sieur Murgallet a reçu comptant 150 liv.; le reste lui sera payé savoir : 150 livres après qu’il aura livré les quatre premières pièces, et les autres 100 livres après qu’il aura livré les sept modèles. »

Sans attendre que les deux premières pièces fussent livrées, au mois d’octobre 1629, on remet à Pepersack les dessins de trois autres tapisseries représentant1 :

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