Voy. Appendice, IX
3. On voit, par le testament d’Antoinette de Femy, veuve de Nicolas Collery (icr juillet 1644, min. de Tauxier, étude Chameau), que, sur cette somme, P. Collery, beau-frère de Pepersack, alors demeurant à Troyes, avait pris à sa charge 5oo liv. de principal de rente. Sa mère, pour le rembourser d’autant, lui assurer pareil mariage et le récompenser d’autres sacrifices, lui abandonnait une maison sise rue Neuve.
C’est probablement le même Pierre Collery qui, devenu religieux oblat au couvent des Minimes de Reims, donne, en vue de sa prochaine profession, audit couvent, trois maisons sises à Reims, rue Perdue, deux autres rue des Bains, à charge d’une rente de 60 liv. à payer à Françoise Collery, sa sœur, de messes à l’intention d’elle et de lui après leur mort, enfin de messes et services à célébrer chaque année en faveur d’une confrérie des Trépassés à établir dans ledit couvent.
Françoise Collery, dans son testament (3 1 décembre 1667, min. de Leleu, étude Lemoine), rappelle cette fondation et demande à être enterrée dans l’église des Minimes. Elle entend que ses biens soient partagés également entre ses enfants, dont les noms suivent : Ponce Pepersack, son fils, Liesse Pepersack, femme de Adolphe de Lanais, et Louise Pepersack, femme de Jean Blanchebarbe.
Ad. de Lanais doit être le fils de Guy de Lanais ou Lanoy, tapissier à Paris, à qui fut confiée, en 1660, la réparation de l’histoire de Clovis.
Ponce ou Poncelet Pepersack avait été baptisé à Saint-Timothée, le 16 juillet 1643. Il était sellier, et avait épousé le 21 avril 1676, à Saint-Pierre, Elisabeth Dumont.
Louise avait été baptisée le 2 avril i636, à Saint-Jean. Elle mourut en 1671 (Saint-Symphorien).
D’après les registres paroissiaux, Daniel Pepersack avait eu de Françoise Collery plusieurs autres enfants : Christophe, baptisé à Saint-Jean le 4 mai 1637; Henry, baptisé à Saint-Michel, le 3o décembre 1 638 ; Jacques, baptisé à Saint-Jean, le 11 mars 1639 (ou plutôt 1640); Jean, à Saint-Timothée, le 6 novembre 1644.
Enfin, une autre fille nommée Marie nous est connue par le testament de Marguerite Collery, veuve de Jacques Flamain, chirurgien, qui donne à sa nièce quelques objets mobiliers, et tous ses biens meubles à sa sœur Françoise Collery, veuve de Daniel Pepersack, pour la bonne amitié qu’elle lui porte.
Cette pièce (min. de Roland, étude de M° Neveux) est du i5 décembre i656'. Elle fixera pour nous, d’une manière approximative, en attendant mieux, l’époque de la mort de Pepersack, que ne donne aucun de nos registres. Nous remarquerons en passant que celui de Saint-Jean, oü il devrait plutôt se trouver, n’est pas complet.
Le 2 décembre 1645, Daniel Pepersack avait signéau registre de Saint-Maurice comme témoin du mariage de François Cayot avec Alison Guenart. Il avait été précédemment, le t3 septembre i638,à Saint-Jean, parrain d’un
LA TAPISSERIE A REIMS
Pepersack, d’après le contrat, apportait à sa femme des bagues et joyaux pour 200 livres.
L’année suivante (8 juillet 1636, min. de Desmolins, ét. Douce), Pepersack prenait à louage pour deux ans, de Bernard Fournier, concierge de l’hôtel abbatial de Saint-Nicaise, plusieurs chambres hautes dépendant dudit hôtel.
Les mesures de sévérité prises contre les étrangers par ordre du roi faillirent déranger les plans d’avenir que cette location supposait. Toujours attaché à la maison du duc de Mantoue, Pepersack devait comme tel être expulsé de la ville'. A la prière du grand vicaire, il fut sursis à l’exécution de cet ordre jusqu’à ce qu’on connût les intentions de l’archevêque à son égard, à charge par lui de présenter un répondant (conclusion du Conseil de Ville du 25 juillet 1636).
Quelques années après (18 janvier 1644, même étude), Pepersack prit à loyer, de Jean Marlot, une petite maison et jardin sis rue du Chenia, pour six ans, moyennant 50 livres par an.
L’exécution du grand travail dont Pepersack était chargé pour la cathédrale contribua naturellement à étendre sa réputation; apparemment aussi les fabriques de Paris, qui étaient en renom au commencement du siècle, ne satisfaisaient plus les amateurs de tapisseries au même degré que celles de Reims. Nous en aurions pour Pepersack et pour d’autres des preuves multipliées, si tous les marchés avaient été conservés. En voici deux qui regardent Pepersack.
Le premier, dont la copie a été retrouvée à l’état de chemise enveloppant une liasse de minutes (Leleu, étude de Mc Lemoine), est du 14 août 1638. Pepersack s’engage, envers noble homme Mc Jacques Chertemps, sieur de Mousset, conseiller du roy et receveur des tailles en l’élection de Reims, à faire huit pièces de tapisseries de haute lisse, de vingt aunes demi quart de largeur sur trois aunes 1 /4 de hauteur, pour meubler une salle haute de la demeure dudit sieur de Mousset, esquelles sera représentée l’histoire de Théagène et Cariclée, suivant les modèles
fils du tapissier Pierre Damour; et le 28 septembre de la même année, parrain, également à Saint-Jean, d’une fille du tapissier Jean Perclas. Sa femme, Françoise Collery, avait été la marraine de chacun de ces deux enfants.
Il est démontré par là qu’il était catholique, et même connu comme tel dans sa paroisse, contrairement à ce qu’a écrit l’abbé Géruzcz, et d’après lui, sans plus de preuves, l’auteur de l 'Histoire et description de la cathédrale de Reims, M. l’abbé Cerf.
Le prénom qu’il portait a pu induire en erreur à ce sujet; mais il se donnait fréquemment à cette époque, ainsi que d’autres semblables, parmi les catholiques. On connaît Daniel de Cosnac, auteur de Mémoires publiés par la Société de l’histoire de France; et parmi les hommes qui jouèrent un rôle dans les Ardennes, on cite David de Proissy et Daniel de Wignacourt.
La table de Saint-Denis mentionne, au i3 septembre 1674, l’enterrement de Françoise Collery, veuve de Pepersack.
1. Hubert Muisson, sculpteur en marbre, également de Charleville, venu en France en 1672, dut, pour pouvoir s’y fixer, demander des lettres de naturalisation (Noitv. archives de l'art français, 1873, p. e5i).
que ledit Pepersack fera faire à ses frais... à rendre d’huy en un an date des présentes, et conformément aux pièces de tapisseries qui sont faictes de neuf ès église et paroisse Saint-Pierre-le- Vieil et l’abbaye Saint-Estienne dudit Reims ». Le marché ne parle pas de bordures, cependant l'histoire de Théagène et Cariclée dut en avoir comme ses modèles, d’autant que dans le détail des ornements le marché parle de festons et de camaïeux. Le prix fixé pour le tout était de 1,800 liv., sur lesquelles Pepersack reçoit en avance ^oo livres. Nicolas Collery, son beau-père, intervient comme caution.
Le second marché est du 17 juin 1647 ; nous n’en avons pas la teneur, parce qu’il fut passé à Paris devant deux notaires au Châtelet. Mais nous savons, par une procuration donnée par Pepersack à Jean Damiens, marchand demeurant à Paris, qu’il s’agit d’une suite de tapisseries commandées par le chapitre de Notre- Dame de Paris. Le prix devait être payé en huit mois, par portions de $0 livres chaque semaine, dans les mains de Jean Damiens : il était conséquemment de 1 ,600 livres ou environ, ce qui donne à supposer que les pièces de tapisserie étaient au nombre de six ou sept.
Par sa seconde femme, Pepersack était l’allié du peintre Jean Collery, qui fut reçut à la maîtrise en 1691; mais cet artiste devait être trop jeune pour avoir pu compter parmi les auxiliaires du tapissier. Il en est d’autres dont les noms doivent être recueillis.
JEAN GUERLET.
En première ligne se présente Jean Guerlet, maître tapissier, chez qui Pepersack avait pris domicile à son arrivée à Reims. Une pièce de procès du 4 août 1638 nous montre Pepersack et Guerlet en désaccord pour quelques meubles et quelques outils laissés par le dernier dans l’atelier de Saint -Nicaise : il y avait donc travaillé avec Pepersack. Jean Guerlet était, à cette époque, juré du métier avec Gérard Parent.
JEAN PERCLAS.
Parmi les maîtres de la corporation qui se mirent au service de Pepersack il faut encore nommer Jean Perclas. Il vint habiter dans les environs de son atelier, et nous trouvons au registre de Saint-Jean qu’un enfant de lui et de Catherine Dorigny, sa femme, y est baptisé le 4 février 16)7, et un autre le 28 septembre 1638. Les parrain et marraine de ce dernier furent Pepersack et sa femme.
Par acte passé le 14 mars 1644 (min. de Desmoli ns. étude de Mc Douce), Jean Peiclas, maître tapissier demeurant à Reims, et Catherine Dorigny, sa femme, conviennent avec Daniel Pepersack de travailler au logis dudit Pepersack, à faire et façonner tapisserie, de telle façon que ordonnera ledit Pepersack, pendant quatre années continuelles, sans que pendant ce temps ils puissent travailler pour un autre. Pepersack verse par avance à Perclas comptant une somme de 75 livres à rabattre sur son travail par chaque semaine ; et fin des quatre années il lui baillera gratuitement 20 livres.
Cet acte mentionne le nouveau domicile de Pepersack dans la rue du Clienia.
GUILLAUME AWERCKERC.K.
Après ces Rémois, nous mentionnerons un Flamand, Guillaume Awerckerck, également maître tapissier à Reims.
Par acte du 27 juin 1642 (minutes de Desmolins, étude de M' Douce), il s’engage à travailler pour Pepersack, à faire et façonner tapisserie de telle ordonnance qu’il luy désignera, en luy fournissant le métier complet et garni de ses ustensiles, et ce pendant deux ans continuels. Pepersack lui payera le salaire ordinaire qui est accoutumé de bailler aux ouvriers de cette profession pour la contenance de chaque aune de tapisserie, au fur et à mesure qu’il travaillera et rendra bien fait son ouvrage; outre lequel salaire Pepersack sera encore tenu de bailler audit entrepreneur la somme de 16 solz pour avoir assorti les laines de chaque aune de tapisserie qu’il aura à travailler.
Ce maître, que le notaire nomme Avrequerc, signe Guillain van der Auverkerckeq. Il est évidemment delà même famille que A. Awerckerck, dont le nom a été recueilli par M. Pinchart (OEuvres poétiques de J. Lemaire ), parmi les fabricants de Bruxelles au xvna siècle.