‹ Tapisseries de la cathédrale de ReimsChapitre 19 sur 59 · Cerf. Descript. de la cathédrale, t. II, p · texte numérisé non relu

Cerf. Descript. de la cathédrale, t. II, p

7. Nous en extrayons ce qui concerne les tapisseries. « Six pièces de tapisseries, grandes tentures, quatorze dites tentures, trois dessus de porte pareils, douze pièces tenture dont huit servant au chœur, trois dessus de porte pareils, trois pièces basses dont une autour de la chaire à prêcher, quatre pièces à fleurs de lys avec cartouche dans le milieu, dont deux à la grande grille; trois pièces très basses doublées en toile verte, trois tapis de table à fleurs avec cartouche, de différentes grandeurs, quatorze morceaux et deux housses de trône; de vieilles tapisseries. »

LA TAPISSERIE A REIMS

tapisseries comme existant encore : c’était pour mieux constater nos pertes. Tout cela fut entièrement abandonné pendant plusieurs années, puis livré au pillage des gens qui, à tort ou à raison, se crurent un droit dans l’ancienne cathédrale’. Partagé entre le club des Jacobins et le Temple de la Raison, l’édifice vit servir aux usages les plus vils les tentures dont il s’était paré dans des temps plus heureux. Quelques tapisseries sont employées à garnir les clôtures qui partagent l’intérieur du monument, on fait litière des autres et elles défendent du froid les pieds irrespectueux des clubistes. Quand dut être démolie l’enceinte du local de la société populaire, les malheureuses tapisseries coururent bien d’autres hasards.

Le danger pour elles était tel, que des citoyens de la section de Mars2 n'hésitèrent pas à le signaler à la municipalité, par lettre en date du j germinal an III (23 mars 1 795)- Le 2 5 nivôse précédent (14 janvier 179^), Tabbé Bergeat, conservateur des dépôts d’art, s’était préoccupé, sur l’invitation de l’administration du district, « de tirer de l’humidité où elles pourrissaient plusieurs pièces de tapisseries d’un travail précieux, depuis longtemps oubliées dans la sacristie du Temple3 » . Son zèle ne pouvait rester oisif dans une circonstance où celles de la cathédrale, non moins précieuses que les autres, étaient menacées. Il reconnaît, dit-il dans un rapport du germinal an III (12 avril 1795), que les fonctionnaires de la section de mars sont bien informés et « qu’une partie des tapisseries est confondue avec les matériaux de démolitions ». Il obtient cependant des ouvriers que celles qui étaient encore en place soient détachées avec précaution et portées dans la sacristie. Quant à celles qui sont engagées sous les décombres, il demande « qu’elles en soient retirées au plus tôt, avec ménagement . » — « Je ne parle pas, dit-il, des répa¬

rations à y faire : on se bornera à les battre et entretenir dans un état de propreté, jusqu’à ce que le comité d’instruction publique ait assigné des fonds pour cet objet.... » — « Vous avez, continue-t-il, dans le dépôt attenant au bureau des ventes, des tapisseries dont quelques-unes font partie de celles qui étaient dans

le chœur de l’église de Saint-Remi . Il faudrait faire le triage de celles qui

méritent d’être conservées, et vendre les autres. Le local dans lequel elles sont déposées ne leur convient pas plus que l’ordre dans lequel elles sont rangées1... » C’était parler d’or; malheureusement le comité d’instruction publique avait

1. Voir, Appendice XI, un extrait du Journal des Jacobins à ce relatif, et l’histoire abrégée des destinations diverses que subit la cathédrale à cette époque.

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