‹ Tapisseries de la cathédrale de ReimsChapitre 23 sur 59 · Op. cit., t. Ier, pl · texte numérisé non relu

Op. cit., t. Ier, pl

M. le comte de Villeneuve-Trans [Note sur la tapisserie de Charles le Téméraire conservée à la cour royale de Nancy) a cherché à établir que les tapisseries de la Moralité du banquet , qui sont à Nancy, ont été exécutées pour Charles le Téméraire ; mais les costumes qu’on y voit sont évidemment contemporains de Louis XII. La tradition lorraine touchant les deux tapisseries de Nancy ne saurait donc s’appliquer qu’à celles de l'Histoire d’Assuérus, ou du moins aux deux fragments de cette histoire qui subsistent et que M. Jubinal a réunis dans une des planches de son ouvrage.

DU ROY CLOVIS

un peu plus âgée ; la mode à laquelle elle se rapporte et que caractérisent plus particulièrement la coiffure des femmes et la coupe de leurs robes, nous paraît se rapprocher de la fin du xivB siècle, sans s’éloigner beaucoup de la moitié du xvB. Les exemples donnés par M. Viollet-le-Duc dans son Dictionnaire du mobilier n'y contredisent pas, non plus que L Histoire du costume de M. J. Quicherat l'ouvrage le plus sûr à consulter en cette matière, où quelques-unes de nos figures sont reproduites sous la date de 1440.

M. Quicherat a remarqué de plus que Clovis est représenté dans nos toiles sous la figure de Charles VII ; et, comme il est peu probable qu’on aurait cherché à reproduire l’image du roi de France alors régnant dans une œuvre commandée selon toute apparence par son puissant vassal, si ce dernier avait encore été en guerre avec lui, on ne devra pas en reculer la date au delà de 143;, époque du traité d’Arras, qui rétablit la bonne intelligence entre les deux princes.

Nous arrêtant à la date ainsi fixée et partant toujours de l’hypothèse suggérée par l'ouvrage de Chifflet, nous interrogerons maintenant les documents connus sur le mobilier de la maison de Bourgogne.

L’inventaire de Charles le Téméraire qu’a publié M. de Labordc ne contient pas de tapisseries; apparemment cette partie importante de son mobilier était l’objet d’un état séparé que le savant auteur des Ducs de Bourgogne n’a pas rencontré dans ses recherches. Il n’en est pas de même de celui de Marie de Bourgogne, publié par la Commission d’histoire de Belgique', qui, dans l’énumération des tapisseries quelle tenait de son père, mentionne celles de 1 Histoire du roj Clovis. Ce sont vraisemblablement les mêmes dont parle l’inventaire de Charles -Quint, fait à Bruxelles en mai 1556% et dont, peu d’années après, en 1541, la réparation fut confiée à Hendrick et à Guillaume de Pennemacker, d’après l’état des dépenses du même Charles-Quint1 2 3.

Ainsi la maison de Bourgogne a possédé une tenture de l'Histoire de Clovis ; exécutée vers le milieu du règne de Philippe le Bon, elle a été transmise par ses successeurs à l’empereur Charles-Quint. Ceci acquis, j’ose ajouter que

Page 1