‹ Tapisseries de la cathédrale de ReimsChapitre 25 sur 59 · Archives du Chapitre, liasse 18, n · texte numérisé non relu

Archives du Chapitre, liasse 18, n

HISTOIRE

causes de destruction énumérées dans la partie historique de notre travail furent funestes.

Les changements exécutés dans la cathédrale sous la direction de M. Godinot commencèrent leur ruine en bornant à deux ou trois le nombre de celles qui devaient encore voir le jour, et en reléguant le reste dans des lieux humides. Leurs lambeaux, à demi pourris, abandonnés au caprice des employés de l’église, finirent, pendant la Révolution et depuis, par disparaître entièrement'.

Les deux pièces qui nous restent ont en largeur 8m,5o, et en hauteur 4m ,75, y compris la légende.

Nous n’apprendrons rien au lecteur en lui disant que l’époque à laquelle appartient la fabrication de nos tapisseries est celle du plus grand luxe, comme elle est celle de la plus grande prospérité et de la plus grande perfection de l’art qui nous occupe.

Déjà, sous les premiers Valois, les étoffes, de soie unies et surtout brochées de diverses couleurs avaient généralement pris la place du drap dans le vêtement ; les édits somptuaires ayant levé toutes les défenses précédentes, les bourgeois à qui leur fortune permettait ces écarts ne se faisaient pas faute de mettre des freins d’orfèvrerie à leurs chevaux et de chausser des éperons dorés; les hommes d’armes, rivalisant entre eux de magnificence, ajoutaient des ornements et même des pièces entières d’or aux armures blanches ou de fer qui les couvraient ; et ils n’avaient pas moins souci de briller dans l’accoutrement de leurs suivants et de leurs chevaux que dans le leur propre. Aux simples archers, coustilliers ou faucharts, il fallait des brigantines recouvertes de soie, des cornettes de taffetas autour de leurs salades et chapeaux de fer, des épaulières, des grèves, des genouillères, des pansières non moins brillantes par la matière que par le travail. Le harnais des chevaux était chargé de bossettes, de glands, de houppes, de grelots ; le destrier des chefs était entièrement habillé de drap de soie, de velours et de brocart. Les chroniqueurs du temps, remarque M. Quicherat3, à qui nous empruntons une partie de ce tableau, ne tarissent pas lorsqu ils racontent les entrées triomphales des troupes dans les villes; à 1 insistance quilsy mettent,

X. On verra parles pièces que nous publions dans l’Appendice, qu’aucune des tapisseries de V Histoire du roy Clovis ne figure dans les états dressés par l’abbé Bergeat pour constater leur présence au Musee ou dans les dépôts qui en dépendaient, et que le récolement fait à la cathédrale le i3 vendémiaire an IV n’en mentionne que deux.

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