‹ Tapisseries de la cathédrale de ReimsChapitre 26 sur 59 · Histoire du costume, p · texte numérisé non relu

Histoire du costume, p

Quelques-unes de nos figures ont été reproduites dans cet ouvrage avec une remarquable fidélité, notamment celle de Clovis à cheval, accompagné d’un arbalétrier et d’un cranequinier, et celle d’un archer.

DU ROY CLOVIS

on voit que c’était le spectacle préféré des populations. Mais nulle part plus qu’à la cour des derniers ducs de Bourgogne le goût de ces costumes de parade n’était développé. Tout y était une occasion d’étaler le plus grand luxe; ces princes en donnaient l’exemple'1; ils avaient fait des orfèvres les associés et les aides de leurs tailleurs, et leurs vêtements étaient littéralement couverts par les brillants produits de ce métier; ce qui faisait dire à Martial d’Auvergne que, chez eux, on « s’harnachait d’orfaverie » : expression heureuse pour rendre cette surcharge excessive d’ornements métalliques dont chacun des personnages de nos tapisseries est, pour ainsi dire, une preuve.

En résumé, les tapisseries de Y-Histoire du roy Clovis sont des morceaux historiques de premier ordre autant que des œuvres d’art; elles méritent toute l’attention des curieux par la multiplicité des personnages qui y sont en action, par la variété des costumes et des armes, par l’abondance des détails de toute nature. A la vérité, tout cela joint au pêle-mêle des combats, à l’excessive richesse et à l’exagération des ornements, y engendre quelquefois la confusion. Ajoutez-y le défaut de perspective, l’effet du temps sur certaines parties à côté d’autres qui ont gardé presque leur ton primitif; puis, dans l’une des toiles qui nous restent, les bévues commises par de maladroits ouvriers, qui ont détruit l’économie du dessin primitif, en y introduisant, pour remplir les vides causés par le temps, des pièces de rapport sans autre relation avec le reste que celle des couleurs ; c’en est assez pour expliquer quefèes tapisseries ont pu souvent arrêter le regard des visiteurs, les étonner même, sans captiver leur attention. Pour y trouver autre chose qu’un intérêt de curiosité, pour les comprendre, il faut être familiarisé non seulement avec la légende à laquelle les sujets sont empruntés, mais aussi avec les usages et les costumes du temps. La description qui va suivre y aidera, nous l’espérons, le lecteur.

i. L. de Laborde, Ducs de Bourgogne, t. Ier, p. 20.

HISTOIRE DU ROY CLOVIS

(tapisserie DU XVe siècle)

COMMENT LE FORT ROY CLOVIS FU COURONNÉ, COMMENT PRIST LA CITÉ DE SOISSONS.

Hauteur : 4m75.

Largeur : 8m8o.

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COMMENT LE FORT ROY CLOVIS FU COURONNÉ. COMMENT PRIST LA CITÉ DE SOISSONS.

(0n ceste présente histoire est démonstrée la vie du Roy Clovis Roy de France. Et traite ce premier chapitre comment ledit Clovis filz du Roy Childericq et de la Royne Baronne1 sa femme après la mort son père fu couronné Roy en grand magnificence.

2lprès lequel couronement fait en habondance de honneur et de noblesse icelui roy Clovis manda par tous les pais gens de guerre et les asambla tendant aler asegier la cité de Soissons.

<Et en multitude de gens darmes et habillemens de guerre necessaires en la besongne ledit Clovis se part et poussa son siégé devant ladite cité de Soissons et furent de son costé faites pluiseurs proesses au devant de ladite plaice.

(£t finablement par force de proesse et vaillance conquist et mist à son obéissance icelle cité et en repuisa lors Soages 2 3 capitaine dudit lieu quy estoit filz de Gillon le Roumain5.

es premiers mots de la légende prouvent que cette pièce était la première de l’ensemble. Le récit est à peu près celui du religieux de Saint-Denis. On peut faire honneur à l’imagination de l’artiste de tous les détails qu’il y a joints.

La première scène, qui est le couronnement, est encastrée entre les colonnes d’un édicule en forme de dais à baies surbaissées, enrichies de feuillages

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