LA TAPISSERIE DANS LES ÉGLISES DE REIMS ET DANS LES HABITATIONS
Des tentures du baptême de Clovis à celles que nous ont laissées les xvc, xvie et xvnc siècles, depuis le jour où saint Vaast, disciple de saint Remy et témoin des splendeurs de l’église de Reims, en transporta le goût dans celle d’Arras3, jusqu’aux dons généreux de Lenoncourt et des archevêques lorrains, devons-nous croire que la peinture textile cessa de contribuer chez nous à l’ornement des cérémonies religieuses? Non assurément; car nous savons qu’au ixe siècle Hincmar donnait à son église de riches tapis3; qu’au xc, Hérivée décorait sa nef principale d’un grand nombre de tapisseries et de courtines de soie4; et si nous ne pouvons relever, dans les siècles suivants, de semblables dons, c’est qu’il leur a manqué un historien comme Flodoard. Cela paraîtra hors de doute pour les xnfet xive siècles, quand nous aurons démontré que l’industrie de la tapisserie était alors florissante à Reims.
Disons d’abord, d’après les documents certains que nous avons pu réunir, ce que le Chapitre devait, en fait de tapisseries, à la générosité des rois et à celle des archevêques.
M. Paris (Toiles peintes et tapisseries) et, après lui, M. l’abbé Cerf ( Descripl. de la cathédrale de Reims, t. II, p. 413), ont écrit que les rois laissaient habituellement celles qui avaient servi à leur sacre. Cette assertion d’un fait qui paraît
1. Je me borne à citer la Tapisserie de l'Eglise chrestienne, par Gilles Corrozet, qui a eu, de 1 5qg à 1574, plusieurs éditions, preuve du bon accueil que le public faisait à cette sorte de livres.