IV X
.H0A3IV 3TWJA2 AJ 3CI TflOM AJ
: HJOJUBH .01'" 2 : IliSglBwl
LA MORT DE LA SAINTE VIERGE
Sarra femme d’Abraham sans reprise La mort Marie, sœur d’Aaron et Moïse, Aussi Marie, Vierge très-honorée Par apostre a esté lamentée
Fut à sa mort du peuple regretéc.
Par les enfants d’Israël fut plorée.
Mère de Dieu, à son trespassement Et des Xrétiens aussi semblablement.
gauche est, comme d’habitude, la première en date des scènes secondaires, la mort de Sara. Elle est telle qu’on pouvait se la figurer au xvie siècle, y compris le prêtre qui met un cierge dans la main de la mourante, en lui adressant d’encourageantes paroles. Une femme pleure à côté de Sara, une autre se présente pour entrer : cette dernière, dont on remarque la chevelure pendante en une seule et longue tresse, pourrait être Céthura, qu’Abraham avait épousée avant la mort de Sara. Quant au patriarche lui-même, il semble près de sortir, apparemment dans le dessein de demander aux enfants de Heth un tombeau pour y déposer Sara.
Une première légende, inscrite au faîte de la maison, nous apprend que Sara mourut dans la ville d’Arbée, et qu’Abraham s’y rendit pour la pleurer et pour en faire le deuil: » Mortna est Sarra in civitate Arbee, venitque Abraham ut fier et et plangeret eam (Gen. if). Une seconde, placée plus bas, répète le nom de « Sara, femme d’Abraham, » Sarra uxor Abrahe, et dit en un vers que « la foule des descendants de Sara mourante a mérité de la perdre : »
Meruit exitium moribunde turba nepotum.
HISTOIRE DE LA VIE ET MORT
En regard de ce sujet est la mort de Marie, sœur de Moïse. La scène a lieu sous une tente. « Marie mourut, » en effet, comme le dit la légende placée au front de la tente, « quand les fils d’Israël et tout le peuple furent arrivés dans le désert de Sin : » V enerunt filii Israël et omnis muliitudo in deseriam Sinna, mortuaque ibi Maria soror Moisi et Aaron (Nombres, 20). Elle y fut enterrée, ajoute l’Écriture, et Josèphe dit que l’on fit son deuil pendant un mois’, ce qui justifie le vers placé au-dessous :
Mesta fuit leti yiarie Judea propago.
A certains égards, la sœur de Moïse et d’ Aaron a pu être comparée à la mère du Sauveur, notamment pour les lumières surnaturelles dont elle fut éclairée et pour ce chant de victoire et de reconnaissance dans lequel elle célébra la délivrance du peuple, après le passage de la mer Rouge, et qui rappelle le Magnificat.
La mort de la Vierge nous est connue par les traditions recueillies dans les livres apocryphes. Mais on a de plus à son sujet le témoignage concluant de saint Denys l’Aréopagite (De Div. nom., c. ni) ; il rapporte qu’Hiérothée, son maître, assista avec les apôtres et les plus illustres disciples à ses funérailles; par là se trouve fixée, au moins approximativement, l’époque de cet événement. On estime donc qu’il arriva onze ou douze ans après l’Ascension, et qu’elle était âgée de soixante ans.
« Les douze, avertis d’en haut, se réunissent pour l’ensevelir », lit-on sur la frise de la construction qui encadre la chambre mortuaire.
Cessit bissenis fato tumulata ministris.
Une autre inscription fait allusion au désir ardent que Marie éprouva de se réunir à son fils, désir qui, suivant les Pères, suffit pour briser son enveloppe mortelle : « Soutenez-moi avec des fleurs, fortifiez-moi avec des fruits, parce que je meurs d’amour : » Fulcite me fiorïbus, stipate me malis quia amore langueo (Cant., ch. 11). La tradition veut, en effet, que l’approche de sa mort lui ait été révélée et qu’elle ait eu lieu sans douleur. C’est pourquoi, lorsqu’on veut la représenter mourante, elle doit être assise; et quand, comme ici, on la figure étendue sur un lit, ce n’est pas le moment de sa mort que l’on rappelle, c’est celui des funérailles.