Marlot annoté, t. II, fol. g5, verso
4. Monum. de la monarchie française , t. III, pl. 19 et p. 71. Voy. Appendice I, la description de cette tapisserie.
5. Dans l’ouvrage intitulé Recueil de plusieurs inscriptions proposées pour remplir les tables d'attente
LA TAPISSERIE A REIMS
œuvre aussi finement exécutée, cette tapisserie ne devait pas remonter au delà de la seconde moitié du règne de François Ier, et c’est sans fondement qu’elle passait pour avoir été donnée au Chapitre, avec d’autres pièces de tenture, par l’archevêque Régnault de Chartres (1429-1445). Sans regretter sa perte à l’égal d’un monument contemporain et historique, on a peine à comprendre l’insouciance du Chapitre pour un morceau de cette valeur, et comment, après avoir tapissé l’une des portes de l’église, ses derniers restes ont disparu de nos jours sans qu’on puisse dire où ils sont passés1.
En 1456 ou 1457, Jacques Juvénal des Ursins, remplacé sur le siège de Reims par son frère, n’en légua pas moins à son ancienne cathédrale, entre autres objets précieux, six belles tapisseries pour l’ornement du chœur, et de plus petites pour couvrir les bancs des chanoines, le tout à ses armes et à celles de l’église de Reims, et d’une valeur de six cents écus d’or2.
Après ce don, vinrent ceux de Robert de Lenoncourt, en 1 5 50, et de Charles de Lorraine, en 1575.
« La charité de Monsr de Reims, dit le chanoine CoquaultL, en parlant du premier, n’estoit oisive envers son église ; il donna une très belle tapisserie pour entourer le chœur, afin d’en honorer Dieu et la Vierge, en laquelle est représentée la vie de la Vierge. »
« Monsr de Reims, dit-il ensuite à l’année 1575, à propos du cardinal de Lorraine, estant de retour (de Rome), donna à l’église de Reims six grands tapis le 28 apvril, et est à remarquer que jamais il ne retournoit à Reims qu’il ne rapportast des dons pour son espouse. »
Le Cardinal y ajouta bientôt deux autres tapisseries dont le sujet nous est inconnu, et l’abbesse de Saint-Pierre, sa sœur, un grand tapis de Turquie4.
estant sous les statues du roy Charles VII et delà Pucelle d'Orléans... et de diverses poésies faites à la louange de la mesme Pucelle (Paris, 1628, in-40). Les costumes sont ceux que l’on voit dans les funérailles de Turnus, tapisserie du palais de Madrid. Voy. Appendice, II.
Une copie moderne a été vendue à Paris en 1879.
1. On lit dans la Vie de Jeanne d’ Arc, par G. Gœrres, trad. par Léon Boré, que la cathédrale conserva cette tapisserie jusqu’à la Révolution; et suivant Géruzez ( Description de la ville de Reims), on en voyait encore un fragment en 1817 sur la porte latérale gauche de l’église. Cette circonstance explique pourquoi les inventaires de l’abbé Bergeat n’en parlent pas.
2. Voici en quels termes il s'exprimait à ce sujet dans son testament : « Item eidem ecclesiæ Rcmensi lego sex magna tapéta quæ sunt des armis ecclesiæ præfatæ et meis, ut tendantur in choro præfatæ ecclesiæ diebus festivis, et volo ut hoc Capitulum ilia recipiat et se obliget ita facere. »
L’état des tapisseries dressé par le coûtre Desmolins dans ses Remarques du trésor de l'église de Reims, manuscrit de la Biblioth. publié par MM. Tarbé et Maquart, mentionne comme venant de Juvénal des Ursins 1 1 pièces de tapisserie, 1 pièce servant à parer la chaise (ou chaire épiscopale), 2 banquières.