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Mémoires ou Histoire de l'église de Reims, t. IV

4. L’existence de ces trois pièces nous est signalée par les Remarques du coûtre Desmolins. Il y est dit

LA TAPISSERIE A REIMS

Louis de Guise, leur neveu, qui continua à Reims les traditions princières de sa famille, possédait de nombreuses tapisseries en la maison abbatiale de Saint- Remy, où il faisait sa résidence ordinaire1. Sa mort inattendue l’empêcha probablement d’en faire don à sa cathédrale.

Les chanoines, qui éprouvent le besoin de s’en procurer de nouvelles, commandent, en 162$, à un fabricant d’Aubusson, 4 pièces à fond bleu et fleurs de lys jaunes3. Mais quelques années après, en 1635, Henry de Lorraine dépasse tous leurs désirs, en faisant exécuter pour la cathédrale 12 grandes tapisseries et 14 petites. Il s’acquittait ainsi du droit de joyeux avènement qu’il lui devait.

Cependant les maisons religieuses et les églises paroissiales rivalisent avec Notre-Dame pour la magnificence des tentures.

Au commencement du xve siècle, l’abbé Jean Canart recherche pour Saint- Remy les plus riches tapisseries, et, non content de lui avoir donné en plusieurs pièces l’histoire de saint Jean-Baptiste et celle du Crucifiement3, il fait faire exprès, sous ses yeux4, trois grandes pièces « où est toute la vie de Monsr saint Christofle par histoires, » et cinq autres (1419) « où est la vie de Monsr saint Remy jusques à l’histoire où il baptisa le premier roy chrestien, à grans personnaiges. »

que les deux premières servaient au chœur, du côté droit. Outre celles que nous avons énumérées, le coûtre mentionne encore ce qui suit :

i pièce donnée par M. Coulon,

1 pièce où est représentée l’Assomption,

1 pièce où est escrit le baptême (de Clovis?),

1 tapis servant à mettre à la chaire (pontificale) donné par M. de Lenoncourt,

2 banquières servant aux bons jours,

6 autres banquières semées de fleurs de lys,

6 pièces servant de marche-pied.

Renée de Lorraine donna également au Chapitre de riches ornements.

1. Inventaire de ses meubles (Biblioth. de Reims). On n’y compte pas moins de 36 tapisseries de chasse, 7 pièces de Beauvais, 7 pièces des histoires de Jacob, 6 pièces de David et Goliath, 8 pièces de Débora, et un nombre considérable de tapis de Turquie. Ces tapisseries ne paraissent pas avoir été jamais prêtées au Chapitre, comme le dit M. Paris, et après lui, M. Cerf.

Les 8 pièces de Débora et 5 autres en feuillages furent achetées parla Ville et données par elle au maréchal de Saint-Paul, après qu’il eut pris Epernay, en juin 1590 (Henry, la Réforme et la Ligue en Champagne, p. 201).

2. Suivant M. Darcel (Revue des provinces ), le genre verdure, représentant quelques personnages sur un fond de forêt, formait la base de la fabrication d’Aubusson. On voit qu’il ne s’agissait pas ici précisément de tapisseries historiées, quoique le centre de chaque pièce fût occupé par une figure.

Le marché (Fabrique, liasse 18, n° 17) porte que Gilbert Lombard fournira 4 pièces de tapisserie, dont 3 de 4 aunes r/4 de hauteur sur 5 de tour, et la 4' de même hauteur sur 5 aunes i/3 de tour; que les figures du milieu seront l’Assomption, la Vierge tenant Notre-Seigneur, saint Nicaise, enfin sur la plus grande pièce saint Remy; que les bordures seront pareilles à celles des pièces déjà faites par le même Gilbert Lombard pour le Chapitre. Le prix fixé était de 11 livres l’aune carrée; Gilbert Lombard reçut pour le tout 972 livres 2 s. 6 d.

3. Etat des dons faits à l’abbaye par Jehan Canart, Ecriture du temps ( Archives de Saint-Remy : pièce non classée).

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