CHAPITRE TREIZIÈME
Ahmed Bibokor' fit part de la situation au prince. Celui-ci dépêcha sur l'heure un messager à Tombouctou pour intimer au cadi 'Abderrahman l'ordre de quitter cette ville et de remettre son service au jurisconsulte, le cadi Mahmoud. Ahderrahman partit aussitôt et Mahmoud reprit son siège de magistrat.
Cet événement eut un épilogue : Une discussion se produisit plus tard à la suite d'un échange de paroles entre le cadi Mohammed- ben-Ahmed, fds du cadi Abderrahman, et Nefa'a, fds du Tombouctou-Koï, El-Moustafa-Koraï et petitfils du cheikh Ahmed-Bibokor. Comme le cadi Mohammed se montrait très agressif, Nefa'a lui dit : « Tout ceci vient de l'ancienne inimitié qui a existé entre nos aïeux, parce que mon grand-père, le cheikh Ahmed, a dénoncé au prince la conduite de ton grand-père, le cadi Abderrahman, ce qui a provoqué sa destitution. Voilà pourquoi tu nous en veux. »
La dix-septième année (10 avril 1510-31 mars 1511), le prince envoya le Hoco-Koraï-Koï, Ali-Folen et le Belma'a, Moliammed-Karaï, auprès du Baghena^-Faran, Ma'-Qoto- Kotya.
Pendant la dix-huitième année ( 3 1 mars 1311-19 mars 1512) Askia-El-IIàdj-Mohammed entreprit son expédition contre le maudit, le faux prophète, Tayenda et le tua à Zâra. Les circonstances voulurent que, à ce moment, Kalo% le fils aîné de Tayenda, fut en expédition et absent de Tarmée de son père. Quand il apprit ce qui venait d'arriver à son père, le maudit, il s'enfuit avec les troupes qu'il avait avec lui et se réfugia dans le Fouta, nom d'un pays voisin de l'océan Atlantique et appartenant au sultan du Djolf*.
1. Ou « Biyokon ». Il semble que Bibokor soit une orthographe fautive de Abou-Beker.
2. Le ms. C. écrit « Baghon » et « Qota » au lieu de « Qoto » qui vient ensuite.