CHAPITRE TREIZIÈME
Il partit avec quelques-uns de ses frères pour se rendre à Koukiya. Le prince manda alors à son frère Faran-Yahya, qui était dans le Tendirma, de venir mettre fin aux menées de tous ces jeunes gens. Yahya se rendit auprès du prince, qui lui enjoignit d'aller à Koukiya trouver les rebelles et lui recommanda instamment de ne point se montrer trop cruel à leur égard.
Aussitôt arrivé à Koukiya, Yahya eut à lutter contre les rebelles qui le reçurent les armes à la main. Blessé dans cette rencontre, il tomba au pouvoir de ses adversaires ; il fut jeté sur le sol la face contre terre et dépouillé de ses vêtements. Ce fut dans cette position qu'il parla aux rebelles du sort qui les menaçait. Pendant ce temps, Daoud, le fils du prince, était debout à la tête du blessé, ayant à côté de lui son frère Ismaïl et Mohammed-Benkan-Kirya, fils de Omar-Komzâgho. Ce dernier ayant dit à ses deux compagnons que tout* cela n'était que verbiage et mensonge, Yahya s'écria : « Comment Mârou-Benkan-Kirya, — c'était le diminutif de son nom dans leur langue — c'est toi qui oses m'accuser de mensonge ! Et crois-tu donc qu'ici tu n'en entendras plus jamais, ô toi qui jettes la division parmi les parents?» Puis, comme Ismaïl l'avait recouvert d'une pièce d'étoffe, il lui dit : « 0 Ismaïl, je savais bien que tu étais le seul capable de faire pareille chose, car tu es un de ceux qui favorisent les rapprochements des familles. » Ensuite Yahya rendit le dernier soupir et le prince éleva à la dignité de Kormina-Fâri, son fils^ 'Otsmân-Youbabo.
Mousa retourna avec ses frères à Kâgho, puis à la fin de l'année, un dimanche, jour de la fête des sacrifices (26 août 1528), un peu avant la prière il détrôna son père (an). Askia- El-Hâdj-Mohammed était à ce moment au mosalla^ . Mousa