CHAPITRE QUATORZIÈME
la lettre qui lui est adressée, faites parvenir la seconde lettre à ma mère. » Dans cette dernière missive, le prince suppliait sa mère d'user de son ascendant et de celui de son mari, d'intervenir auprès d'Otsmân afin d'éviter qu'il fût la cause d*un conflit entre eux deux.
Le messager se rendit auprès d"Otsmân ; mais celui-ci ne lui prêta aucune attention, ne daigna pas même le regarder et refusa de recevoir la lettre. La seconde lettre fut alors remise à la mère du prince. Elle en prit connaissance et quand elle en eut bien compris l'objet, elle alla trouver 'Otsmân et lui adressa la parole en ces termes : « Je te renie * si tu refuses de reconnaître l'autorité de ton frère ; car il n'a pas été seulement un frère pour toi, mais en quelque sorte un père. Sais-tu pourquoi on t'a donné le surnom' que tu portes le jour où je t'ai enfanté ? Eh ! bien il n'y avait pas à la maison, en ce moment, de quoi chauffer (av) la boisson qui m'était destinée, et ton frère qui était sorti tardait à rentrer. Quand il est revenu, ton père lui a dit : « Où « donc es-tu allé aujourd'hui? Il y avait ici un hôte^ qui t'at- « tendait depuis le commencement de la journée. » A peine eut-il entendu ces mots que ton frère prit sa cognée, s'en alla dans la forêt et en rapporta de quoi chauffer ma boisson. C'est pour cela que je te dis qu'il est ton père. Maintenant il s'adresse à moi et me demande d user de mon crédit pour que tu ne sois pas le promoteur d'un conflit entre lui et toi. »
Aussitôt qu'il eut entendu ces paroles, 'Otsmân se soumit; il donna l'ordre de faire venir le messager, et dès que celui-ci fut arrivé, il se leva et demanda des nouvelles de la santé de l'Askia. L'usage voulait que l'on agît ainsi '^ quand on reconnaissait l'autorité du souverain. Ensuite 'Otsmân setit