Ou : en le saluant
140 HISTOIRK DU SOUDAN
Sur ce, le prince ordonna de saisir le Binka-Farma qui fut aussitôt mis à mort. Selon une autre version, le Binka-Farma aurait été tué en même temps qu'Alfa '*-Konko et Alfa'-Donko- 'Omar-Komzâgho. Ces deux personnages étaient à la fois cousins paternels et cousins maternels et leurs mères étaient toutes deux de race peule. Le supplice qui leur fut infligé fut le suivant : on creusa un trou très profond ; on les y jeta vivants et on recouvrit ensuite de terre (Dieu nous préserve d'un tel sort!).
Askia-Mousa fit également mettre à mort le Dirmâ-Koï, Dankara, le Bara-Koï, Soleïmân. Il confia les fonctions de Kormina-Fâri à Mohammed-Benkan-Kiraï, puis il retourna au Songhaï en passant par le territoire de Dienné. Quand il était arrivé à Tirfaï, il avait reçu la visite du saint de Dieu, le jurisconsulte, Mour-Ma'a--Kenkoï, venu à sa rencontre de Djindjo et accompagné de ses étudiants. Après avoir salué le prince et avoir prié pour lui selon la coutume, le saint lui avait dit : « Au nom du Très-Haut et au nom de son Prophète (Dieu répande sur lui ses bénédictions et lui accorde le salut!), je vous demande la grâce du Dirma-Koï et du Bara-Koï ; ils ont tous deux été bons pour les habitants de leur pays qui sont extrêmement satisfaits d'eux. Ils n'ont pas pris part à la révolte de plein gré ; ils l'ont fait malgré eux, dans la crainte de perdre la vie, et contraints et forcés, car ils ne pouvaient pas résister au Faran, 'Otsmân. — Mais, répondit le prince, ils ont méconnu mon autorité d'une façon absolue. — Ne faites point cela, répliqua le cheikh, ne repoussez pas mon intercession. — II faut qu'ils meurent », répartit le prince.
Voyant qu'il ne lui restait aucim espoir de réussir dans sa démarche, le cheikh dit alors : « J'habite Djindjo depuis