‹ Tarikh es-SoudanChapitre 134 sur 405 · Ou : " Ouantaramasa · texte numérisé non relu

Ou : " Ouantaramasa

CHAPlTRli QUATORZIÈME 147

que se diront les uns aux autres certains mécontents qui se réunissent derrière la mosquée de Sankoré. » Et alors il en nomma quelques-uns : Bouzoudaya, un tel, un tel, etc., car il connaissait bien l'état des esprits à Tombouctou, ayant habité Sankoré dans sa jeunesse pour y faire ses études. Puis il ajouta : « L'un d'eux dira : Jeunes gens, avez-vous entendu parler de ce qui est arrivé à Marankan *-Kiraï avec Kanta? — Qu'est-il arrivé? demandera l'auditoire. — Eh! bien, poursuivra le narrateur, il a été si bien défait qu'il a failli périr lui et toute son armée. — Ah! répondra l'assistance, il n'arrivera plus malheur maintenant à celui qui fera opposition à Askia-Mohammed ; c'est (a^) contre lui-même qu'il a dirigé cette expédition. » Il me semble, continua-t-il en s'adressant au Hi-Koï Bokar-'Ali- Doudo que je les vois débiter ces discours. » Ensuite le prince arriva à Kâgho et depuis cette époque, aucun des askias ne fit d'expédition contre Kanta.

L'expédition suivante fut dirigée contre le Gourma. Arrivé près des habitations de ce pays, le prince envoya des éclaireurs pour épier les païens et le renseigner sur leur compte; mais ceux-ci, qui avaient appris sa venue, s'étaient mis en campagae et venaient pour le combattre. Les éclaireurs revinrent annoncer la marche de l'ennemi. Le prince les renvoya de nouveau et ils rentrèrent presque aussitôt en disant que les païens étaient tout près. Il fit mander alors à Dankolko, qui était chargé de surveiller la route à ce moment, d'arrêter l'ennemi; mais celui-ci qui, à l'arrivée du messager, était en train de jouer aux échecs soudanais et était tout absorbé par son jeu, ne prêta nulle attention à l'envoyé du prince avant que l'ennemi fût tout à fait rapproché.

Ace moment Askia-Mohammed enfourcha son cheval et se

1. Ou : « Marabkan ». C'était sans doute un surnom donné à Askia-Moliammed-Benkan.

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mit à crier : ;< Qu'est-ce que cela signifie ? les païens sont près de nous et cet homme ne dit rien avant d'avoir terminé sa partie. » Puis se tournant vers Dankolko, il lui dit : « Fi! donc, ô lâche; tu n'es pas digne d'être un général. » L'action s'engagea ensuite et grâce à d'habiles manœuvres les païens furent défaits et mis en complète déroute.

S'adressant alors à Dankolko, le prince lui dit : « Maintenant que l'ennemi est arrivé jusqu'à toi, fais de lui ce que tu voudras. » La cavalerie poursuivit l'ennemi, ne cessant de lui tuer du monde jusqu'au lendemain. Le prince redoutait beaucoup Dankolko ; aussi, peu après son arrivée à Kâgho, ayant appris la mort de Kala-Châ'a, il dit à son général : « Dieu me fait voir qu'il n'y a que toi qui conviennes à cet emploi, je te fais Kala-Cha'a. — Mais malheureux! s'écria Dankolko, tu ne veux donc plus faire la guerre! — Certes, je la ferai, répondit le prince; mais ce poste que je te confie est un des plus importants à mes yeux et je ne veux pas choisir un autre que toi pour l'occuper. — Alors, il faut que j'accepte. — Il le faut. — Eh! bien soit! à la grâce de Dieu, reprit Dankolko, mais je vous demande de me donner un tel pour successeur dans mes anciennes fonctions. » Askia-Mohammed accéda à cette demande, puis quand Dankolko eut pris congé de lui et se fut éloigné, il s'écria : « Va, je ne t'y laisserai pas longtemps dans tes fonctions et je ne te donnerai pas le successeur dont tu m'as parlé. »

Peu après cela, Isma'ïl se rendit une nuit dans l'île où se trouvait son père (Askia-El-Hâdj-Mohammed) pour le saluer. A peine était-il assis devant son père que celui-ci, lui prenant le bras, lui dit : « 0 Ciel! comment un bras comme celui-ci laisse-t-il les moustiques me dévorer et les grenouilles sauter sur moi, alors que c'est cela qui me répugne le plus au monde. — Je n'y puis rien, répondit Isma'ïl (n*). —

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