‹ Tarikh es-SoudanChapitre 155 sur 405 · CHAPITRE DIX- SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX- SEPTIÈME

t-il toujours la même situation infime *? répliqua Daoud. — Oui^ « repartirent les jeunes gens. Ce propos lui ayant été rapporté, Sorko, qui avait la langue mordante, s'écria : ce Et que vaut-il mieux ? Être destitué d'un haut emploi ou conserver une position modeste comme la mienne. »

Korkâ est le nom d'un village du Tendirma. C'était le Kormina-Fâri, 'Otsmân-Youbabo, qui avait nommé Sorko au poste qu'il occupait. Sorko vécut de longues années et il exerçait encore ces fonctions lors de la chute de la dynastie du Songhaï. 11 mourut seulement après que le pacha Mahmoud-ben-Zergoun eut mis en liberté Bokar-Kanbou-ben- Ya'qoub et l'eut nommé Kormina-Fâri. Ce fut douze jours après cette dernière nomination que Sorko, le Korkâ-Mondzo, passa de vie à trépas.

Le lendemain du jour où Askia-Daoud s'était arrêté en face de la ville de Sâma, il avait donné l'ordre à tous ses musiciens d'aller saluer Askia-Mohammed (> • o)-Benkan et de lui donner une aubade. Mais en entendant les cris de ces gens, Askia-Mohammed eut une rupture d'anévrisme qui occasionna sa mort subite. Sa famille continua à demeurer à Sâma.

Quand il arriva à Dienné, au retour de cette expédition, Askia-Daoud fit camper ses troupes à Zoboro, puis il entra dans la ville de Dienné pour y faire la prière du vendredi. A cette époque, El-Amîn était Dienné-Mondzo ; c'était le prince qui l'avait nommé à ces fonctions, car auparavant, sous le règne du prince Askia-El-Hâdj-Mohammed, il était un des coureurs qui marchaient en tête du cortège royal et qui étaient chargés à tour de rôle de sangler la selle du cheval du souverain. Askia-lsma'ïl, le fils d'Askia-El-Hâdj-Moham-

1. Le texte porte « mondaine » ici et un peu plus loin. Je pense que les copistes auront confondu iJjj avec ^jj.-*j ou que l'auteur aura pris ces deux mots dans le même sens.

med, avait promu ensuite El-Amîn à la fonction de « chef des piétons ou maître de route* » qu'il exerça jusqu'aux premiers jours de l'avènement de Askia-Daoud. Ce dernier en fit alors un Dienné-Mondzo, c'est-à-dire un chef de la ville.

L'office du vendredi terminé, au moment où Askia-Daoud sortait de la mosquée, El-Amîn se mit en posture pour sangler la selle du cheval du prince comme il le faisait autrefois ; alors celui-ci lui mettant la main sur la tête lui dit d'un ton de colère et en élevant la voix : « Nous t'avons placé à la tête d'un district et tu ne le surveilles pas, car les Bambara sont ici maintenant en très grand nombre et ils ont réussi à s'assurer des avantages qu'ils n'avaient plus. »

Le prince continua à parler ainsi jusqu'à ce qu'il fut près de la porte de Zoboro. Alors El-Amîn lui dit : « Dieu bénisse vos jours et favorise votre règne ! Un jour que, du temps de votre père, je me tenais dans cette posture pour sangler son cheval, il posa sa main sur ma tête ainsi % — pardon de mon irrévérence ! — et me dit : « Celui-là qui ne s'abstiendra « pas de faire des expéditions dans le Hadjar ^ et dans la forêt « de Koubo, c'est qu'il n'a d'autre dessein que de décimer a ses troupes ou de les anéantir. » Vous étiez vous-même présent à cette scène qui s'est passée dans votre pays, dans cette ville. Maintenant faites ce que bon vous semblera. » Askia- Daoud se mit ensuite en route et rentra chez lui* un vendredi^ du mois de chaoual (7 juillet-5 août 1559).

1. Quelque chose d'analogue sans doute à « maître de postes » ou chef des porteurs.

2. (7est-à-direque, en disant cela, il fit le geste : de là l'exclamation qui suit.

3. Aucun ms. ne donne les voyelles de ce nom qui ainsi que le nom suivant désigne sans doute des régions du pays des Bambara,

4. Le texte dit : « y rentra », sans qu'on puisse déterminer à quel pays se rapporte y.

5. La date exacte manque dans les mss. Peut-être est-ce parce que le premier de ce mois était un vendredi et que cette absence de quantième signifierait qu'il s'agit du 1" du mois.

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