CHAPITRE DIX-SEPTIEME
hammed-El-Touïreg ^ et l'avait nommé chef de Teghâzza.
En l'année 971 (21 août 1563-9 août 1564), le prince envoya le Fâri, Bokar-'Ali-Doudo, dans le pays de Barka pour y combattre Bani, une sorte de démon rusé, habile et très méfiant. Le Fâri se mit en route au mois de chaoual (mai 1564), au moment où la chaleur était excessive. 11 conduisit ses hommes à travers les solitudes et les déserts, cachant avec soin son but à tout le monde, ainsi que le prince luimême le lui avait recommandé.
Comme le voyage était extrêmement pénible, les soldats se plaignirent au Fâri-Mondzo, Mohammed-Benkan, fils de Askia-Daoud, et le prièrent en secret de s'informer du point vers lequel on se dirigeait. En entendant la question que lui posa le Fâri-Mondzo, Bokar entra dans une violente colère et refusa énergiquement de répondre : « Comment s'écriat-il, c'est toi qui veux dévoiler les secrets du prince! Jamais je ne céderai devant l'arrogance que vous manifestez tous. » Pris de crainte, le Fâri-Mondzo se tut.
Bokar joignit Bani à l'improviste et déboucha dans son pays en dévalant du haut de la montagne. Jamais Bani n'aurait pu croire qu'une expédition venant du Songhaï pût parvenir jusqu'à lui à cette époque de l'année. Dans le combat qui s'engagea, les gens du Songhaï massacrèrent tous leurs adversaires. Quant à Bani lui-même, il périt de la main du Hosol-Farma, 'Alou-Boso, fils du Fâri-Mondzo \ Mohammed-Benkan-Sinbolo. Au mois de dzoul'-hiddja qui termina cette année (1"" juillet~9 août 1564), les troupes rentrèrent à Kâgho.
En l'année 972 (9 août 1564-29 juillet 1565), un mercredi soir du mois de cha'ban (mars 1565), mourut Ouïza-Kaïbono. En l'année 973 (20 juillet 1565-19 juillet 1566),