CHAPITRE XVIII (n m
ASKIA-EL-HADJ
El-Hâdj, le plus âgé des enfants de Askia-Daoud, qui se trouvaient en ce moment auprès de leur père, ceignit ses armes et monta à cheval. Tous ses frères, à cheval également, le suivirent, en se tenant à une certaine distance de lui. Personne, à cette époque, dans tout le Songhaï, n'égalait El-Hâdj en audace, en bravoure, en sang-froid et en endurance, aussi tous les personnages présents, hommes de conseil et d'expérience, déclarèrent que El-Hâdj méritait le pouvoir et qu'il eût été digne de l'occuper même à Bagdad*.
On dit que, parmi les souverains du Songhaï, deux ont brillé au premier rang : le prince Askia-El-Hâdj-Mohammed et sonpetit-fils et homonyme El-Hâdj-Mohammed-ben- Askia- Daoud. Deux d'entre eux ont occupé le dernier rang : Askia- Mohammed-ben-'Omar-Komzâgho et Askia-Ishàq-ben-A^kia-Daoud. Quant aux autres, ils ont eu un règne plus glorieux que ces deux derniers.
Pendant qu'on était en route pour Kâgho, Hâmed quitta ses frères pour se porter en avant et se mit à entretenir El-Hâdj en secret en lui disant : « Fais arrêter un tel, un tel et un tel. » Les autres frères qui avaient vu ce manège comprirent que cet entretien secret n'avait d'autre objet qu'une dénonciation .
Aussi, quand Hâmed eut repris sa place dans le cortège, El-Hâdi, ou un autre de ses frères, s'avança vers El-Hâdj et lui dit : « N'écoute pas les avis de ce dénonciateur ; ne prends
1, C'est-à-dire qu'il eût mérité d'occuper le califat suprême.