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CHAPITRE DIX-HUITIÈME

Askia-El-Hâdj écouta ce propos et en tint compte. Il expédia Amar*-ben-Ishâq-Bir-Askia avec quelques personnes, en lui enjoignant d'arrêter Mohammed-Benkan et de l'interne à Kanato. Ces émissaires parvinrent auprès de Mohammed- Benkan au moment de la plus grande chaleur du jour et le trouvèrent endormi dans l'intérieur de sa demeure, tandis que son cheval était attaché dans la cour et entouré des serviteurs chargés de le soigner. Montés sur leurs chevaux, les émissaires purent voir par-dessus le mur de la maison. Ils s'étaient d'ailleurs voilé le visage avec des turbans noirs et s'étaient enveloppés de cafetans de même couleur. Amar lança un javelot contre le cheval afin de le tuer et d'empêcher ainsi Mohammed-Benkan d'enfourcher sa monture et d'essayer de se défendre.

Atteint par le trait qui lui avait été décoché, le cheval se débattit violemment au milieu do ses entraves et le bruit qu'il fit réveilla Mohammed-Benkan. Comme il interrogeait les esclaves sur la cause de ce mouvement du cheval, ceux-ci l'informèrent de ce qui venait de se passer et il comprit que tout cela avait lieu sur l'ordre du prince. Le cheval ayant été tué, les émissaires purent s'emparer de Mohammed- Benkan et exécuter les instructions qu'ils avaient reçues.

Mohammed-Benkan demeura à Kanato jusqu'à l'avènement de Askia-Mohammed-Bàno. Quant à ses trois enfants : 'Omar-Bîr, 'Omar-Kato et Binba-Koïra'-ldji, ils durent se cacher par crainte de Askia-ïïl-IIàdj et ils restèrent cachés jusqu'à la fin du règne de ce prince et de celui de Askia- Mohammed-Bâno. Ce fut avant l'intronisation de Askia- Ishâq qu'ils se montrèrent et firent tous leurs efforts pour atteindre Amar et le tuer pendant le cours de cet interrègne .

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